Cancer du rein : une nouvelle thérapie

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 12 Juin 2006 : 02h00
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Afin de diminuer les effets secondaires des traitements contre le cancer, les chercheurs essayent de développer de nouvelles molécules capables de s'attaquer beaucoup plus spécifiquement aux cellules cancéreuses et non aux cellules saines avoisinantes. Un tel traitement vient de donner des résultats quasi miraculeux contre le cancer du rein, connu pour son sombre pronostic.

Recherche intensive autour du cancer

Dans le domaine du cancer, les progrès, concernant aussi bien le dépistage que les traitements, ont été considérables au cours des dix dernières années et les chercheurs poursuivent très activement leurs travaux. Un des domaines aujourd'hui très explorés est la thérapie moléculaire ciblée, dont l'objectif est de mettre au point de nouvelles molécules encore plus spécifiquement dirigées contre les cellules tumorales. En effet, les traitements actuels présentent l'inconvénient de détruire à la fois les cellules cancéreuses et les cellules saines avoisinantes.

Thérapie moléculaire ciblée

Deux nouveaux médicaments viennent de prouver dans des essais cliniques leur efficacité et leur spécificité contre des cancers du rein avancés, chez des malades pour lesquels les solutions thérapeutiques étaient quasiment inexistantes.Le Sutent® (sunitinib), des laboratoires Pfizer, dont la commercialisation a été autorisée aux États-Unis par la FDA (l'agence américaine de réglementation des médicaments), a été testé chez 750 malades souffrant d'un cancer du rein avancé. La prise d'une dose quotidienne de ce médicament fait régresser la tumeur dans 50% des cas. Le volume de la tumeur a été diminué de 25%, contre 5% avec les traitements classiques. Cet effet a été obtenu grâce au mode d'action particulier de la molécule. En effet, celle-ci détruit spécifiquement les cellules tumorales en attaquant les vaisseaux sanguins qui les alimentent. Ainsi privées des substances nutritives sanguines nécessaires à leur développement, les cellules cancéreuses meurent. Le second médicament, dénommé Temsirolimus (CCI-779), a été mis au point par les laboratoires Wyeth. Les malades traités voient leur durée de vie augmenter, passant de 7,3 mois à 10,9 mois, et ils récupèrent une qualité de vie appréciable.D'autres molécules, comme ici capables de détruire les vaisseaux sanguins dont dépendent la survie et le développement des cellules cancéreuses, sont à l'essai contre d'autres types de cancers. Les premiers résultats contre le cancer de l'estomac sont prometteurs. Là encore, il s'agit d'un cancer très difficile à traiter avec les traitements classiques.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 12 Juin 2006 : 02h00
Source : 42e congrès annuel de l'American Society of Clinical Oncology, Atlanta, Etats-Unis, 2-6 juin 2006.
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