Comment aider un enfant qui est timide ?

Comment aider un enfant qui est timide ?

Ne pas stigmatiser la timidité

Une phrase qui semble pourtant anodine est peut-être à éviter : « Tu es timide ». En effet, coller une étiquette à un enfant revient à lui exprimer l'idée que la timidité est un trait de caractère dans sa nature en quelque sorte génétique, et qu'il est impossible pour lui d'être autrement, puisque cette timidité ferait partie de lui. Il ne faudrait pas pour autant éviter d'en parler. Une façon d'aborder le sujet serait de dire : « Tu sais, à ton âge, moi aussi, je me sentais timide. J'avais horreur de réciter un poème en public. » Il est rare qu'un adulte n'ait jamais ressenti de timidité dans sa vie. Et c'est encore mieux de continuer : « Et puis, je me suis entraîné à ne plus me sentir timide, et ça a marché. Et je vais t'expliquer comment j'ai fait… » La timidité semble alors un ennemi que l'on peut combattre et contre lequel il est tout à fait possible de gagner.

Aider et valoriser son enfant

Un deuxième aspect de cette lutte contre la timidité, c'est bien évidemment de valoriser l'enfant dans ce qu'il réussit, y compris dans ce qui vous semble anodin, de manière à lui donner confiance en lui. « Tu vois, tu avais très peur de faire du vélo, et maintenant, tu en fais sur deux roues et tu sais tourner facilement. Tu ne croyais pas que tu allais y arriver, mais si… » Ou bien, « Tu avais peur de demander du pain à la boulangerie, et avec moi à côté, tu l'as fait. Et la boulangère t'a même fait un sourire… Et en plus, tu as pensé à dire merci »… Car beaucoup d'oublis de la politesse, de non respect des règles apprises comme : « Dis bonjour à la dame, dis merci… » sont bien plus dues à la timidité qu'à l'oubli des règles de la politesse. Car la timidité, c'est bien souvent le sentiment que l'on n'y arrivera pas, que les autres vont mal vous juger, qu'ils valent mieux que vous. Et chaque gain de confiance en soi est un antidote contre la timidité. Valoriser l'enfant, cela signifie aussi ne pas lui faire des remarques néfastes. Car être parent est difficile et l'on peut très bien encourager constamment un enfant et, en parallèle, dans des moments de colère, avoir une attitude inverse, très toxique. Des phrases comme : « Tu seras toujours moins débrouillarde que ton frère, » ou « je savais bien que tu n'y arriverais pas, tu n'es bonne à rien », vont s'imprimer très fortement dans la tête de votre enfant. Et plus vous en proférerez, plus l'enfant aura besoin d'antidotes positifs pour contrecarrer des phrases malheureuses.

Article publié par le 06/08/2007

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