BCG et bécégites : une vaccination très délicate

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 05 Février 2007 : 01h00
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Depuis le retrait d'un des deux vaccins BCG contre la tuberculose, rien ne va plus. En effet, le seul qui reste disponible est d'emploi très délicat, pouvant être responsable de bécégites, effet indésirable de l'injection. De tels incidents dont la fréquence augmente beaucoup, confortent la levée de l'obligation vaccinale des nourrissons et des jeunes enfants.

Le BCG est très délicat à réaliser

Le BCG nécessite un mode d'injection particulier. Alors que la plupart des vaccins s'injectent directement dans le muscle ou en sous-cutané en piquant à travers la peau, le BCG se réalise en intradermique, c'est-à-dire qu'il est injecté dans la peau. Si cet acte n'est pas bien réalisé, le vaccin pénètre plus profondément et peut provoquer des effets secondaires (bécégite).

Ce problème avait été résolu grâce à la mise au point d'un second vaccin, le Monovax®, qui en utilisant une bague, permet une injection intradermique beaucoup plus facile.

Seulement voilà, ce vaccin n'est plus commercialisé depuis un an environ, ne laissant plus d'autre alternative aux médecins que de recourir à l'ancien vaccin dont l'injection est très délicate, notamment sur des nourrissons difficiles à immobiliser.

C'est ainsi que les professionnels de santé amenés à pratiquer cette vaccination, obligatoire chez tous les enfants pour l'entrée en collectivité, ont fait part de leur appréhension quant à la difficulté technique de l'ancien BCG.

Epidémie de bécégites avec l'ancien vaccin BCG

Et les effets indésirables ne se sont pas fait attendre. Rien qu'à Nantes durant l'été 2006, 19 cas de bécégites ont été signalés. Les bécégites désignent une tuméfaction plus ou moins étendue qui se manifeste lorsque le point d'injection intradermique du BCG n'est pas strictement respecté. Si cet effet secondaire a été mineur dans plus de la moitié des cas, trois cas ont nécessité un traitement par antibiotiques et trois autres ont exigé une ponction. Six mois après l'incident, toutes les bécégites signalées avaient régressé, mais elles ont laissé une cicatrice plus ou moins prononcée.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 05 Février 2007 : 01h00
Source : JIM on line, 23 janvier 2007.
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