Cancer : la France soigne bien mais prévient mal !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 29 Octobre 2003 : 01h00
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Encore un paradoxe français : c'est en France que l'on observe, toutes localisations confondues, le taux de décès masculins par cancer le plus élevé, soulignant un dysfonctionnement flagrant de la prévention. Parallèlement, une fois le cancer déclaré, les traitements mis en oeuvre font partie des plus performants.

La mortalité par cancer est la plus élevée d'Europe chez les hommes français. Les Belges et les Hollandais arrivant juste après, tandis que les taux les plus faibles sont enregistrés en Suède, en Finlande et en Grèce. Ainsi, le taux de mortalité est de 50% supérieur en France par rapport à la Suède.

Ce sont les cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, lèvres, pharynx), du foie et du poumon qui expliquent essentiellement cette surmortalité française. Ils sont tous fortement liés à deux facteurs de risque : la consommation excessive d'alcool et le tabagisme.Pour les cancers des voies aérodigestives supérieures, la France occupe de loin la première place en termes de mortalité. En revanche, elle se situe dans la moyenne pour les cancers du poumon. Mais malheureusement, tandis que ce type de cancer diminue dans l'ensemble de l'Union européenne, il ne décroît pas en France, la plaçant en tête pour la mortalité avant 65 ans par cancer du poumon. Chez les femmes, ce cancer croît le plus rapidement en France. Mais excepté pour celui-ci, les femmes sont mieux loties que les hommes, avec des taux de mortalité par cancer se situant dans la moyenne européenne, voire parfois assez bas comparés à certains pays voisins. Reste que les décès par cancer du sein et de l'utérus demeurent stables.

A côté de ce retard inquiétant en matière de prévention, le taux de survie après un cancer en France est un des meilleurs d'Europe, reflétant les bonnes performances de la prise en charge des malades, une fois la maladie décelée.

En conclusion, notre système de prévention est entièrement à revoir : nos moyens de lutte contre les principaux facteurs de risque de cancers manquent visiblement d'efficacité : lutte contre le tabagisme, l'alcoolisme, campagne d'incitation à la consommation de fruits et légumes, etc.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 29 Octobre 2003 : 01h00
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n°41-42, 21 octobre 2003.
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