Ce qu'il faut savoir quand on porte un pacemaker

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 15 Juin 2009 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 11 Septembre 2015 : 15h15
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Dès l'implantation d'un pacemaker évoquée, les questions se bousculent et évoluent dans le temps, avant l'implantation, immédiatement après, puis au fil du temps. Voici quelques réponses utiles.

Un pacemaker comprend deux parties : un générateur et une ou plusieurs sondes. Le générateur est implanté sous la peau, juste au-dessus des pectoraux, le plus souvent du côté gauche. La miniaturisation a fortement progressé mais elle est limitée pour des raisons d'autonomie de la batterie.

Juste après l'implantation du pacemaker, il est important de surveiller la cicatrice et d'informer son médecin en cas de rougeur, de suintement, de gonflement ou de douleur inhabituelle.

La carte d’identité de l’appareil

Après la pose, un carnet de porteur de pacemaker est remis, indiquant notamment des informations sur le dispositif implanté et un numéro de téléphone d'urgence. Il doit être conservé en permanence sur soi.

Pacemaker et activités physiques

Durant les premières 24 heures, le bras du côté de l’appareil doit rester en écharpe et tout mouvement brusque de l'épaule est à éviter. Pendant le premier mois, il est déconseillé de mobiliser de façon excessive le bras situé du côté de l’appareil. Il ne faut pas porter d'objet lourd (supérieur à 5 kg), ni effectuer de mouvement violent.

En revanche, il est recommandé de reprendre rapidement une activité physique (marche, baignade). En effet, le port d'un pacemaker ne limite pas les activités sportives. Au contraire, il permet même d'en faire plus qu'avant. Attention toutefois, certaines activités sont strictement déconseillées : les sports à haut risque, de type escalade, parachute, plongée, et les sports susceptibles de générer des coups dans la poitrine comme le karaté. Quant au tennis et au golf, ils sont uniquement déconseillés pendant les 6 premières semaines qui suivent la pose du pacemaker.

Se méfier des champs électromagnétiques

Quid des interférences :

si la vie quotidienne n'expose pas à des interférences, ce n'est pas forcément le cas en environnement médical. Bistouri électrique, scanner, radiographie par exemple, peuvent générer des interférences et dérégler les paramètres du pacemaker, d'où l'intérêt de signaler systématiquement au médecin, à l’anesthésiste, au chirurgien ou au dentiste que l'on porte un pacemaker. Mais seules l’IRM et la radiothérapie sont contre-indiquées, et encore, cela dépend du type de pacemaker implanté.

Quid des téléphones : le téléphone portable cellulaire impose quelques précautions. On recommande simplement de respecter une distance de 15 à 20 cm entre le téléphone et son cœur, de porter son appareil sur l'oreille du côté opposé au pacemaker, de préférer le kit mains libres et d'éviter les usages prolongés. Evidemment, on ne place pas son portable près de son pacemaker, comme par exemple dans la poche de sa chemise.

Les appareils électroménagers (micro-ondes, alarmes, GPS, Wi-Fi…) ne posent aucun problème, excepté les plaques de cuisson à induction qui peuvent inhiber le pacemaker, dont il convient de se maintenir à une distance d’au moins 50 cm.

Concernant le bricolage, évitez les appareils en mauvais état susceptibles de délivrer des chocs électriques inopinés et ne faites jamais de soudure à l'arc. Ne vous penchez pas sur un moteur de voiture en marche en raison du champ magnétique et ne touchez pas la batterie.

D’une manière générale, il ne faut jamais approcher un aimant près du pacemaker.

Quid des portiques antivols : ils sont rarement source de problèmes, à condition de les franchir rapidement, sans s'arrêter. Ce conseil est valable pour les portiques antivol des magasins et des aéroports. Toutefois, par mesure de précaution, on peut s’épargner cette inutile exposition aux champs magnétiques dans les aéroports, en présentant sa carte de porteur de stimulateur cardiaque. Attention, les détecteurs manuels sont quant à eux vraiment à éviter car ils sont plus puissants, d'où l'intérêt de toujours avoir sur soi sa carte de porteur de pacemaker.

Dernière précaution : se méfier des expositions prolongées au soleil, car le boîtier en titane du pacemaker emmagasine la chaleur sous la peau et augmente le risque de brûlure.

Un pacemaker ne contre-indique pas le port de la ceinture de sécurité. Pacemaker ou pas, il est toujours plus dangereux de rouler sans ceinture. A savoir : les recommandations européennes imposent un délai d'un mois avant la reprise de la conduite.

Enfin, le port d'un pacemaker n'entraîne officiellement aucune interdiction ni restriction professionnelle. Il existe cependant des métiers incompatibles avec un pacemaker, pouvant mener à un reclassement. La décision revient au médecin du travail en concertation avec le cardiologue.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 15 Juin 2009 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 11 Septembre 2015 : 15h15
Source : Le Quotidien du Médecin, 20 mai 2009.
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