Cancer de la prostate : dépister pour guérir

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 21 Septembre 2007 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 13 Avril 2016 : 09h50
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En matière de cancer, les progrès diagnostiques et thérapeutiques ont été considérables. Les tumeurs sont aujourd'hui dépistées de plus en plus tôt, ce qui augmente considérablement l'efficacité des traitements.

1) Le cancer de la prostate fait l’objet d’un dépistage organisé :

  • Faux.

Il n’existe pas de dépistage organisé. Le dépistage est donc forcément individualisé et il n'est actuellement pas recommandé par les autorités de santé.

2) Si mon père ou mon frère a eu un cancer de la prostate :

  • Mon risque d'en avoir un aussi est multiplié par 2 ou 3.

Les antécédents familiaux (parent de premier degré atteint d'un cancer de la prostate) entraînent un risque de 2 à 3 fois plus élevé de cancer de la prostate. Il est donc recommandé d’en parler à son médecin afin d’évaluer les avantages et inconvénients de réaliser un test de dépistage et d’organiser un programme de dépistage personnel.

3) Le nombre de cancers de la prostate :

  • A fortement augmenté.

Le vieillissement de la population et l'amélioration du dépistage expliquent cette augmentation de la fréquence des cancers de la prostate.

4) Après 75 ans, inutile de faire un dépistage du cancer de la prostate.

  • Vrai.

Le cancer de la prostate étant d'évolution très lente, il est probable qu'il ne se déclare pas avant une dizaine d'années, voire plus. De plus, le dépistage a été très récemment jugé peu fiable par les autorités de santé.

5) Le dépistage du cancer de la prostate comprend :

  • Un dosage du PSA et un toucher rectal.

Le PSA signifie : antigène prostatique spécifique.

6) Le dépistage est uniquement prescrit par un urologue.

  • Faux.

Il suffit de s'adresser à son médecin traitant, lequel, selon les résultats des examens, pourra orienter vers un urologue.

7) Aujourd'hui on ne meurt plus d'un cancer de la prostate.

  • Faux.

On enregistre près de 9.000 décès liés au cancer de la prostate chaque année en France (INCa 2015). Ce chiffre est stable depuis 1990, voire en légère baisse, et ce, grâce aux progrès thérapeutiques mais aussi grâce au dépistage, lequel permet de détecter des tumeurs peu évoluées et donc plus faciles à traiter, ce qui augmente considérablement les chances de guérison, même si en contrepartie le dépistage est à l'origine de faux positifs menant à des traitements inutiles.

8) Quel est l'âge moyen au moment du dépistage ?

  • 70 ans.

La plupart des cancers de la prostate surviennent après 50 ans. La maladie est rare avant 55 ans et l'âge moyen au moment du diagnostic est de 70 ans.

9) Quels sont les principaux symptômes d'un cancer de la prostate ?

  • Des troubles urinaires.

Les symptômes d'un cancer de la prostate sont essentiellement urinaires : besoin fréquent d'uriner, surtout pendant la nuit, difficulté à se retenir ou au contraire à commencer d'uriner, voire impossibilité d'uriner, faible débit urinaire ou discontinu, douleur ou sensation de brûlure lors de la miction, présence de sang dans les urines, éjaculation douloureuse, douleur dans le bas du dos, les hanches ou le haut des cuisses. Mais attention, ces troubles peuvent aussi être causés par des affections prostatiques bénignes ou d'autres maladies. Examens et diagnostic sont indispensables.

10) Un des traitements consiste à injecter de la testostérone.

  • Faux.

L'hormonothérapie fait partie des traitements, mais elle consiste inversement à bloquer l'action de la testostérone car cette hormone mâle stimule la croissance des cellules cancéreuses.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 21 Septembre 2007 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 13 Avril 2016 : 09h50
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