chantalchat@tele2.fr
Portrait de cgelitti
J'habite la Réunion, et je peux vous affirmer que la présentation que vous faites de la Chikungunya est complètement dépassée.

Voici des extraits du journal d'aujourd'hui.

C'est un problème extrèmement préoccupant, avec une maladie pouvant être très douloureuse et durer plusieurs mois.

http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=121122

Chikungunya : Peur, révolte et business

Plus de 7600 cas officiels, des dizaines de milliers pour le PS-Verts, le PCR et nombre de médecins généralistes. Trente-deux d?entre eux, originaires du Sud, ont signé une pétition pour faire part de leur consternation de voir la Drass cautionner un décompte qui leur paraît plus que mensonger. Selon leur expérience du terrain, ce nombre correspondrait tout au plus au nombre de malades saint-louisiens ! Le préfet monte au créneau, les parlementaires réunionnais - communistes surtout - dénoncent, mais rien n?y fait. Aedes albopictus règne en maître et tout le pays serre les fesses !

[19 janvier 2006]

Dans la triste histoire de l?épidémie de chikungunya, les choses vont de mal en pis. La grippe exotique dont l?Institut de veille sanitaire affirmait le 29 avril 2005, ?l?importation de cas de chikungunya dans les territoires de l?océan Indien et en métropole ne constitue pas un phénomène inquiétant en termes de santé publique? est devenue au fil des mois, pour La Réunion, une cause d?inquiétude, de polémique et finalement un problème de santé publique, actuellement incontrôlable. Et pour cause, l?histoire a mal commencé. Les autorités sanitaires réunionnaises, contrairement à celles de Mayotte, qui disposaient des mêmes éléments d?information,ont opté pour une vigilance passive quand la Dass mahoraise passait à l?action dès la fin mars.

A La Réunion, à la même époque, rien. Sinon une infestation chronique d?aedes albopictus. Et quand bien même Drass, État et département auraient voulu agir autrement, ils ne l?auraient pu, faute de moyens, humains et techniques. Moralité, on s?est retranché derrière l?avis de l?Institut de veille sanitaire qui estimait, le 29 avril, qu?il n?y avait pas de problème. Le fait est que lorsque l?épidémie a débuté à La Réunion, elle a été suivie avec précision par la Drass, mais la capacité de réaction sur le terrain de ce service était plutôt symbolique.

LE SUJET EST TABOU

Entre temps, début octobre, cette drôle de grippe comorienne avait changé de statut. Officiellement bénigne pendant 6 mois, elle est devenue officiellement ?incapacitante?, et dans l?esprit des gens, assez dangereuse. Car enfin, une bébête qui dans certains cas vous expédie dans le coma avec des tuyaux partout, même si on a la chance de pas en crever, ce n?est pas franchement bénin. Les cas graves de chikungunya ont remis en cause la vulgate officielle sur la maladie. La chose était plus sérieuse que prévu : des méningoencéphalites sur adultes, femmes enceintes et nouveau-nés, ça refroidit ! Depuis, les gens ont peur. Pas une famille qui ne compte un ou des malades, des communes ravagées, comme la Rivière-Saint-Louis, des médecins débordés et démunis... Le temps n?est plus au bricolage. Des associations se montent qui demanderont des comptes, en temps utile, si nécessaire. Car le pire reste à venir. Le sujet est tabou, mais il faut bien dire les choses, après les cas graves, aujourd?hui avérés, on attend le premier mort officiel du chikungunya. Le virus a déjà ?aidé? à passer des personnes malades, âgées ou affaiblies... Dans les hôpitaux, on surveille, on écoute, tout le monde se méfie, surtout dans le Sud. Là-bas la direction de l?hôpital n?accepte de communiquer que pour des vernissages...

Philippe Le Claire

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