Cancer du sein : un médicament préventif ?

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 12 Février 2003 : 01h00
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D'ici quelques années, les femmes en bonne santé mais présentant un risque élevé de développer un cancer du sein pourraient bénéficier d'un traitement préventif. En effet, le tamoxifène, médicament actuellement employé pour traiter ce cancer, serait également capable de réduire de 38% le nombre de nouveaux cas et donc utile en prévention.

L'analyse de plusieurs essais portant sur la prévention du cancer du sein, démontre que le tamoxifène, un médicament couramment prescrit dans le traitement de ce type de tumeur, est également efficace chez les femmes en bonne santé mais à risque élevé de cancer du sein. Les auteurs sont cependant prudents en précisant que la conclusion de ce travail préliminaire est certes très encouragent, mais ne modifie pas pour l'instant les recommandations européennes actuelles.

Comparé à un placebo, le tamoxifène a permis de ralentir la croissance de certaines tumeurs, en inhibant l'effet stimulant des estrogènes sur les cellules cancéreuses mammaires. Il n'est donc utile que dans le cas de cancers sensibles aux hormones. Mais au final, les chercheurs observent une réduction de 38% du nombre de cancer du sein dans le groupe de femmes à risque traitées par ce médicament. Cette réduction atteint les 48% pour les cancers hormono-dépendants (estrogéno-dépendants).

Des effets secondaires

Hélas, cette substance ne peut être utilisée en prévention en raison de ces effets indésirables. En effet, les taux de cancer de l'endomètre ont systématiquement progressé, avec un risque multiplié par 2,4. Les accidents thromboemboliques veineux ont également été accrus.

L'enjeu scientifique est maintenant de trouver comment réduire les effets secondaires du tamoxifène, afin de pouvoir proposer dans un avenir proche un traitement préventif aux femmes à risque. Cette découverte est de taille et ouvre de belles perspectives dans la bataille contre le cancer.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 12 Février 2003 : 01h00
Source : The Lancet, 361 : 296-300, 25 janvier 2003.
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