Bientôt un dépistage organisé du cancer de la prostate ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 30 Mars 2009 : 02h00
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Enfin une étude de grande envergure qui prouve l'efficacité du dosage du taux de PSA dans le dépistage du cancer de la prostate. Cette nouvelle donnée pourrait modifier les recommandations actuelles et inciter les autorités à mettre en place un dépistage généralisé du cancer de la prostate. Explications.

Un homme sur huit est concerné par le cancer de la prostate

A l'instar du cancer du sein avec les mammographies et du col de l'utérus avec les frottis, va-t-on bientôt mettre en place un dépistage généralisé du cancer de la prostate ?

Rappelons que le cancer de la prostate représente la 2e cause de mortalité par cancer chez l'homme et la première chez l'homme de plus de 50 ans. Avec 50.000 Français touchés chaque année et 10.000 décès, un homme sur huit sera concerné un jour par ce cancer. Ces chiffres devraient par ailleurs s'accroître avec le vieillissement de la population. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que le cancer de la prostate est guérissable dans 95% des cas s'il est pris en charge précocement. D'où toute l'importance du dépistage précoce du cancer de la prostate chez le plus grand nombre possible d'hommes.

L'intérêt du PSA dans le dépistage du cancer de la prostate est controversé

Pour cela, nous disposons d'un test de dépistage : le dosage sanguin du taux de PSA associé à un toucher rectal. Le PSA désigne un antigène spécifique de la prostate, dont le taux augmente en cas de tumeur. Mais pour l'instant, même si l'Association francaise d'urologie (AFU) le recommande déjà depuis de nombreuses années, l'intérêt du dosage du PSA dans le dépistage du cancer de la prostate reste controversé.

Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas suffisamment fiable à lui tout seul pour porter le diagnostic. Il expose donc à un risque de surdiagnostic et d'être suivi d'une biopsie de la prostate, nécessitant une intervention chirurgicale sous anesthésie. Par ailleurs, certains cancers de la prostate étant peu évolutifs, ils risquent d'être traités inutilement. C'est ce qu'on appelle le risque de surtraitement.

C'est pourquoi à ce jour, le dépistage du cancer de la prostate n'est pas systématiquement proposé à tous les hommes dans le cadre d'un dépistage généralisé, mais uniquement au cas par cas.

Cette situation pourrait évoluer au regard des informations apportées par cette étude européenne de grande envergure, qui a porté sur une population de plus de 160.000 hommes âgés de 55 à 69 ans. Celle-ci démontre que la mortalité par cancer de la prostate diminue de 20% chez les hommes ayant bénéficié d'un dosage du taux de PSA tous les 4 ans.

Autrement dit, cette étude apporte une preuve concrète de l'efficacité du dosage du PSA dans le dépistage du cancer de la prostate.

Donc en attendant l'intégration de ces nouvelles données dans les recommandations officielles, on peut conseiller aux hommes de suivre les conseils de l'AFU :

-faire réaliser un dosage du PSA et un toucher rectal tous les ans à partir de 50 ans et jusqu'à 75 ans ;

- ce dépistage est à débuter plus tôt, dès 45 ans en cas d'antécédents familiaux et d'origine africaine ou antillaise.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 30 Mars 2009 : 02h00
Source : New England Journal of Medicine, 18 mars 2009 ; communiqué de presse de la haute autorité de santé (HAS), 20 mars 2009.
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