Cancer du sein : que savez-vous ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 24 Septembre 2007 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 03 Septembre 2015 : 19h19
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Plus d'une femme sur dix sera confrontée au cancer du sein au cours de sa vie. Il représente la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. Mais bonne nouvelle, ce cancer peut se dépister précocement et se guérir. Testez vos connaissances !

1) La chimiothérapie est un traitement qui utilise des médicaments.

La chimiothérapie est une diffusion dans l'organisme de médicaments spécifiques mis au point pour détruire les cellules cancéreuses.

2) Les femmes peuvent se palper les seins elles-mêmes, mais leur geste est rarement aussi sûr que celui du médecin.

Toute femme peut, chez elle, réaliser régulièrement une autopalpation des seins et des aisselles, comme indiquée précisément par son médecin. Mais ce geste ne remplace pas la mammographie de dépistage et peut se révéler anxiogène. Si vous n'êtes pas sûre de bien réaliser ce geste de dépistage et de le faire très régulièrement, laissez votre médecin l'effectuer une fois par an.

Si vous percevez une anomalie dans un sein, consultez afin que le médecin la confirme, lui aussi par la palpation. Le cas échéant, il prescrira une mammographie ou une échographie.

3) Une grosseur au niveau du sein n'est pas toujours cancérigène.

Sur cinq grosseurs examinées, quatre sont bénignes. Ainsi, à l'annonce d'une grosseur, il faut relativiser et envisager les examens de dépistage sans trop d'anxiété.

4) En l'absence de facteur de risque, il faut passer une mammographie à partir de 50 ans.

Le programme national de dépistage organisé prévoit une mammographie tous les deux à partir de 50 ans et jusqu'à 74 ans, pour toutes les femmes qui ne présentent pas de facteur de risque particuliers.

5) Une femme qui a déjà été soignée pour un cancer du sein risque davantage d'en faire un autre sur l'autre sein.

C'est effectivement le cas de 15% des femmes traitées pour un cancer du sein. C'est pourquoi les patientes ayant un antécédent personnel, bénéficient d'un suivi médical très rigoureux, au minimum annuel, et à vie.

6) L'allaitement est un facteur protecteur.

L'allaitement maternel offre une protection importante vis-à-vis du cancer du sein. En revanche, des règles très précoces, avant 12 ans, et une ménopause tardive augmentent le risque de cancer du sein.

7) En cas d'antécédent familial de cancer du sein, le risque augmente de 50%.

Si votre mère ou une de vos soeurs ont été atteintes d'un cancer du sein, votre risque d'en être atteinte aussi est multiplié par deux. Vous devez alors, plus que quiconque, être surveillée médicalement une fois par an.

8) Le tabagisme augmente le risque de cancer du poumon, du larynx, de l'oesophage et de la bouche, et aussi du cancer du sein.

Le tabagisme augmente aussi le cancer du sein, et ce d'autant plus que les femmes ont fumé jeunes, notamment avant 20 ans. Les jeunes femmes qui ont fumé avant l'âge de 20 ans augmenteraient leur risque de faire un cancer du sein de près de 20%.

9) La pilule peut augmenter le risque de cancer du sein.

Si la pilule est prise pendant moins de 8 ans, le risque de cancer du sein diminue. En revanche, le risque augmente au-delà de 8 ans. Il est donc recommandé de changer de mode de contraception après 8 ans, en choisissant par exemple le stérilet.

10) La chimiothérapie néo-adjuvante se réalise avant une intervention chirrugicale.

Ce qu'on appelle la chimiothérapie néo-adjuvante est une chimiothérapie que l'on effectue avant la chirurgie. Elle permet de réduire la taille de la tumeur et ainsi de faciliter le geste opératoire.

Inversement, la chimiothérapie dite adjuvante se réalise après une intervention chirurgicale afin de diminuer le risque de récidive.

11) Le traitement par chimiothérapie ne nécessite pas forcément une hospitalisation.

Le plus souvent, les médicaments sont injectés en perfusion par voie veineuse, sous-cutanée ou intra-musculaire (dans les fesses). A noter que pour faciliter les fréquentes perfusions, on pose un cathéter (tuyau fin placé dans une veine profonde) ou une chambre implantable (le tuyau est relié à un boîtier qui est glissé sous la peau). Ce traitement ne nécessite pas d'hospitalisation, il est administré en ambulatoire, c'est-à-dire qu'il faut se rendre à l'hôpital, mais seulement pour quelques heures. Il peut aussi éventuellement être réalisé à domicile, mais uniquement dans le cadre d'une hospitalisation à domicile. Mais depuis peu, des médicaments de chimiothérapie existent aussi sous forme de comprimés, que l'on prend à domicile. Cette nouvelle forme très avantageuse est de plus en plus répandue. Des consultations de suivi restent cependant nécessaires. Au final, la patiente est hospitalisée uniquement lorsqu'une surveillance particulière s'impose.

12) Le mammotome est une variante de la biopsie.

Jusqu'à très récemment, en cas de mammographie douteuse, il fallait procéder à une biopsie chirurgicale, nécessitant une anesthésie générale et donc une hospitalisation. Aujourd'hui, on peut recourir à une macrobiopsie par mammotome. Celle-ci permet de faire des prélèvements au niveau du sein en ambulatoire, de façon simple, rapide et efficace avec une sensibilité proche de 100%.

13) La métastase c'est une tumeur qui se propage ailleurs.

Lorsque la tumeur se propage dans tout l'organisme, on parle de métastases ou de cancers métastasiques.

14) La chute des cheveux est un effet secondaire qui peut parfois se manifester après certaines chimiothérapies.

La chute des cheveux dans certains cas de chimiothérapie n'est pas le seul effet secondaire des traitements du cancer du sein (nausées, fatigue, vomissements...), mais le plus visible et le plus traumatisant.

15) Le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause a été accusé d'augmenter le risque de cancer du sein.

Toutefois, certaines études françaises montrent que l'association oestrogène cutané et progestérone naturelle micronisée, largement prescrite en France, n'est pas associée à une augmentation du risque de cancer du sein.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 24 Septembre 2007 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 03 Septembre 2015 : 19h19
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