Cancer et bronzage artificiel : état des lieux

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 23 Août 2005 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 23 Août 2007 : 02h00
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Les cabines de bronzage artificiel connaissent depuis quelques années déjà un engouement considérable. Parallèlement, une expertise publique vient de dénoncer cette pratique comme cancérigène (pouvant provoquer un cancer). Qui recourt au bronzage artificiel et pourquoi ?

Il y a dix ans, on estimait qu'un million d'Américains fréquentaient chaque jour un salon de bronzage et que l'industrie des UV artificiels représentait un chiffre d'affaires annuel de plus d'un milliard de dollars. Cette pratique s'est considérablement développée en Europe, notamment dans les pays d'Europe du Nord, mais aussi en France. Selon une étude menée en 1991, dans cinq centres en Allemagne, Belgique et France, 19% de la population interrogée avait utilisé des bancs solaires. Cet usage était plus répandu en Allemagne (25,3%) qu'en Belgique (19,9%) et en France (6,4%), et davantage chez les jeunes (31% des moins de 40 ans), de niveau socio-économique élevé et à faible capacité de bronzage (27% des blonds et 30,8% des roux).

Selon une enquête plus récente menée entre 1998 et 2000, en Suède, aux Pays Bas, au Royaume-Uni, en Belgique et en France, 57% des sujets de moins de 50 ans avaient utilisé au moins une fois dans l'année le bronzage artificiel. L'exposition était plus fréquente chez les femmes (61% contre 43% des hommes), mais elle tend à se développer parmi les hommes (13% des hommes français). L'exposition avant l'âge de 15 ans a été de 3% en moyenne (à l'instar de la France, peu de pays ont adopté une réglementation du bronzage en cabine, interdisant notamment l'accès aux mineurs). En France, l'âge moyen des premières expositions était de 27 ans.

Uniquement en France cette fois-ci, un volet de la grande étude SUVIMAX datant de 2001, montre que 16% de la population étudiée a déclaré avoir utilisé un appareil de bronzage au cours de leur vie (22% des femmes et 8% des hommes), le plus souvent appartenant à la tranche d'âge 35-44 ans. Les raisons invoquées pour justifier cette pratique sont davantage esthétiques (35%) et dans un but de préparer la peau avant une exposition au soleil (34%), que pour des raisons médicales (acné, psoriasis, vitiligo, rachitisme, déficience en vitamine D, allergie ; 10%) ou par curiosité (6%). Les motivations sont surtout psychosociologiques chez les adolescents : désir d'être perçu positivement par les autres. Mais une autre motivation avancée par des étudiants fréquentant les salons de bronzage est un effet relaxant des séances d'UV.

Quels sont les risques ?

On a longtemps considéré que l'exposition aux UV artificiels des solariums ne présentait pas de danger majeur. Aujourd'hui, des études ont montré que cette pratique est cancérigène, avec une augmentation du risque de mélanome cutané, d'un facteur compris entre 1,25 et 1,50. Et ce risque s'accentue encore avec la fréquence et la durée des utilisations, et lorsque les expositions surviennent chez un adulte jeune. Mais en réalité, cette hausse du risque est potentiellement beaucoup plus importante si l'on considère la forte croissance de l'usage des bancs solaires. A ce rythme, le mélanome deviendra la première cause de mortalité chez les moins de 45 ans dans les années 2030-2040.

Depuis quelques années déjà, les communautés scientifiques et médicales de nombreux pays industrialisés tentent de freiner cet engouement, en émettant des avis décourageant l'emploi de ces usines à bronzage pour des utilisations non médicales et en alertant les citoyens, particulièrement les mineurs, sur les risques de cancers cutanés.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 23 Août 2005 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 23 Août 2007 : 02h00
Source : Etude de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse), de l'Institut national de veille sanitaire (InVS) et de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), " Ultraviolets : état des connaissances sur l'exposition et les risques sanitaires ", 9 août 2005.
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