Christiane Collange : je voudrais être le porte-parole vivant de la qualité de vie des femmes !

Publié par Didier Galibert, journaliste santé le Lundi 26 Mars 2007 : 02h00
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Cette femme au regard malicieux, qui est en passe d'atteindre l'âge limite de lire Tintin, sourit à la vie avec un franc-parler et un optimisme contagieux. L'heureux auteur de "La deuxième vie des femmes" a su manager sa vie de main de maître. Christiane Collange s'efforce aujourd'hui de transmettre à ses amies les femmes, ses conseils éclairés pour ajouter de la vie aux années, notamment en prévenant l'ostéoporose.

Qu'est-ce qui vous a poussée à participer à la campagne nationale d'information et de prévention sur l'ostéoporose ?Avant de m'intéresser à l'ostéoporose, je me suis spécialisée dans la réflexion sur les mutations des relations humaines et familiales comme je l'explique dans mon livre "La deuxième vie des femmes". C'est un phénomène tout à fait contemporain qui n'avait jamais été pris sous cet angle-là : jusqu'à maintenant, seuls le jeunisme - qui prône l'éternelle jeunesse et la disparition des rides - ou l'âgisme - s'occuper à tout prix des petits vieux - étaient évoqués.Quelle est la bonne attitude à adopter ?En fait, on avait laissé tomber, sur le plan psychologique, cette étape radicale et passionnante pour les femmes qui est la post-ménopause. C'est une période qui n'a rien à voir avec la vieillesse, mais qui n'a plus rien à voir avec la jeunesse non plus. Très tôt, j'ai orienté ma carrière journalistique vers la dédramatisation de la vie des femmes de cinquante à quatre-vingts ans.

Est-il facile de changer ainsi les mentalités ?Quand on est venu me proposer de m'occuper de l'ostéoporose, j'ai aussitôt dit : moi, ça m'intéresse parce que je sais que c'est une oeuvre utile. Je sais que la fracture du col du fémur est la fin de la vie active. Une fois qu'elles se sont cassé le col du fémur, on met nos "petites vieilles" en maison de retraite.Qu'est-ce qui vous a intéressée principalement dans cette aventure ?L'action que nous menons est une action positive. Nous informons sur le fait que c'est une maladie de l'avancée en âge, mais dont il faut s'occuper jeune pour ne pas risquer d'en souffrir plus tard. C'est cela qui m'a incitée à participer à cette campagne d'information.

Donc, les femmes doivent jouer la prévention ?J'ai insisté sur le fait qu'une femme de cinquante ou cinquante-cinq ans a une maman et qui est en première ligne si cette maman se fait une fracture ? Ce sont toujours ces femmes de cinquante ans et elles ont de jeunes adolescentes qui se disent alors : "Ah, si ma grand-mère s'est cassé le fémur, cela peut être héréditaire. Donc, je dois être prudente car j'ai quelque chose à faire pour éviter d'être un jour une vieille femme cassée".Peut-on guérir de l'ostéoporose ?L'ostéoporose n'est malheureusement pas une maladie qui guérit mais peut se stabiliser. On peut se soigner pour éviter qu'elle empire, mais on n'est jamais complètement à l'abri. On peut vivre très bien avec l'ostéoporose, mais en étant conscient qu'on ne s'en débarrassera pas, même en étant soigné.Heureusement, les traitements évoluent ?Les femmes qui étaient sous traitement, tous les jours ou une fois par semaine trouvaient que c'était trop contraignant. Désormais, avec une prise mensuelle, cela va leur changer la vie.En matière de santé, n'avez-vous pas l'impression que les femmes pensent davantage à préserver l'aspect extérieur alors que les os, c'est moins voyant ?Tout à fait ! Vous avez raison. Nous sommes tellement dans une société de l'image et du paraître que nous avons complètement oublié que c'est plus important d'être en bonne santé que d'avoir la gueule lisse ! Les femmes préfèrent dépenser quarante euros chez l'esthéticienne plutôt que se faire dépister, alors que la densitométrie est désormais remboursée.

Il y a près de 40 ans, vous publiiez votre best-seller "Madame et le Management". Qu'auriez-vous envie de dire aux femmes d'aujourd'hui ?J'ai envie d'aider les femmes à manager leur santé. Je suis une arrière-grand-mère. Le vingtième siècle est un siècle qui nous a donné une espérance de vie qui n'est pas une espérance de longueur de vie mais de qualité de vie dont je voudrais que tous les autres profitent. Et j'en suis le porte-parole vivant !

En savoir +

"Ostéoporose, parlons-en tous les mois", un site qui recense toutes les réponses aux diverses questions que se posent les femmes sur l'ostéoporose :www.osteoporoseparlonsen.fr

À lire

* "La deuxième vie des femmes" par Christiane Collange aux éditions Robert Laffont, 2005.* "Toi, mon senior" par Christiane Collange aux éditions Fayard, 1997.

Publié par Didier Galibert, journaliste santé le Lundi 26 Mars 2007 : 02h00
Source : Bien-être et santé, n°239, mars 2007.
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