leahahia
Portrait de cgelitti

L’addiction

On pense toujours que l’alcoolisme est une addiction à part des autres, que la toxicomanie n’avait rien en commun avec l’alcoolodépendance.

Pire, j’ai souvent entendu dire que l’addiction aux médicaments était beaucoup moins grave que l’alcoolodépendance, mais dans les médicaments il y des drogues dures tels que les opiacés.

Les opiacés sont des substances obtenues à partir de l’opium, le pavot. L’héroïne, la codéine, le tramadol, le dextrometorphane, le dextropropoxyphène, la buprénorphine et la méthadone sont les plus connus.

Les opiacés quels qu’ils soient dés qu’ils sont métabolisés par le corps sont transformés en morphine pur, cela sans aucune exception, il n’y a pas d’opiacé plus fort ou moins fort tout dépend de la dose qu’on s’inflige.

C’est la même chose que les boissons alcoolisées, le vin et plus fourni en alcool que la bière, le whisky est lui bien plus fourni en alcool que le vin, il faudra donc boire davantage de bière que de whisky pour arriver au même résultat.

Dans les opiacés c’est exactement la même chose, la codéine contient moins de substance alcaline que l’héroïne, il faudra donc en prendre davantage pour obtenir le résultat voulu mais l’effet est le même.

Quand on prend conscience de ce constat, il est effarent qu’il n’y ait qu’un seul opiacé dans ceux précité qui soit illégale.

Là où je veux en venir est, pourquoi le baclofène guéri-t-il de l’alcoolodépendance mais aussi de l’opiodépendance, ainsi que l’addiction à la cocaïne, à la boulimie, au jeu, au sexe, au sport et à la scarification ?

Olivier Ameisen le dit dans son livre de manière bien limpide, avec bien entendu des preuves scientifiques à l’appui, que le baclofène de par son action obtient une régulation du GABA B, c’est ce dérèglement qui était là avant l’addiction et que le baclofène vient soigner, qui est la maladie et non l’addiction et encore moins le craving.

Notre cerveau produit du GHB qui est le carburant du GABA-B , Le GABA-B est un inhibiteur de la dopamine, qui est une hormone qui nous procure le plaisir, le bien être d'une situation agréable, qui contribue à réguler notre humeur.

Chez les personnes comme nous le GABA-B n’est pas assez fort du au manque de GHB H pour ralentir la dopamine entre deux neurones pour qu'elle soit recapturée pour un usage ultérieur, car le cerveau ne produit la dopamine à la demande.

Chez des personnes comme nous la dopamine est injectée en seule fois et est très peu, voir pas du tout recapturée, ce qui veut dire qu'il ne nous en reste trop peu, voir plus tout pour la suite, d'où les moments d'angoisses et d'anxiété que nous connaissons.

Cette maladie s’appelle la dysphorie, qui se traduit par plusieurs symptômes, tels qu’une timidité maladive, en manque extrême de confiance en soit très pénalisant, le sentiment d’être un imposteur vis à vis de nos capacités intellectuelles, professionnelles et cognitives, j’en passe et des meilleurs.

Les personnes atteintes de dysphorie n’ont pas toutes les même symptômes, il y en a encore qui sont certainement inconnus, d’où la complexité de cette maladie qui se traduit souvent par de la bipolarité.

Néanmoins les personnes ont un point commun, c’est qu’un jour ou l’autre elles deviendront, mais pas toutes, addictes à produit comme l’alcool, les opiacés (héroïne, ou médicamenteux), cocaïne, le cannabis, les benzodiazépines ou psychotrope que va leurs prescrire leur médecin parce que les gens malades ne sont pas bien du tout du à la dysphorie.

C'est là qu'entre ne jeu le produit, quand nous rencontrons le produit au début on se sent bien, il est notre ami, il remplace la dopamine que nous n’avons pas, c'est alors que le cerveau se dit " puisqu'on me donne de la dopamine, je n'en produit plus, pas besoin ", petit à petit le cerveau en produit de moins en moins c'est pour cela qu'il faut toujours, à cours ou à moyen terme augmenter les dose de notre traitement, mauvais traitement certes mais c’est celui que nous avions trouvé faute de réponse de la part de médecine.

C'est là que vient petit à petit l'addiction.

C'est justement parce que ce "dérèglement" est là bien avant l'addiction à l'alcool ou tous autres produits qui nous donnent au début ce sentiment de bien être, le produit remplace la dopamine que le cerveau ne produit plus.

Certains sports, la scarification et le sexe font appellent à une substance que le cerveau produit, à laquelle on devient aussi addictes qui s’appelle l’endorphine, c’est un puissant analgésique bien plus puissant qu’un opiacé auquel il se rapproche très fort.

Donc il y a fort à penser que les addictions aux produits tels que l’alcool, opiacés, cocaïne et peut être la nourriture sont des complications de ce dérèglement, donc toutes liés.

Un grand nombre d’abstinents prennent beaucoup de médicaments à base d’opiacés entre autre des benzodiazépines, ce qui leurs permettent de pouvoir rester abstinent, sans le savoir ils ont déplacé leur addiction.

Il y a aussi le fait que des alcoolodépendants prennent aussi des opiacés sous forme médicamenteuse, quand ils n’ont pas d’alcool ou qu’ils sont dans l’impossibilité d’en consommer.

C’est exactement ce que j’ai fait, pour ne pas perdre tout ce que j’avais à cause de l’alcool que je consommais à outrance. J’ai augmenté ma consommation d’opiacé, ce qui me permettait de pouvoir moins boire, j’en ai pris certes aussi à la suite d’un accident de voiture (avec 2.8g d’alcoolémie) mais je picolais encore énormément, c’est en 2001 quand j’ai encore augmenté ma consommation d’opiacés que j’ai constaté cela, ce n’est qu’en 2007 que j’ai pu modérer ma consommation d’alcool, « grâce aux opiacés ».

Je n’ai jamais eu honte de ma maladie une fois qu’elle a été identifiée, en revanche j’ai eu souvent honte de ce qu’elle me faisait faire.

Il m’est arrivé d’avoir des « black-out » à maintes reprises de ne plus me souvenir du tout de la soirée de la veille le matin quand je me réveillais, ne plus me souvenir comment je suis rentré chez moi.

Mon premier réflex était d’aller voir si j’étais rentré avec ma voiture, là surprise, elle était bien là garée correctement. Ce n’était pas rare non plus qu’en sortant de boite de nuit comme j’étais bien alcoolisé d’oublier où j’avais garé ma voiture dans la ville, de la chercher pendant très longtemps c’était un moment de stress assez intense.

Il y a pire que cela, quand j’étais chef de cuisine je travaillais de 10h à 15h et de 18h à 23h, je sortais le soir du travail et j’allais faire la fête en boite, en sortant de la boite de nuit j’allais directement travailler, ensuite pendant ma coupure de 15h à 18h j’allais me reposer et je retournais travailler à 18h en m’excusant de ne pas être venu travailler à 10h.

Tout le monde me disait que j’étais bien là le matin au travail, dans un état pitoyable certes mais là, rendez vous compte que je zappais la moitié de ma journée et qu’encore aujourd’hui je n’ai aucun souvenirs de ces demi journées, parce que ça ne m’est pas arrivé qu’une fois.

Le 16 novembre 1997 j’ai eu cet accident de voiture, je suis rentré dans la boulangerie du village de mes parents à 160 km/h, j’ai traversé le pare-brise, la vitrine du magasin et me suis retrouvé dans les frigos présentoir j’avais 2.8gr d’alcoolémie.

J’ai eu une chance énorme mais je ne le voyais pas comme ça, pour moi je n’avais pas eu de chance du tout puisque j’avais eu un accident, j’avais perdu ma voiture et je ne comprenais pas pourquoi il m’arrivait autant de problèmes.

Rendez-vous compte je pensais ne pas avoir eu de chance avec 2.8 gr d’alcool, je trouvais encore le moyen de dire que je n’avais pas chance, c’est simple je ne voyais pas le souci de rouler avec 2.8 gr d’alcoolémie, pour moi je n’avais tout simplement pas chance, celle d’être encore en vie je ne la voyais tout simplement pas.

Chaque fois que je sortais en boite ou que j’allais boire un verre quelque part, je buvais jusqu’à ne plus pouvoir en avaler un, c’est quand je n’arrivais plus à boire parce que ça ne rentrait plus, que commençait la frustration immense de ne plus pouvoir boire, cela se traduisait par un vide en moi, une angoisse sans nom.

Cela pouvait me rendre très agressif car j’en voulais à la terre entière de ne plus savoir boire, je pouvais très bien m’énerver sur des personnes qui ne m’avaient absolument rien fait, m’imaginer des choses du genre que les personnes à côté de moi me cherchaient misère et me rendre totalement ridicule aux yeux de tout le monde, ou partir en larme parce que justement c’était fini je ne pouvais plus consommer.

Quand je ne sortais pas je prenais une bouteille à la maison et je me l’enfilais devant la télévision, pour faire redescendre la casserole à pression car vous le savez tous ici, pour beaucoup d’entre nous, on ne buvait pas pour le plaisir du goût bien évidemment, je m’injectais la dopamine dont j’étais totalement dépourvu, chose que j’ignorais totalement à ce moment là.

En parallèle je consommais déjà des opiacés mais je ne me rendais pas encore compte que cela influais sur ma consommation d’alcool, je savais déjà à ce moment là que j’avais un problème de consommation d’alcool, je le savais certes mais je ne voulais pas m’en rendre compte, vous savez le truc qu’on appelle le déni.

C’est en 2001 que j’ai subi une opération d’une hernie inguinale, à la suite de cette opération j’ai ressenti une douleur intense dans l’haine je n’arrivais plus à marcher, j’ai donc raugmenté ma consommation d’opiacé pour pouvoir marcher et faire fonctionner l’hôtel restaurant que j’avais avec mon épouse en France. Cela dit ça ne me dérangeait pas du tout d’augmenter à nouveau les opiacés, je suis vite passé à 4 boites de seize comprimés de paracétamol codéine par jour.

Je savais que le bien être que me procurait ces comprimés n’était pas vraiment sans risques, je lisais souvent la notice dans laquelle il y faisait écrit «syndrome de sevrage». Je n’en faisais pas vraiment état je me disais que quand le moment venu d’arrêter arriverait je le ferais sans problème, que moi je ne serais jamais accro à ça.

C’est aussi 2001 que j’ai eu mon premier fils, là je me suis rendu compte que ma consommation d’alcool devenait problématique mais je ne voyais pas vraiment comment m’en sortir à ce moment là.

J’étais loin de m’imaginer que les opiacés allaient m’y aider, les opiacés allaient m’aider quelques temps plus tard à pouvoir ralentir un peu ma consommation d’alcool, qui elle devenait de plus en plus anarchique mais à quel prix.

Ce qui à ce moment était géniale, c’était que les lendemains de beuveries j’en prenais une bonne dose et envolée la sacro sainte gueule de bois, je me sentais stimulé et regonflé à bloc, une impression d’invulnérabilité total. Quand j’avais des grosses préparations à faire pour de gros banquets, je me gavais de codéine et j’abattais le travail de 3 hommes à moi tout seul, les heures passaient comme des minutes qui ne trouverait pas ça géniale, pouvoir faire le travail de 3 hommes en même temps est quelque chose d’appréciable pour le jeune patron que j’étais.

Je pouvais même « gérer » ma consommation d’alcool, c'est-à-dire que je ne buvais plus tous les jours et pour cause je me gavais d’opiacé 24h/24h, j’avais instauré un jour ou je pouvais boire mais je dérogeais souvent à cette règle.

Comme la plus part des addicts je ne tenais jamais mes promesses, je ne buvais en théorie que le mardi soir étant donné que je ne travaillais pas le mercredi, je pouvais prendre un verre, verre que je remplissais constamment car il se vidait presque plus vite qu’il ne se remplissait.

Le week-end j’étais sensé ne pas boire mais je me trouvais tout un tas de bonnes raison pour boire « un verre bien mérité » après une dure journée de labeur, je me disais « je bois aujourd’hui et pas mardi » le mardi soir vous pensez bien que j’avais complètement et totalement oublié ce que je m’étais promis le week-end.

Enfin oublié, pas tant que ça en fait je m’en souvenais fort bien mais encore une fois le phénomène du déni faisait très très bien son œuvre, parce qu’à partir du moment où je ne connaissais pas ma maladie je pensais qu’il fallait de la volonté pour arrêter tout cela, chose bien entendu que je n’avais pas du tout, donc il ne me restait plus que le déni, comme la plus part des personnes addicts.

Le déni est une voix de garage sans issue mais tant que je n’étais pas arrivé à la fin, jusqu’au bout en fait qui pour moi et pour une très grande partie des gens addicts aurait été la mort, j’en profitais au maximum.

Au début je ne savais pas ce qu’était le déni, j’en usais et en abusais certes mais je ne savais pas encore que c’était une voix et une voie sans issue, l’issue je me l’imaginais oui je peux dire ça comme ça, je me l’imaginais mais j’étais loin, voir des années lumières de la réalité.

Si j’avais du faire preuve de volonté pour me guérir à l’heure actuelle je n’en serais pas encore sorti et j’en serais vraiment loin voir pire je pense, je m’estime déjà bien heureux de n’avoir aucune séquelles au foie étant donné les doses pharaoniques de paracétamol que j’absorbais tous les jours couplées à l’alcool que je buvais en même temps.

Il n’était pas rare que je prenne les opiacés avec de la bière, je trouvais que l’effet en était décuplé ce qui était totalement psychologique je pense, néanmoins je le faisais comme ça sans me soucier du danger puisque je ne le connaissais pas à ce moment là.

Je pouvais boire pendant des heures à croire que l’alcool n’avait plus d’emprise sur moi, cela m’est arrivé plusieurs fois de commencer ma soulographie à 20h00 et de ne la terminer que le lendemain en fin d’après midi vers les 16 à 17h au cognac.

Je ne vous raconte pas comment je pouvais me réveiller de telles épopées, je pouvais replacer tous mes organes viscéraux de par leur douleur, mais j’avais ma botte secrète qui était les opiacés je déjeunais avec les comprimés de paracétamol codéines en guise de « choco pop’s » ou toute autre céréale.

Je me buvais un café bien sucré pour tasser le tout et 10 minutes après l’invincibilité était au rendez-vous, exit les douleurs viscérales et autres maux de tète, bref le bien être total d’autant plus que en temps normal, c'est-à-dire sans les opiacés je me serais retrouvé à la ramasse, complètement infoutu de pouvoir mettre un pied devant l’autre.

J’étais complètement tombé sous le charme de cette substance alcaline qu’était la codéine, j’avais véritablement le pouvoir, la maîtrise absolue de tous mes faits et gestes, de toutes mes pensées une réflexion aussi vive qu’un battement d’aile de colibris.

Bon il y avait quelques effets secondaires comme la constipation, se faire des lavements pour juste aller à là selle était devenu quelque chose de normale pour moi, comme bon nombre d’effets secondaires aux opiacés, je n’étais pas au courant de celui-là mais au vu du bien être que cela me procurait, je passais aisément au dessus de ça.

Un effet secondaire aussi très récurent était les éruptions cutanées, je me prenais très souvent des furoncles sous les aisselles et à hauteur du coccyx tant et si bien que je ne savais plus m’asseoir ni me coucher, cela était très commode pour dormir la nuit il m’est arrivé de dormir debout n’ayant pas d’autre choix, oui je ne plaisante pas.

Encore une fois au vu du bien que cette douce substance alcaline me procurait, je passais largement au dessus de ça, et comme bien entendu je ne faisais toujours pas le rapprochement entre ces effets secondaires et les opiacés.

J’en étais devenu complètement amoureux, c’est bien connu l’amour rend aveugle.

Il y avait aussi l’insomnie, je ne dormais plus que 2 à 4 heures pas nuit et là j’avais encore une parade, souvenez-vous les lendemains de la veille je prenais un petit déjeuner « opiacés » là c’était pareil, la codéine inhibait la gueule de bois, elle en faisait tout autant avec la fatigue.

Donc le rêve, le paradis sur terre, j’étais content et de bonne humeur du matin au soir, je pouvais boire comme bon me semblait je n’avais plus de la gueule de bois, je pouvais bosser comme trois, je ne ressentais plus de fatigue physique et mentale.

Je n’avais plus de transit du tout, je souffrais le martyr du aux furoncles que j’attrapais un peu partout sur le corps, d’une taille minimum de trois centimètres de diamètre, ce qui me faisait dormir debout quand j’arrivais à dormir.

Ce fut mon quotidien pendant neuf longues années, j’ai mis un peu plus de trois ans avant de me rendre compte que ce que je faisais était des voix et voie sans issues et j’ai remis six en plus à essayer de m’en sortir, je vais rentrer dans les détails de tout cela par la suite.

Consommer le produit comme je vous le disais était quelque chose de jouissif, de magique.

Ce qui l’était moins en revanche était de se le procurer, bien qu’en Belgique en 1997 les antidouleurs codéines étaient en vente libre en pharmacie, il m’arrivait d’essuyer quelques refus de certains pharmaciens, eux avaient déjà vu juste étant donné que je ne savais pas le moins du monde ce que je prenais, je trouvais cela étrange qu’on m’en refuse.

Quand un pharmacien m’expliquait que ce que je prenais pouvait me faire du tort, je faisais le mec tout étonné et je lui répondais « ah oui ! Je ne vais plus prendre ça alors m’sieur, si c’est si dangereux ».

Mais dans les dédalles de ma matière grise il se disait tout autre chose, du genre « il est complètement à coté de la plaque ce pharmacien, s’il savait le bien, que dis-je l’extase, que ce qu’il prétend être très dangereux me procure, il en mangerait encore plus que moi. »

Je me donnais bon conscience, non je croyais me donner bonne conscience mais toute personne qui a été addict à un produit sait pertinemment bien que cette dite « bonne conscience » n’a aucun valeur, nous sommes persuadés qu’elle vient de l’extérieur mais non pas du tout, nous nous la fabriquons nous même, de toutes pièces.

Je savais que ce que je prenais me faisait un bien majestueux, néanmoins je n’avais aucune idée de ce que c’était, ça peut paraître étrange d’ailleurs avec le recul je le trouve aussi mais je ne me posais pas la question ou plutôt le déni commençait déjà bien son job.

Comme à ce moment là j’habitais à Bruxelles, il m’était assez facile de trouver une pharmacie qui me délivrerait mon élixir, mon coquelicot afghan mais plus le temps passait plus ça devenait difficile, même à Bruxelles on se fait vite repérer.

A ce moment là, en 1997 je ne consommais pas beaucoup d’opiacés par rapport à ce que j’ai pu en prendre par la suite, donc je buvais encore pas mal, tous les soirs je vidais une bouteille de deux litres de vin rosé italien.

Je n’avais pas du tout le sentiment, que ce que je faisais était de réguler mon cerveau, d’ailleurs j’en étais encore vraiment loin vu que je ne l’ai compris qu’en 2010.

J’avais un pêché mignon à ce moment là qui était le St Raphaël ambré, vous vous en rappelez peut être de cette publicité avec cette réplique « hé ! Le maire depuis que tu parles, tu n’as pas soif ? »

C’est de ce truc là que je parle, j’en achetais trois bouteilles le vendredi soir, parce que c’était le week-end et que j’en prenais pour tout le week-end, à savoir une pour le vendredi soir, une pour le samedi soir et une pour le dimanche soir, le phénomène très mystérieux était que je répétais cette achat de trois bouteilles le samedi soir et le dimanche soir aussi.

Quand j’ai fait la rencontre de ma copine, qui est maintenant devenue mon épouse et la maman de mes deux fils, nous nous sommes mis en ménage quelques mois après notre rencontre à ce moment là j’ai pu descendre ma consommation d’alcool, pas de beaucoup certes mais ce que je buvais « était passable », parce que le renouveau de vivre à deux, en revanche je ne baissais pas ma consommation d’opiacés, cette addiction est moins sale aux des gens on va dire, si tant est qu’ils sachent que c’est une addiction.

Prendre des médicaments pour de la douleur n’est en rien quelque chose de mauvais de nos jours, on me disait souvent que j’en prenais trop, là-dessus je répondais « oui, je sais mais si tu avais ma douleur tu en prendrais certainement plus. » vous savez la bonne conscience ?

Sauf que de douleur il n’y en avait plus, ou plutôt si, j’avais des douleurs du au manque d’opiacés, ce que j’ignorais complètement à ce moment là, je ne savais même pas ce qu’était un effet de manque, bref j’avais mal, je consommais, ce qui me donnait très bonne conscience de continuer à consommer.

C’est quand même bien fait tout ce mécanisme, le corps humain est très bien fait car là ce n’était plus moi qui étais maître du jeu mais mon corps, le corps humain est capable de nous faire faire de grandes choses, néanmoins l’inverse est tout aussi possible et dans un sens comme dans l’autre, il s’applique très bien dans ce qu’il nous fait faire.

Il y a encore plus vicieux que notre corps, nous, nous avons été dotés d’un outil qu’à mon sens tout être humain a sur terre, la faculté de penser, un outil merveilleux et inépuisable qui nous sert à tous moments de notre vie, sauf que ce bel outil nous a été livré sans mode d’emploie donc nous pouvons en faire ce que nous voulons, comme se donner bonne conscience.

-Pour revenir à ma consommation d’alcool qui avait baissé au moment de me mettre en ménage avec mon épouse, qui ne l’était pas encore bien sur.

Cette baisse n’a évidemment pas duré longtemps, elle a duré juste le temps que ma copine s’habitue de me voir boire mon verre, enfin un seul à la fois, le soir après une dure journée de labeur ce qui était la moindre des choses, ben voyons.

Les jours où je ne travaillais pas c'est-à-dire un jour par semaine de congé, il n’y avait pas de dur labeur, mais il y avait aussi mon verre toujours un seul à la fois, bien entendu, parce que c’était mon jour de congé et qu’on n’allait pas m’interdire de boire un petit verre ce jour là pour décompresser de ma semaine de dur labeur, qui lui aussi se remplissait très souvent, non mais hé ho, le jour de mon congé bien mérité, on va pas tout m’interdire non plus, ben oui la bonne conscience quoi.

Le plus étrange était qu’à chaque fois que je buvais un verre, c'est-à-dire tous les jours, j’avais vraiment l’impression que cela faisait des lustres que je n’avais pas bu, c’est fou comme nous oublions vite certaines choses et pas d’autres, tous les soirs j’avais oublié que le jour avant je m’étais mis minable, par contre de boire mon verre qui se remplissait constamment, ça je ne l’oubliais jamais, bizarre non ?

Il y a des mots, des phrases qu’on répète assez fréquemment dans une vie d’addict, comme le « c’est bon pour une fois » « une fois n’est pas coutume » ou alors celle-ci, ma préférée « c’est fini je ne boirai plus jamais. »

Si j’avais gagné un euro à chaque fois que je me suis juré ne plus jamais boire, je serais à l’abri du besoin financier aujourd’hui, il faut dire que j’y ai gagné bien plus avec le baclofène, c'est-à-dire la vie mais j’y reviendrai plus tard.

Je repense souvent aux choses que je pouvais faire en étant complètement bourré, il me vient à l’esprit une anecdote.

C’est au mois aout 1998 je connaissais mon épouse que depuis seulement 9 mois quand sa sœur ainée s’est marié, la journée s’annonçait très longue un déjeuné et une diner.

Le soir alors que j’avais déjà bien bu j’ai commencé pour je ne sais quelle raison à me prendre la tète avec mon épouse, sans doute parce que je sentais que le trop plein allait arriver, que je n’allais plus pouvoir étanchéifier ma soif pour calmer cette frustration, j’ai bien essayé de tempérer ma boisson mais la machine était mise en route, plus moyen de l’arrêter je me suis fait passer pour une minable je ne vous raconte pas.

Je sais que mon épouse à pleuré un moment, pourquoi je ne sais toujours pas aujourd’hui, j’ai insulté un des ses potes du village ça je m’en souviens vaguement, j’ai dansé comme un taré bref un vrai fou furieux.

Rien que d’y repenser là quand je l’écris j’en ai encore honte, il y a prescription néanmoins je n’oublie pas, je n’oublie pas le peu de souvenirs qu’il m’en reste parce que ce sont des choses qui me resteront gravées à jamais.

C’est indispensable pour pouvoir avancer de me souvenir d’où je suis revenu, pour vouloir et savoir où je veux aller.

C’est à ce moment que j’ai de nouveau augmenté ma consommation d’opiacés sous forme de sirop à la codéine, j’en achetais une bouteille par jour, les jours de fête ça pouvait aller jusqu’à 3, elles contenaient au moins de1.8gr de phosphate de codéine, de la codéine quoi.

Je trouvais l’effet de la codéine très sympathique parce que je me sentais super bien avec, sans les désagréments de l’état d’ébriété que pouvait engendrer l’alcool, bizarrement cet état que je n’affectionnais pas du tout me manquait un peu, j’y voyais déjà un peu une porte de sortie pour me sortir de l’alcool qui devenait pour moi assez problématique, j’avais déjà perdu une petite amie à cause de ce problème, par conséquent c’était pour moi un bonne alternative.

Sans le savoir je commençais à me substituer aux opiacés, ce n’était pas la meilleur idée que j’ai eu mais je n’avais trouvé que cela.

-De 1997 à 2000 je travaillais dans mon restaurant à Bruxelles, je m’étais donné comme règle de ne pas boire d’alcool en travaillant mais cette règle était constamment bafouée, tous les jours à vrai dire, je mélangeais du vin blanc dans du coca pour que cela passe inaperçu ce qui ne passait pas inaperçu c’était mon état en fin de journée.

Le cocktail opiacés et alcool était un mélange détonnant, c’est le moins qu’on puisse dire, je me réveillais tous les matins de cette période là avec une sacrée envie de ne plus jamais boire de ma vie, cette même envie se volatilisait tous les soirs vers 21h00, je pouvais vider deux litres de blanc de cuisine chaud avec du coca en une heure, c’était le premier le plus dure à boire le deuxième était déjà plus facile à boire, les suivants étaient du « pur bonheur ».

Quand arrivait 22h30, devinez ce que je faisais avec mes employés ? Je buvais l’apéritif car nous mangions après le service du soir c'est-à-dire vers 23h30 voir 00h30 tout dépendait du monde que nous avions eu durant la soirée.

Là je buvais du vin rosé à raison d’une bouteille et demie à deux bouteilles, apéro et repas compris.

Après le travaille il n’était pas rare que je sorte encore boire un verre avec des amis ou tout seul, je savais que j’allais certainement faire la rencontre de personnes que je connaissais, si je rentrais directement à la maison je me prenais toujours une bouteille de deux litres de vin rosé, que je vidais devant la télévision chez moi, ou alors j’avais de la codéine que je prenais pour me donner le coup grâce, inutile de vous dire qu’après ça je m’effondrais là où je me trouvais.

Il m’est arrivé de m’endormir arrêté devant chez moi, dans ma voiture la portière ouverte, sous la pluie le moteur tournant, c’est la police qui passait par là qui m’a réveillé, j’étais trempé jusqu’aux os et je dormais comme ça.

Je me suis aussi très souvent réveillé dans la cage d’escalier de mon appartement, sous les boites aux lettres, oui sous les boites aux lettres, je ne sais même pas moi-même ce que je faisais là, sans doute je trouvais l’endroit sympa et que je n’avais plus la force d’aller plus loin, que sais-je, mais même aujourd’hui je ne me l’explique pas.

Tous les matins quand de telles choses arrivaient, il me venait des angoisses terribles d’autant plus que je ne me souvenais pas du tout de comment j’avais atterri là ni même où j’avais été, puisque quand je quittais mon resto j’étais déjà bourré, j’avais des trous de mémoire énormes, je ne savais même pas si j’avais été désagréable avec les personnes avec qui j’étais pendant la soirée.

Je devais à chaque fois attendre, avec une angoisse terrible, de voir si quelqu’un me disait quelque chose que j’aurais fait ou dit, puisque je ne me rappelais plus de rien.

Il m’arrivait souvent de me faire passer pour un véritable con aux yeux de tout le monde, et là je pèse mes mots, soyez- en sur.

-J’ai eu beaucoup de chance car de 1992 à 1998, je louais des appartements que je laissais au gré de mes soulographies, je versais des cautions que je pouvais perdre quelques semaines après, tout ça parce que l’alcool et les opiacés me faisaient faire n’importe quoi.

Mais je n’avais pas le choix, je devais boire, je devais prendre ces foutus opiacés sinon ma vie n’aurait été que tristesse, vide, angoisse, là je faisais totalement n’importe quoi, je le savais mais je ne mesurais pas du tout l’impact, j’en étais incapable.

Ce dérèglement qui se passait dans ma caboche m’empêchait de raisonner comme une personne normale, je me noyais dans un verre d’eau, des choses qui étaient d’une évidence implacable, je ne les voyais pas, je ne les comprenais pas.

Il est arrivé bien des fois ou les gens se posaient des questions à mon sujet, à savoir si j’étais vraiment bête ou si je le faisais exprès, j’arrivais parfois à faire passer ça pour de la plaisanterie mais pas toujours, ce qui m’a valu de me faire passer pour un ignorant assez souvent.

Ce qu’il m’était impossible d’avoir c’était un juste milieu dans tout, dans mon métier c’était assez difficile comme j’étais cuisinier, il m’arrivait souvent d’assaisonner des plats beaucoup trop fort ou pas du tout, bien souvent je m’abstenais de faire quelque chose parce que j’avais peur et étais sur de ne pas pouvoir le faire convenablement du à cette manie du tout ou rien.

Je pouvais un jour avoir une patience énorme et le lendemain envoyer tout foutre en l’air, tout ça parce que je n’arrivais pas à structurer les choses dans mon esprit.

Aujourd’hui tout cela est fini, j’arrive à faire la part des choses, à structurer un emploi du temps quand je commence quelque chose tout est clair dans mon esprit, j’arrive à relativiser ce qu’il m’était totalement impossible avant.

En Juin 2000 je me suis marié avec ma copine car nous avions comme objectif d’acheter un hôtel-restaurant en France, dans le village à côté du sien en Lorraine, ce qui fut fait.

Nous avons ouvert le 2 Septembre 2000 après avoir fait des rénovations pendant plus de deux mois avec l’aide de la famille et des amis, c’était un très grand établissement et il fallait quasiment tout refaire.

Donc casser tout pour remettre tout à neuf, ce n’était pas triste du tout, là encore il y avait le dur labeur, la bonne conscience je peux vous dire que cette bonne conscience elle s’en est donné à cœur joie, un soir sur deux j’étais complètement HS.

Mais le lendemain j’étais là à bosser, c’est à ce moment là qu’a commencer le rituel des opiacés du lendemain de la veille, j’y ai vite pris goût je peux vous en assurer.

Là-bas les gens n’aimaient pas de voir boire le patron d’un établissement, cela les faisaient fuir ça se comprend, il me restait mon grand principe de ne pas boire d’alcool en travaillant, oui celui-là qui valsait en éclat tous les soirs pour laisser place à une bouteille de rosé de deux litres, ben oui si je ne pouvais boire un verre avec mes clients, il fallait bien que je me rattrape, je n’allais pas me laisser mourir de soif quand même.

*Quand j’avais fini mon service et fermé mon établissement avec mon épouse, nous rentrions dans notre appartement privé, dans lequel nous n’avions ni salle à manger, ni cuisine juste un petit salon, deux chambre et un petit bureau.

Nous nous faisions à manger et nous mangions au dans notre établissement, puisque l’appartement se trouvait juste au dessus de ce dernier…

A ce moment là je prenais peu d’opiacés à la fois, c'est-à-dire 4 comprimés à la fois mais assez souvent, je m’envoyais quand même 2 boites de codoliprane (dafalgan codéine) sur la nuit, ah oui parce que sous opiacés je ne trouvais pas souvent le sommeil, enfin presque jamais je dormais à peu de choses près 2 heures par nuit au grand maximum.

Je restais devant mon téléviseur la bouche aride et la langue qui n’avait rien à envier à un vieux morceau de toile jute poussiéreux, je m’envoyais des litres de coca-cola assis dans un fauteuil rafistolé de toutes parts tellement ces litres de coca-cola me faisaient grossir à vue d’œil.

Je commençais aussi à sentir cette odeur de rat en putréfaction, qui n’était autre que mon foie qui criait au secours, qui m’implorait d’arrêter de le flageller, car l’alcool qui à ce moment là faisait encore énormément partie de ma vie, que dis-je beaucoup trop même mais pas le choix.

Couplé aux doses gargantuesques de paracétamol que je me mettais dans le cornet, je peux juste vous dire qu’il en a vu.

Il m’était devenu indispensable de réguler ce déficit qui m’avait rendu la vie si dure pendant mon enfance et mon adolescence, j’étais usé de lutter contre ce mal être, puis l’alcool et les opiacés le faisaient si bien à ce moment là.

Il se produisait un autre phénomène assez curieux car si je ne dormais pas, c’était aussi par peur l’établissement était tellement grand que j’avais fait installer des caméras partout et j’avais un moniteur dans le salon, ce qui me permettait de surveiller presque partout, je devais voir si personne ne s’introduisait dans l’établissement, c’était une phobie pour moi.

Cette situation a duré pendant les deux dernières années sur les trois ans que nous sommes restés là-bas.

Je me réveillais bien évidemment avec une tête de déterré, ce qui me « forçait » à déjeuner avec, je vous le donne en mille, une bonne petite rasade de……… ben oui, de codéine pour me remettre de ma nuit d’insomnie à cause de la codéine.

Conclusion je prenais de la codéine dés le lever parce que je n’avais pas dormi à cause que j’en avais trop pris la nuit, dans le genre tourner en rond on aurait eu difficile de faire mieux, ne croyez-vous pas ?

Je ne suis pas fier de ce que je vais vous révéler dans ce qui suit mais pour être honnête, si je veux relater ma vie d’addict je dois en parler c’est impératif.

Il m’arrivait très souvent de ne pas me laver, c'est-à-dire que je me lavais très rarement, je ne peux expliquer ça mais je me sentais bien dans mon odeur corporelle, qui du reste était une infection.

En fait tant que j’avais ma dose d’alcool ou d’opiacés je pouvais puer la rage j’étais bien, complètement déconnecté de la réalité, quelqu’un m’aurait dit à ce moment là que j’avais contracté le virus du sida, je n’en aurais pas vraiment rigolé certes néanmoins je l’aurais accepté sans me poser aucune questions.

J’étais bien dans mon trip, ma vie n’avait vraiment plus de valeur en fait plus rien n’avait de valeur, j’étais comme en paix avec moi-même, c’est une sensation très étrange, je me disais souvent que j’allais certainement un jour en crever de ce que je faisais mais le moment de bonheur intense que cela me procurait le valait bien, c’est effrayant d’en arriver là.

Maintenant avec le recul, depuis ma guérison j’y repense parfois, je me dis qu’une maladie peut nous faire penser et faire, faire des choses invraisemblables, que nous ne maîtrisons rien du tout face à la maladie.

En septembre 2003 nous sommes rentrés en Belgique, parce que nous avions fait faillite en France, je pense que mes addictions n’y étaient pas étrangères, elles n’étaient peut être pas les seules responsables, néanmoins elles y ont bien contribué.

J’ai jonglé avec l’alcool à outrance et les opiacés à la louche jusqu’en septembre 2004, j’en avais marre d’écumer les pharmacies pour des bouteilles de sirop à la codéine, qui une fois acheté étaient avalées en trente secondes, j’allais aussi écumer les pharmacies de la frontière française à la chasse aux codolipranes, car en Belgique les dafalgan codéine n’étaient plus en vente libre.

Le samedi matin je me levais très tôt pour aller chercher ma drogue, je commençais par aller en France, ce qui représentait un trajet de 30 kilomètres aller et 30 kilomètres retour, pour écumer les pharmacies de la frontière, ensuite je me rabattais sur les pharmacies belge pour acheter des bouteilles de sirop très puissant au laudanum, je faisais mes provisions pour le week-end sauf que bien souvent le marché fait le samedi matin ne me tenait que le samedi, ce qui représentait la somme de 150 euros, très souvent Je repense souvent aux choses que je pouvais faire en étant complètement bourré, il me vient à l’esprit une anecdote.

C’est au mois aout 1998 je connaissais mon épouse que depuis seulement 9 mois quand sa sœur ainée s’est marié, la journée s’annonçait très longue un déjeuné et une diner.

Le soir alors que j’avais déjà bien bu j’ai commencé pour je ne sais quelle raison à me prendre la tète avec mon épouse, sans doute parce que je sentais que le trop plein allait arriver, que je n’allais plus pouvoir étanchéifier ma soif pour calmer cette frustration, j’ai bien essayé de tempérer ma boisson mais la machine était mise en route, plus moyen de l’arrêter je me suis fait passer pour une minable je ne vous raconte pas.

Je sais que mon épouse à pleuré un moment, pourquoi je ne sais toujours pas aujourd’hui, j’ai insulté un des ses potes du village ça je m’en souviens vaguement, j’ai dansé comme un taré bref un vrai fou furieux.

Rien que d’y repenser là quand je l’écris j’en ai encore honte, il y a prescription néanmoins je n’oublie pas, je n’oublie pas le peu de souvenirs qu’il m’en reste parce que ce sont des choses qui me resteront gravées à jamais.

C’est indispensable pour pouvoir avancer de me souvenir d’où je suis revenu, pour vouloir et savoir où je veux aller.

C’est à ce moment que j’ai de nouveau augmenté ma consommation d’opiacés sous forme de sirop à la codéine, j’en achetais une bouteille par jour, les jours de fête ça pouvait aller jusqu’à 3, elles contenaient au moins de1.8gr de phosphate de codéine, de la codéine quoi.

Je trouvais l’effet de la codéine très sympathique parce que je me sentais super bien avec, sans les désagréments de l’état d’ébriété que pouvait engendrer l’alcool, bizarrement cet état que je n’affectionnais pas du tout me manquait un peu, j’y voyais déjà un peu une porte de sortie pour me sortir de l’alcool qui devenait pour moi assez problématique, j’avais déjà perdu une petite amie à cause de ce problème, par conséquent c’était pour moi un bonne alternative.

Sans le savoir je commençais à me substituer aux opiacés, ce n’était pas la meilleur idée que j’ai eu mais je n’avais trouvé que cela.

-De 1997 à 2000 je travaillais dans mon restaurant à Bruxelles, je m’étais donné comme règle de ne pas boire d’alcool en travaillant mais cette règle était constamment bafouée, tous les jours à vrai dire, je mélangeais du vin blanc dans du coca pour que cela passe inaperçu ce qui ne passait pas inaperçu c’était mon état en fin de journée.

Le cocktail opiacés et alcool était un mélange détonnant, c’est le moins qu’on puisse dire, je me réveillais tous les matins de cette période là avec une sacrée envie de ne plus jamais boire de ma vie, cette même envie se volatilisait tous les soirs vers 21h00, je pouvais vider deux litres de blanc de cuisine chaud avec du coca en une heure, c’était le premier le plus dure à boire le deuxième était déjà plus facile à boire, les suivants étaient du « pur bonheur ».

Quand arrivait 22h30, devinez ce que je faisais avec mes employés ? Je buvais l’apéritif car nous mangions après le service du soir c'est-à-dire vers 23h30 voir 00h30 tout dépendait du monde que nous avions eu durant la soirée.

Là je buvais du vin rosé à raison d’une bouteille et demie à deux bouteilles, apéro et repas compris.

Après le travaille il n’était pas rare que je sorte encore boire un verre avec des amis ou tout seul, je savais que j’allais certainement faire la rencontre de personnes que je connaissais, si je rentrais directement à la maison je me prenais toujours une bouteille de deux litres de vin rosé, que je vidais devant la télévision chez moi, ou alors j’avais de la codéine que je prenais pour me donner le coup grâce, inutile de vous dire qu’après ça je m’effondrais là où je me trouvais.

Il m’est arrivé de m’endormir arrêté devant chez moi, dans ma voiture la portière ouverte, sous la pluie le moteur tournant, c’est la police qui passait par là qui m’a réveillé, j’étais trempé jusqu’aux os et je dormais comme ça.

Je me suis aussi très souvent réveillé dans la cage d’escalier de mon appartement, sous les boites aux lettres, oui sous les boites aux lettres, je ne sais même pas moi-même ce que je faisais là, sans doute je trouvais l’endroit sympa et que je n’avais plus la force d’aller plus loin, que sais-je, mais même aujourd’hui je ne me l’explique pas.

Tous les matins quand de telles choses arrivaient, il me venait des angoisses terribles d’autant plus que je ne me souvenais pas du tout de comment j’avais atterri là ni même où j’avais été, puisque quand je quittais mon resto j’étais déjà bourré, j’avais des trous de mémoire énormes, je ne savais même pas si j’avais été désagréable avec les personnes avec qui j’étais pendant la soirée.

Je devais à chaque fois attendre, avec une angoisse terrible, de voir si quelqu’un me disait quelque chose que j’aurais fait ou dit, puisque je ne me rappelais plus de rien.

Il m’arrivait souvent de me faire passer pour un véritable con aux yeux de tout le monde, et là je pèse mes mots, soyez- en sur.

-J’ai eu beaucoup de chance car de 1992 à 1998, je louais des appartements que je laissais au gré de mes soulographies, je versais des cautions que je pouvais perdre quelques semaines après, tout ça parce que l’alcool et les opiacés me faisaient faire n’importe quoi.

Mais je n’avais pas le choix, je devais boire, je devais prendre ces foutus opiacés sinon ma vie n’aurait été que tristesse, vide, angoisse, là je faisais totalement n’importe quoi, je le savais mais je ne mesurais pas du tout l’impact, j’en étais incapable.

Ce dérèglement qui se passait dans ma caboche m’empêchait de raisonner comme une personne normale, je me noyais dans un verre d’eau, des choses qui étaient d’une évidence implacable, je ne les voyais pas, je ne les comprenais pas.

Il est arrivé bien des fois ou les gens se posaient des questions à mon sujet, à savoir si j’étais vraiment bête ou si je le faisais exprès, j’arrivais parfois à faire passer ça pour de la plaisanterie mais pas toujours, ce qui m’a valu de me faire passer pour un ignorant assez souvent.

Ce qu’il m’était impossible d’avoir c’était un juste milieu dans tout, dans mon métier c’était assez difficile comme j’étais cuisinier, il m’arrivait souvent d’assaisonner des plats beaucoup trop fort ou pas du tout, bien souvent je m’abstenais de faire quelque chose parce que j’avais peur et étais sur de ne pas pouvoir le faire convenablement du à cette manie du tout ou rien.

Je pouvais un jour avoir une patience énorme et le lendemain envoyer tout foutre en l’air, tout ça parce que je n’arrivais pas à structurer les choses dans mon esprit.

Aujourd’hui tout cela est fini, j’arrive à faire la part des choses, à structurer un emploi du temps quand je commence quelque chose tout est clair dans mon esprit, j’arrive à relativiser ce qu’il m’était totalement impossible avant.

En Juin 2000 je me suis marié avec ma copine car nous avions comme objectif d’acheter un hôtel-restaurant en France, dans le village à côté du sien en Lorraine, ce qui fut fait.

Nous avons ouvert le 2 Septembre 2000 après avoir fait des rénovations pendant plus de deux mois avec l’aide de la famille et des amis, c’était un très grand établissement et il fallait quasiment tout refaire.

Donc casser tout pour remettre tout à neuf, ce n’était pas triste du tout, là encore il y avait le dur labeur, la bonne conscience je peux vous dire que cette bonne conscience elle s’en est donné à cœur joie, un soir sur deux j’étais complètement HS.

Mais le lendemain j’étais là à bosser, c’est à ce moment là qu’a commencer le rituel des opiacés du lendemain de la veille, j’y ai vite pris goût je peux vous en assurer.

Là-bas les gens n’aimaient pas de voir boire le patron d’un établissement, cela les faisaient fuir ça se comprend, il me restait mon grand principe de ne pas boire d’alcool en travaillant, oui celui-là qui valsait en éclat tous les soirs pour laisser place à une bouteille de rosé de deux litres, ben oui si je ne pouvais boire un verre avec mes clients, il fallait bien que je me rattrape, je n’allais pas me laisser mourir de soif quand même.

*Quand j’avais fini mon service et fermé mon établissement avec mon épouse, nous rentrions dans notre appartement privé, dans lequel nous n’avions ni salle à manger, ni cuisine juste un petit salon, deux chambre et un petit bureau.

Nous nous faisions à manger et nous mangions au dans notre établissement, puisque l’appartement se trouvait juste au dessus de ce dernier…

A ce moment là je prenais peu d’opiacés à la fois, c'est-à-dire 4 comprimés à la fois mais assez souvent, je m’envoyais quand même 2 boites de codoliprane (dafalgan codéine) sur la nuit, ah oui parce que sous opiacés je ne trouvais pas souvent le sommeil, enfin presque jamais je dormais à peu de choses près 2 heures par nuit au grand maximum.

Je restais devant mon téléviseur la bouche aride et la langue qui n’avait rien à envier à un vieux morceau de toile jute poussiéreux, je m’envoyais des litres de coca-cola assis dans un fauteuil rafistolé de toutes parts tellement ces litres de coca-cola me faisaient grossir à vue d’œil.

Je commençais aussi à sentir cette odeur de rat en putréfaction, qui n’était autre que mon foie qui criait au secours, qui m’implorait d’arrêter de le flageller, car l’alcool qui à ce moment là faisait encore énormément partie de ma vie, que dis-je beaucoup trop même mais pas le choix.

Couplé aux doses gargantuesques de paracétamol que je me mettais dans le cornet, je peux juste vous dire qu’il en a vu.

Il m’était devenu indispensable de réguler ce déficit qui m’avait rendu la vie si dure pendant mon enfance et mon adolescence, j’étais usé de lutter contre ce mal être, puis l’alcool et les opiacés le faisaient si bien à ce moment là.

leahahia
Portrait de cgelitti

DIEU DU CIEL, QUE JE SUIS 120% D'ACCORD AVEC MURIEL...LE BIEN IMMENSE DE VOUS LIRE, OUI VOUS DEVRIEZ ÉCRIRE UN  LIVRE...CHER PASCAL..ET OUI VOUS MÉRITEZ UNE BELLE VIE...MOI JE DIRAIS QUE JE SUIS DANS LE MILIEU DE L'ENFER... MAIS J'Y TRAVAILLE, ET APRÈS VOUS AVOIR LU, ÇA M'A CARBURÉ À FOND... ÇA ME DONNE DU COURAGE POUR LA SUITE...JE SUIS ALCOOLIQUE...ÇA FAIT À PEU PRÈS UN AN QUE JE NE BOIS PLUS, (SAUF QUELQUES RECHUTES, ET ON SAIT CE QUE C'EST )...MAIS QUE DIEU M'ENTENDE,  CES RECHUTES VONT DIMINUER, JUSQU'A  PLUS DE RECHUTE..... JE DEVRAI VOUS RELIRE TOUS LES JOURS SI IL LE FAUT, MAIS VOUS ÊTES VRAIMENT UNE BOUÉE DE SAUVETAGE...JE VAIS ARRÊTER MES TYLÉNOLS, (CAR MOI AUSSI J'AI MAL DANS LE DOS )   QUI SONT D'AILLEURS DÉCONSEILLÉES POUR UN ALCOLO...CE QU'EFFECTIVEMENT LE MÉDECIN NE ME DIRA JAMAIS..MÊME QU'ELLE M'A PRESCRIT DE LA CODÉINE, ET QUE J'AI ARRÊTÉ...MERCI MON DIEU...ET  J'ESPÈRE AVOIR LA VOLONTÉ, CAR OUI  ÇA EN PREND, UN PEU BEAUCOUP...POUR CESSER MES RECHUTES...MON FOIE EST ATTAQUÉ, J'ESPÈRE QUE ÇA VA L'AIDER,  MES PRISES DE SANG NE SONT PAS BELLES (TROP HAUT POUR LES GAMMAS), MAIS BON , UN NOUVEL EFFORT M'ATTEND...ET SEIGNEUR QUE J'Y CROIS, GRÂCE À VOUS.  MERCI INFINIMENT, JE VOUS AI LU AU COMPLET, ET JE CROIS QU'AVEC L'AIDE DE DIEU, DE MON ANGE GARDIEN, CAR JE SUIS TRÈS CROYANTE...ÇA VA M'AIDER, ET SURTOUT VOTRE TÉMOIGNAGE...JE NE SERAI PLUS ANONYME, JE VAIS M'ASSUMER ENCORE PLUS.  QUE DIEU VOUS BÉNISSE ET VOUS FASSES VIVRE LA BELLE VIE QUE VOUS MÉRITEZ...C'EST SI AGRÉABLE DE BIEN VIVRE....MAIS JE SUIS BEAUCOUP PLUS VIEILLE QUE VOUS...CHÉ PAS SI ÇA VA FONCTIONNER,  SINON, CE NE SERA PAS PARCE QUE JE N'ESSAIERAI PAS...

MERCI ENCORE...ET JE VOUS SOUHAITES UNE TRÈS BELLE VIE, ET À VOTRE FAMILLE AUSSI...  GROS BISOUS.... 

Pascal-Gramme
Portrait de cgelitti

Il se produisait un autre phénomène assez curieux car si je ne dormais pas, c’était aussi par peur l’établissement était tellement grand  que j’avais fait installer des caméras partout et j’avais un moniteur dans le salon, ce qui me permettait de surveiller presque partout, je devais voir si personne ne s’introduisait dans l’établissement, c’était une phobie pour moi.

 

Cette situation a duré pendant les deux dernières années sur les trois ans que nous sommes restés là-bas.

 

Je me réveillais bien évidemment avec une tête de déterré, ce qui me « forçait » à déjeuner avec, je vous le donne en mille, une bonne petite rasade de……… ben oui, de codéine pour me remettre de ma nuit d’insomnie à cause de la codéine.

 

Conclusion je prenais de la codéine dés le lever parce que je n’avais pas dormi à cause que j’en avais trop pris la nuit, dans le genre tourner en rond on aurait eu difficile de faire mieux, ne croyez-vous pas ?

 

Je ne suis pas fier de ce que je vais vous révéler dans ce qui suit mais pour être honnête, si je veux relater ma vie d’addict je dois en parler c’est impératif.

 

Il m’arrivait très souvent de ne pas me laver, c'est-à-dire que je me lavais très rarement, je ne peux expliquer ça mais je me sentais bien dans mon odeur corporelle, qui du reste était une infection.

 

En fait tant que j’avais ma dose d’alcool ou d’opiacés je pouvais puer la rage j’étais bien, complètement déconnecté de la réalité, quelqu’un m’aurait dit à ce moment là que j’avais contracté le virus du sida, je n’en aurais pas vraiment rigolé certes  néanmoins je l’aurais accepté sans me poser aucune questions.

 

J’étais bien dans mon trip, ma vie n’avait vraiment plus de valeur en fait plus rien n’avait de valeur, j’étais comme en paix avec moi-même, c’est une sensation très étrange, je me disais souvent que j’allais certainement un jour en crever de ce que je faisais mais le moment de bonheur intense que cela me procurait le valait bien, c’est effrayant d’en arriver là.

 

Maintenant avec le recul, depuis ma guérison j’y repense parfois, je me dis qu’une maladie peut nous faire penser et faire, faire des choses invraisemblables, que nous ne maîtrisons rien du tout face à la maladie.

 

En septembre 2003 nous sommes rentrés en Belgique, parce que nous avions fait faillite en France, je pense que mes addictions n’y étaient pas étrangères, elles n’étaient peut être pas les seules responsables, néanmoins elles y ont bien contribué.

 

J’ai jonglé avec l’alcool à outrance et les opiacés à la louche jusqu’en septembre 2004, j’en avais marre d’écumer les pharmacies pour des bouteilles de sirop à la codéine, qui une fois acheté étaient avalées en trente secondes, j’allais aussi écumer les pharmacies de la frontière française à la chasse aux codolipranes, car en Belgique les dafalgan codéine n’étaient plus en vente libre.

 

Le samedi matin je me levais très tôt pour aller chercher ma drogue, je commençais par aller en France, ce qui représentait un trajet de 30 kilomètres aller et 30 kilomètres retour, pour écumer les pharmacies de la frontière, ensuite je me rabattais sur les pharmacies belge pour acheter des bouteilles de sirop très puissant au laudanum, je faisais mes provisions pour le week-end sauf que bien souvent le marché fait le samedi matin ne me tenait que le samedi, ce qui représentait la somme de 150 euros, très souvent le dimanche matin la première chose que je faisais en me levant était d’aller voir où se trouvait la pharmacie de garde, pour un réapprovisionnement car la nuit de samedi à dimanche ben c’était la fête puisque je ne travaillais pas le dimanche.

 

C’est à ce moment là que j’ai su diminuer ma consommation d’alcool, ben oui j’étais sous opiacés 24h/24h, j’en prenais même la nuit toujours le même schéma, consommation du jour pour calmer le manque, consommation la nuit pour calmer le manque, consommation du matin pour me remettre d’avoir calmé le manque de la nuit.

 

J’arrivais à avoir un rythme sur l’alcool « grâce » aux opiacés, c'est-à-dire que je ne buvais plus que le samedi soir, puisque je ne travaillais pas le dimanche, donc c’était cette vieille bonne conscience qui revenait me dire qu’après une longue semaine de dur labeur, je pouvais m’en mettre plein le cornet.

 

 Qui plus est en 2004 mon fils grandissait, il rentrait à l’école maternelle, je ne voulais pas qu’il ait un père buveur et encore moins toxicomane, n’en pouvant plus de tout ça et étant au bord du gouffre.

 

Je suis donc allé consulter mon médecin traitant, je lui ai tout déballé, lui m’a écouté avec une tête assez décomposée, on aurait dit qu’il avait un extraterrestre devant lui, oui E.T. téléphone maison, un genre à ça.

 

Après il a pris son air sérieux et m’a expliqué qu’il fallait descendre progressivement la codéine, il  m’a prescrit des médicaments, paroxétine, xanax et de la codéine, il m’a dit « voilà avec ça vous êtes tiré d’affaire », il m’a expliqué comment les prendre et je suis sorti de son cabinet confiant du truc.

 

Sauf que « tiré d’affaire » se résumait à sa plus simple expression, j’ai pourtant commencé en bon élève, un paroxétine le matin et un xanax quand il fallait, tout en diminuant la codéine, voilà les explications de mon médecin traitant (qui ne l’est plus maintenant).

 

J’allais chercher mes médicament et ma codéine chez mon médecin (dealer), tout se passait bien quoi, quand il ne me donnait pas assez de codéine, ben j’allais en rechercher ailleurs, car son traitement avait une efficacité proche de zéro.

 

Voyant que le traitement ne faisait pas effet j’ai augmenté peu à peu les doses, ben oui mon médecin m’avait dit « avec ça vous êtes tiré d’affaire » donc je me suis dit qu’il s’était trompé dans le dosage, ce qui fais que je suis monté, mais bien monté, je n’ai jamais ressenti un seul effet bénéfique de ce traitement.

 

En revanche j’ai eu d’autres effets secondaires, qui eux étaient bien moins sympathique, je dormais déjà beaucoup avec les opiacés, sauf la nuit bien entendu mais là c’était impressionnant alors pour tenir le coup je prenais des opiacés qui eux me stimulaient, sans eux je m’écroulais.

 

(Je sens que là vous êtes un peu perdu, il ne dormait pas la nuit mais il dormait déjà beaucoup avec les opiacés, vous vous dites, ce qui est normal je pense).

 

Là une petite explication s’impose, quand je prenais les opiacés je devenais invincible, plus de fatigue et tout allait bien même si ce n’était pas le cas du tout, c’est une fois que la descente s’opérait que la fatigue se faisait sentir, comme la fatigue arrivait le manque la suivait juste derrière, ce qui entraînait une reconsommation.

 

Il m’arrivait de m’écrouler de fatigue, néanmoins j’étais assez vite réveillé par le manque du produit, voilà j’espère vous avoir éclairé.)  

 

J’avais aussi perdu toute ma virilité, la libido sous opiacés n’était déjà pas terrible mais là c’était le summum, j’avais une érection tous les 36 du mois, je ne me reconnaissais plus, j’avais 32 ans et j’étais fini, sexuellement parlant je n’étais plus rien.

 

Je gonflais de partout, j’étais arrivé à perdre du poids en 2003 que j’ai très vite repris en 2004 avec ce traitement.

 

Et puis un jour, j’ai eu l’immense surprise de me rendre compte que j’étais devenu complètement accro à ces médicaments, je ne vous dis pas comme j’étais heureux de découvrir cela.

 

Fin 2004 nous avons eu un coup dur financièrement, ce qui fait que je ne savais pas me payer le traitement, ni même aller m’acheter des opiacés, je suis donc tombé à sec, j’ai vite compris ma douleur, je suis resté une semaine comme ça, cette semaine je m’en rappellerai toute ma vie, je vous le garanti, d’autant plus que ce n’est pas arrivé une fois.

 

Mon épouse ne comprenait pas, mon fils non plus, ils me voyaient tous les deux très mal mais comment leur expliquer que je devenais complètement fou en moi, je n’arrivais plus à aligner trois mots, je tremblais, ma mâchoire bougeait toute seul, en fait je claquais des dents tout le temps, sans même avoir froid.

 

J’avais aussi la sensation de sautiller sur place, j’essayais de maîtriser mais c’était au dessus de mes forces, c’était comme une force extérieure qui me manipulait.

 

A cela s’ajoutait le manque d’opiacés, le manque physique qui se traduisait par des crampes nocturne et diurne, c’était comme si mes membres se tordaient entre eux dans une douleur inhumaine, à ça il fallait rajouter la dysenterie, je me liquéfiais de partout, ça me sortait par le nez, bref je n’étais pas très bien pour ainsi dire.

 

Si je n’avais eu que cela, je me serais estimé heureux mais il y a pire que le manque physique, il y a le manque cérébrale, celui-là est tenace, il ne me lâchait pas une seconde quoi que je faisais, il était là.

 

Je ne pensais qu’à ça 24h/24h, les opiacés, la codéine, il me faut de la codéine, je raclais les fond des bouteilles de sirop qui trainaient un peu partout chez moi, je les rinçais à l’eau pour en avoir un peu, tout ça pour calmer ce craving incessant.

 

J’étais  prisonnier et esclave de ce craving, c’est lui qui me commandait, quand j’avais l’argent, je ne pouvais pas faire autrement que d’aller acheter de la codéine, c’est elle qui régissait toute ma vie, à ce moment là je ne comprenais évidemment pas ce qu’il m’arrivait, je savais juste que sans les opiacés je ne pouvais pas vivre, je m’étais rendu à la dure réalité que j’étais pris eu piège par les opiacés, j’avais abdiqué face à eux.

 

Après il y a le psychique qui travaille, je n’avais plus du tout d’estime de moi, je me trouvais lamentable, sans volonté, oui quand je regardais sur internet dans l’espoir d’avoir une aide, on ne me parlait que de volonté pour arrêter, c’était très contradictoire parce qu’on me parlait de maladie mais il n’y avait pas de traitement si ce n’était la volonté, pour moi la volonté n’était en rien un traitement.

 

Début 2005 le miracle se produisit, j’ai su arrêter la codéine vu que j’en prenais toujours de moins en moins de par notre situation financière.

 

J’ai dur 3 jours après la délivrance totale, si si je vous assure que c’est vrai, je prenais mon traitement à dose de cheval, paroxétine doublée voir triplée, le xanax ben c’était la foire au xanax tous les jour chez moi.

 

A ce moment j’ai retrouvé du travail, je gagnais bien ma vie donc tout allait pour le mieux, plus de codéine, zéro, nada le rêve quoi.

 

Sauf que je rebuvais comme un siphon sans fin, et oui je picolais plus vite que mon ombre, je dois dire que ça n’a pas été directement journalier, au début je buvais un verre le weekend mais quand je dis un verre c’est euphémisme, je m’envoyais plus de 30 à 40 bières sur la nuit.

 

Je terminais mon service du dimanche soir et j’allais directement dans un night shop chercher ma dose de bière, j’y laissais un pognon fou là dedans mais comme tout addict on ne veut pas le voir, j’étais retourné dans le déni.

 

Puis je n’associais pas mon addiction à l’alcool à celle aux opiacés, j’étais à des années lumière de comprendre cela je ne savais même pas que je buvais pour compenser mon manque d’opiacés, j’aurais pu le comprendre étant donné que j’avais compris que si je prenais des opiacés je savais moins boire, là non j’étais complètement à la ramasse.

 

C’est bizarre que j’ai pu le comprendre dans un sens mais pas dans l’autre, je pense que c’est du au fait que j’ai cherché longtemps à me défaire de l’alcool que je n’affectionnais pas du tout, de par le fait qu’il donnait un état d’ébriété qui se voyait, c’est le moins qu’on puisse dire, en revanche j’affectionnais particulièrement les opiacés, parce que eux n’avaient pas cet inconvénient, ils en avaient beaucoup d’autres mais qui ne se voyaient pas trop.

 

Néanmoins ces deux produits avaient le pouvoir un comme l’autre de réguler ce fameux déficit en GABA-B, il était normal que si un me manquait l’autre devait inévitablement prendre sa place.

 

Cette trêve d’opiacés aura duré 4 mois, je pouvais même passer devant une pharmacie cela ne me faisait plus rien du tout, je n’y pensais même plus pendant ces 4 mois, à part que j’étais mal dans ma peau de reboire comme je le faisais et puis il y avait un toujours ce mal être en moins ce vide en moi que je ne m’expliquais pas, je le vivais enfin je le subissais à vrai dire.

 

Comme je ne voulais pas retourner dans l’alcool 4 mois après j’ai repris des opiacés me disant que je n’ai mis que trois jours pour m’en défaire donc c’était tout vu, je reprenais des opiacés pour arrêter l’alcool ensuite j’arrêterais les opiacés comme je l’avais fait la première fois, voilà emballé c’est pesé.

 

Je voyais ça d’une simplicité enfantine, néanmoins je rêvais tout éveillé car si cela c’était passé comme tel, vous imaginez bien que je ne serais pas ici sur un forum qui parle du baclofène.

 

J’ai replongé dans les opiacés puissance 1000 pendant deux an, oui, oui une véritable foire aux opiacés 24h/24h, à la louche que je prenais, la codéine, le tramadol le sirop à la codéine pff fini ça, je prenais maintenant du sirop dit  « anti trachéite » le truc bien puissant qui me mettait tout de suite « à l’aise ».

 

J’absorbais plus de 16 grammes de codéine par jour, encore là je parle d’un minimum, j’étais loin de faire cela pour mon plaisir, je peux vous l’assurer.

 

 Alors oui je vois déjà les gens bien pensant qui pourraient me dire, « oui mais il ne fallait pas retoucher aux opiacés, tu as fait une connerie » enfin bref le genre de paroles que les personnes qui n’y connaissent rien du tout pouvaient dire.

 

Je voudrais bien voir comment ces gens bien pensant réagiraient s’ils avaient ne fut ce qu’une journée de manque à vivre, le « craving » ce mot tellement devenu à la mode dans le monde de l’addiction.

 

De plus voyant que le traitement que mon médecin me donnait ne faisait pas du tout effets, j’ai tout simplement stoppé les frais, non sans mal c’est certain mais avec les opiacés j’ai le sentiments de ne pas en avoir trop bavé, enfin je crois parce que si je n’avais pas eu les opiacés pour m’aider, je n’ose même pas imaginer les effets que j’aurais pu avoir à l’arrêt de ce traitement, bon j’avoue je l’avais quadruplé aussi, dans l’espoir que ça fonctionne mais je ne suis resté qu’avec mon espoir et rien d’autre.

 

J’ai laissé comme ça pendant plus de deux ans, à aller chercher ma drogue dans toutes les pharmacies possible, là où on ne me connaissait pas trop, je me faisais oublier d’un coté puis quand ça devenait trop chaud de l’autre je revenais dans celles où je m’étais fait oublier.

 

Cette mascarade à duré plus de deux ans, sur l’entre fait j’avais changé de médecin traitant, j’en avais trouvé un qui me lâchait de temps en temps de belles ordonnances d’opiacés, ben oui il faut savoir que pour bon nombre de médecins les opiacés médicamenteux ne sont pas de la drogue mais des médicaments, c’est complètement dingue mais où sont-ils, sur quelle planète vivent-ils ?

 

À un moment il faut ouvrir les yeux, la codéine, le tramadol, le dextropropoxyphène, le dextrometorphane, buprénorphine j’en passe et des meilleurs sont des drogues dures, très dures au même titre que l’héroïne, je suis loin d’exagérer mais vraiment loin, un opiacé quel qu’il soit absorbé de n’importe quelle manière, une fois dans l’organisme est métabolisé en morphine pure, ben si on comprend ça on comprend aisément que tous opiacés sont des drogues dures,  pas besoin de d’avoir fait médecine pour comprendre ça.

 

Tient pour le sevrage alcoolique on prescrit du naltrexone (Revia®), c’est un opiacé aussi au même titre que le nalméfène (Revex®) qui est aussi un opiacé donc les médecins (dont le bon docteur Batel) et les laboratoires pharmaceutiques n’y perdent pas le nord, une personne addict à l’alcool pas de soucis monsieur, on lui donne des opiacés comme ça elle ne boira plus, ensuite on lui retire le naltrexone pour qu’elle ne prenne plus rien, a-t-on soigné quelque chose là ?

 

Pour ma part on a rien soigné du tout, la personne est rendue à son triste sort qui est la rechute assurée, après on lui parle de volonté pour bien se foutre encore un peu plus d’elle, tout ça parce que il faut faire du pognon, ni plus ni moins.

 

Je connais des héroïnomanes abstinents qui ont rechuté tout simplement parce qu’un médecin leurs a prescrit de la codéine pour un mal de tête, de toute façon ces personnes auraient rechuté tôt ou tard car l’abstinence est une torture sans nom, néanmoins le fait est que les médecins se voilent la face vis-à-vis des opiacés médicamenteux, une simple ordonnance détruit une vie entière, vous pouvez me croire.

 

Un exemple que j’ai vécu, mon médecin qui savait que j’étais addict à la codéine m’a prescrit un jour un anti douleur pour un mal de dos et comme j’étais déjà sous baclofène il me dit, lisez bien ça « je ne te prescris pas de codéine pour ton dos car on ne va pas tenter le diable, mais je te mets du zaldiar® c’est totalement autre chose, tu verras ça marche bien »

 

Pour information le zaldiar® c’est du paracétamol couplé à du tramadol ce dernier étant un puissant opiacé, vous voyez de quoi je veux parler quand je dis que les médecins n’ont encore pas bien compris ce qu’ils font avec leurs ordonnanciers.

 

J’ai pris ce zaldiar® puisque j’étais et je suis guéri de mon addiction avec le baclofène, néanmoins imaginez un instant que des médecins agissent comme ça avec des gens qui eux n’ont pas le baclofène, ben ça détruit une vie tout simplement.

 

 

Début 2008 j’en avais assez de cette vie qui n’était qu’en fait une survie, je sentais que j’allais y laisser la vie c’était une évidence, à prendre de la codéine à ce rythme là ça n’était plus possible néanmoins le pire était le paracétamol qu’il y avait avec, le paracétamol cette substance en vente libre qui est pourtant si dangereuse.

 

Je m’infligeais des doses de paracétamol incroyable, j’avais une odeur de rat crevé dans la bouche et dans les narines en permanence, j’avais même appris à aimer cette odeur elle était devenue le signe que j’avais de la codéine dans le corps.

 

Là aussi il y a une chose qui m’interpelle, le paracétamol est une substance pour laquelle on a fait tant de publicité dans les années 90, pourtant il est très dangereux c’est la substance la plus utilisée dans certains pays comme l’Angleterre pour commettre des suicides.

 

Il faut savoir que pour certaines personnes 8 grammes de paracétamol suffisent pour les tuer dans d’atroces souffrances, le foie se détériore en deux jours et cela est irréversible, 8 grammes c’est 16 comprimés de 500 mg, je prenais entre 4 à 6 boites de 16 comprimés dosés à 400 mg par comprimés, je vous laisse faire le calcul.

 

Je suis encore en vie, je ne sais pas je dois être béni des dieux ou un truc dans le genre, bref je suis bien content d’être encore là, j’ajouterais même que ça ne me déplaît pas du tout.

 

Donc début 2008 je retourne voir mon nouveau médecin traitant, je lui explique mon problème, je lui explique le premier traitement que mon ancien médecin traitant m’avait donné mais qui n’avait pas eu d’effets du tout, là lui me dit « oui c’est normal ce qu’il t’a donné ne pouvait pas fonctionner, en revanche moi je vais te donner un traitement tu verras avec ça tu seras tiré d’affaire »(j’avais déjà entendu ça quelque part le « tu seras tiré d’affaire »).

 

Son super traitement n’était en fait qu’une pâle copie du premier que j’avais reçu, c'est-à-dire antidépresseur et benzodiazépines, mais il paraît que les siens étaient mieux que ceux du premier, mon médecin m’a dit que le premier traitement n’était pas assez fort donc lui m’y avait mis la dose.

 

Donc je prends son super traitement et j’attends les effets bénéfiques, un mois, deux mois RIEN, je lui en parle, là il me dit on va passer à la vitesse supérieure et il me prescrit du valium, et moi ben je prends et surtout j’attends, un mois, deux mois RIEN, je me bombardais pareil d’opiacés en tout genre, le manque se faisait toujours de plus en plus ressentir, j’étais retourné comme avec l’ancien traitement, quand je tombais à court de ce super traitement, j’en bavais mais je peux vous dire que j’en bavais GRAVE, l’effexor est le pire antidépresseur que j’ai connu.

 

L’effexor n’a jamais eu aucun effets bénéfiques sur moi, par contre je n’en ai jamais autant bavé qu’avec cette MERDE (désolé pour le mot mais il est dans le dictionnaire), vu qu’il n’avait aucun effets bénéfiques sur moi, je tombais souvent à court évidemment je ne pensais pas souvent à aller renouveler mon traitement, néanmoins j’étais vite rappeler à l’ordre, le premier jour ou je n’en prenais pas tout allait bien, le second jour là ce n’était plus pareil plus rien n’allait bien, je vivais un enfer sur terre je n’exagère pas du tout, un enfer sur terre est bien le terme exact.

 

Je commençais par me sentir complètement vide, j’avais le cerveau comme dans un bocal rempli à moitié d’eau, quand je bougeais la tête tout vacillait autour de moi, quand je tournais la tête j’avais vraiment l’impression que mon cerveau continuait de bouger hors que la tête, elle, elle était immobile, j’avais des nausées mais pas des nausées de Mickey, des nausées du genre que le l’estomac allait me ressortir par la bouche.

 

Je suis même tombé à court d’effexor début janvier 2009 pendant tout un weekend, je m’en souviens très bien parce que pendant ce weekend j’avais une pneumonie, alors déjà la pneumonie ce n’est pas marrant mais en manque d’effexor, je peux vous dire que j’ai déguster convenablement.

 

Bref toutes des joyeusetés que j’imagine que tout un chacun rêverait d’avoir, ça s’arrêtait pas là il y avait aussi les effets secondaires, je gonflais à vu d’œil, si l’on m’avait émasculé ça aurait été pareil je n’avais plus aucune érection, quand je dis plus aucune c’est plus aucune, j’étais livide complètement à coté de mes pompes, bref envie de rien sauf d’opiacés, terrible le super traitement là aussi j’ai augmenté les doses pour avoir un hypothétique effet bénéfique  mais une fois encore je n’ai rien senti venir, ou alors je ne devais pas être présent quand il est venu (humour).

 

Ensuite il y a les benzodiazépines que me prescrivait mon médecin traitant « à la pelle », avec ces fameux petits cachets j’étais d’une nervosité incroyable, oui je ne voulais pas dormir moi mais j’étais cassé avec ça, néanmoins j’en prenais quand même pour calmer le manque de ces cachets, ah oui parce que à part me faire dormir ils ne faisaient rien d’autre, si ce n’est que si je tombais aussi à court j’étais aussi manque, quand commence à tourner en rond ça n’est jamais près de s’arrêter, ça n’est jamais pour une courte période.

 

Il y a quelque chose qui me révolte mais là j’ai la rage, pourquoi mon médecin traitant m’a-t-il prescrit ce « super » traitement qui n’était en fait qu’un copier/coller du premier, parce que à ce moment là je n’y connaissais rien en médicament, les benzodiazépines, antidépresseur, tout ça m’était inconnu, moi je prenais ce qu’on me donnait.

 

Pourquoi les médecins se foutent de nous comme ça, si le premier traitement n’avait pas fonctionné, pourquoi en refaire un exactement le même, qu’en attendait-il, qu’attendait-il, un déclic, un miracle ?

 

Pourquoi me faire souffrir autant avec toutes ces dépendances qui n’ont servi à rien, on m’a traité pour une dépression que je n’avais pas, mais pourquoi ????

 

Le plus effarent est que jamais, non jamais on ne m’a prévenu que tout ce qu’on me donnait était des drogues dures, aucune mise en garde, j’ai appris à mes dépends croyez moi je n’étais pas le seul dans ce cas là.

 

Maintenant je pense et suis convaincu que certains médecins se foutent pas mal du résultat de certains patients, le fait est qu’ils prescrivent et advienne que pourra, un effet placebo peut être ?

 

 

Dans l’addiction qui est pourtant reconnue comme étant une maladie, on fait encore beaucoup trop culpabiliser le patient, des discours du genre « mais pourquoi tu prends autant de d’opiacés » j’en ai eu des tas, moi je ne voulais pas savoir pourquoi je les prenais à ce moment là, je voulais savoir comment ne plus les prendre, oui ça je voulais le savoir manifestement les médecins n’avaient pas la réponse alors ils me répondaient par une autre question, en me faisant bien culpabiliser.

 

 

Voyant que le « super » traitement ne fonctionnait pas du tout, tout comme le premier, j’ai cherché autrement à me sortir de cette addiction aux opiacés et celle à l’alcool sous-jacente.

 

 

J’ai cherché après des associations qui s’occupaient de toxicomanes, oui voilà toxicomanes en fait n’ayons pas peur des mots, j’étais bien un toxicomanes.

 

 

J’ai en effet trouvé une pas très loin de chez moi, je prends immédiatement contact avec l’association en question et prends aussitôt un rendez-vous, qui plus est l’a consultation ne me coûtait qu’un euro et cinquante centimes, pas de quoi fouetter un chat.

 

 

J’arrive là-bas, effectivement j’étais au bon endroit nous étions tous dehors pour fumer notre cigarette étant donné qu’à l’intérieur cela était interdit, je fais un rapide tour d’horizon pour me rendre compte que toutes les personnes présentent avec moi étaient toutes hormis le personnel en plein craving, ils dansaient tous sur place à zyeuter pour voir à quand ça allait être leur tour.

 

 

Il n’y en avait pas un seul qui avait encore des ongles aux doigts, mis à part le personnel bien entendu, moi je suis là et j’attends jusqu’à ce que vienne mon tour.

 

 

Je monte dans un immeuble style maison de maître pas très bien entretenue, là je rentre dans une pièce où il y avait une table qui faisait office de bureau et une dame m’y attendait, c’était un médecin généraliste qui venait là pour « aider » les toxicomanes, enfin aider était vraiment un bien grand mot.

 

 

Je commence à expliquer mon cas, je donne le traitement que j’avais, sur le traitement rien à redire, elle avait l’air de dire que c’était ce qu’il me fallait, après elle me dit : « voilà la codéine ce n’est pas si terrible que ça avec un peu de volonté vous allez pouvoir arrêter sans problème ».

 

 

Là elle me refait le même schéma que mon ancien médecin traitant, c’est dire qu’elle va me prescrire de la codéine et diminuer petit à petit, elle me fait passer de 75 comprimés par jour de codéine à 10 comprimés, elle me dit : « vous allez voir ce que vous prenez en plus de ces 10 comprimés votre corps ne les absorbe pas, la codéine au dessus de 10 comprimés ne sert plus à rien alors que vous en preniez 10 ou 75 ça revient au même . »

 

 

Elle ne se foutait pas un peu de moi là non, elle s’est complètement payé ma tête, la médecine dans toute sa splendeur d’ignorance de l’addiction, vous imaginez bien que c’était un gros mais alors un très gros mensonge son truc de 10 comprimés, comment peut-on prendre les gens pour des cons aussi ouvertement que cela ?

 

 

Ensuite juste après la consultation je devais aller voir un psychologue, je ne vous explique pas le psychologue, le mec pas méchant du tout il me demandait comment j’allais puis ce que je voulais faire de ma vie, je lui ai répondu le classique, du genre me soigner et repartir du bon pied, là-dessus il m’a dit « ok Pascal et ben on se revoit la semaine prochaine ok » ? Et moi bien entendu je lui ai répondu pareil, je n’allais pas lui dire que ce qu’il faisait ne servait à rien quand bien même c’était vrai.

 

 

Bref je sors de là avec une ordonnance de codéine pour une semaine à raison de 10 par jour, j’avais à ce moment là comme qui dirait le temps de voir venir, oui parce que en tant d’addict on voit l’avenir à très court terme, en fait je vivais de craving en craving, quand je calmais mon craving je me foutais pas mal de celui qui allait arriver juste après, l’important était que celui qui était présent était calmé.

 

 

Et toutes les semaines j’allais là-bas, je voyais les même têtes qui venaient chercher leurs drogues légales, c'est-à-dire subutex et méthadone qui pour info sont tout deux de l’héroïne sous forme médicamenteuse au même titre que la codéine.

 

 

Sauf que les ordonnances que le médecin me faisait ne tenaient jamais une semaine les 80 comprimés prescrits étaient avalés en moins de deux jours, ensuite c’était de nouveau la farandole des pharmacies pour trouver le reste de ma came.

 

 

Jusqu’au jour ou j’ai dit au médecin de cette association que le système de baisser ne fonctionnait pas, que je n’avais pas assez de « volonté », là elle m’a répondu, nous allons agir autrement, elle a écrit un petit mot sur l’ordonnance et là la pharmacie ne pouvait plus me délivrer que ma dose journalière de codéine,  chaque jour je devais donc aller à la pharmacie chercher mes 8, plus 10 mais bien 8 comprimés de codéine pour ma journée.

 

 

Elle avait baissé mon quota sans même me le dire, pour encore mieux se foutre de ma troche, en parallèle elle m’avait prescrit du risperdal  et du bromazépam (lexomil®) en plus du valium que je prenais déjà et de l’effexor 300mg/j.

 

 

Là je peux vous dire que je suis assez robuste, néanmoins je m’effondrais littéralement, mes jambes en étaient coupées net, je n’avais plus l’impression d’être un patient mais bien cobaye, je voyais bien que cette charmante dame ne savait que faire pour me soigner, d’ailleurs avec le recul je ne lui en veux pas.

 

 

Je tiens juste à dire que depuis ma guérison, j’ai mis au courant cette association de la trouvaille du professeur Olivier Ameisen, ils n’ont même pas daigné me répondre ça fait de ça un an, j’ai retéléphoné pour savoir ce qu’ils en pensent, je n’ai jamais pu avoir un responsable au téléphone, j’ai juste eu une personne, qui m’a dit que j’étais un très bon vrp, c’est dire l’importance qu’ils ont porté à ce que leur ai dit.

 

 

Je suis allé à cette association pendant 6 mois, après j’ai compris qu’ils étaient tout aussi impuissants que mon premier médecin traitant et que celui que j’avais à ce moment là, qui lui est devenu actuellement mon prescripteur de baclofène.

 

 

J’ai donc continué mon chemin en quête de solution à mon problème, dont je n’avais pas la moindre idée que ce problème n’était en fait qu’une simple  maladie.

 

 

J’ai recommencé mon manège des pharmacies en France, en fait non pas des pharmacies mais d’une pharmacie, oui j’allais toujours à la même pharmacie, j’allais chercher 60 boites de codoliprane® par semaine à la même pharmacie qui se trouvait juste après la frontière française, je n’ai pas cherché plus loin je m’étais arrêté à la première sur ma route.

 

 

Ils m’ont bien posé une fois la question de savoir si je prenais seul toutes ces boites de codéine, je leurs ai bien évidemment répondu que non, je leurs ai dit que j’en prenais pour les collègues du travail et pour la famille, ils y ont cru directement, quand j’arrivais à cette pharmacie, je passais la porte je n’avais pas le temps d’arriver au comptoir que les boites de codéine étaient déjà prêtes sur celui-ci, je trouvais cela très pratique.

 

 

Un jour en allant chez mon médecin pour aller chercher mes ordonnances de drogues légales, c'est-à-dire valium®, lexomil®, effexor® et risperdal® je lui parle du baclofène mais il ne connaissait pas, il a bien tenté de regarder sur son ordinateur dans le logiciel où se trouvait la liste de médicaments, non il ne l’avait pas trouvé, mon fils ce jour là était avec moi, il lui a dit « dit à ton papa qu’il arrête de faire le gamin et qu’il arrête de croire que tout arrive tout seul sur un plateau d’argent » en faisant allusion au fait qu’il ne fallait pas que je m’attende à un miracle, que pour arrêter la codéine il me fallait de la volonté et rien d’autre, là il m’a regardé et m’a encore une fois demandé  « pourquoi prends  tu de la codéine, poses toi les bonnes questions ».

 

 

Là je me suis dit Pascal tu es perdu à tout jamais, ça avait d’autant plus de sens qu’à ce moment là je savais ce que le paracétamol faisait à mon foie.

 

 

Un an avant de parler du baclofène à mon médecin traitant j’avais lu certaines choses là-dessus sur un forum qui s’appelle Doctissimo, néanmoins beaucoup de personnes n’en disaient que du mal, en disant que c’était une arnaque et que ça ne fonctionnait pas du tout.

 

 

Néanmoins on en parlait essentiellement pour le problème d’alcool et non pour les problèmes d’addiction opiacés, évidemment à ce moment là j’étais loin de comprendre que les deux étaient entièrement liés.

 

 

Pour moi je n’étais plus addict à l’alcool mais aux opiacés, je n’avais pas encore compris que si je n’avais les opiacés je devais compenser avec l’alcool, parce que j’étais malade et que un comme l’autre régulaient ma dysphorie due au manque de GABA-B, qui chez moi partait en sucette.

 

Je n’y ai donc pas prêté attention à ce moment là, comme je l’ai dit plus haut, je savais que j’étais malade donc il devait forcément y avoir un traitement pour me soigner autre que l’abstinence, car à chaque fois que je l’ai tenté ce fut pour moi une véritable torture, alors on a beau me dire qu’il faille toucher son font personnelle, qu’il faille tout perdre pour pouvoir comprendre que l’abstinence était la seule solution.

 

 

On n’avait beau me dire d’aller chercher dans mon enfance le pourquoi de ma consommation, je savais pertinemment bien que cela ne servirait à rien, de surcroit je ne voulais pas tout perdre tout, tout ça pour comprendre que je devais arrêter de consommer, je savais très bien que je devais arrêter de consommer, en revanche ce que je ne savais pas, c’était comment arrêter.

 

 

Je voudrais aussi apporter une petite rectification sur l’abstinence, je m’explique.

 

 

 

Il faut arrêter de dire que l’abstinence est un choix, ce n’est en rien un choix c’est qu’une torture obligatoire que les gens s’infligent après un extrême bourrage de crâne très bien développé par des personnes qui font ça depuis des décennies, qui n’ont manifestement rien compris à l’addiction.

 

 

J’en veux pour preuve le taux de réussite qu’ils obtiennent, ils n’arrivent même pas à avoir un résultat de 10%, pour avoir un résultat aussi insignifiant, ils prônent des choses complètement absurdes, il faut à un moment regarder les choses en face, les personnes qui s’infligent l’abstinence sont les gens qui s’occupent des alcooliques ou toxicomanes dans leurs associations, s’ils n’avaient pas ça ils replongent directement dans l’addiction.

 

 

D’ailleurs ces gens ne vivent plus, ils vivent au jour le jour, une jour à la fois comme ils disent, comment peut-on vivre comme cela, ils savent qu’ils ont une épée de Damoclès au dessus de la tête, ils savent qu’un jour ou l’autre ils vont rechuter, c’est inévitable, mais comment peut-on vivre avec ça ? Et on appelle ça un choix de vie, moi j’appelle ça une solution de survie et encore je suis gentil.

 

 

Sans compter que dans leurs malheureux 10% de « réussite », il y encore un pourcentage énorme de rechute, mais ce n’est pas grave puisque la rechute fais partie du parcours, mais oui mais c’est bien sur, comme ça on manipule de mieux en mieux.

 

 

Une question me vient à l’esprit, que font-ils des 90% qui n’arrivent pas à faire ce qu’ils prônent aveuglément et dangereusement ?

 

 

Ces gens se foutent de la vie des gens, ils se foutent aussi de la tête des gens, parce que l’abstinence ne soigne que les organes abîmés par la consommation d’alcool ou de drogues, mis à part ça elle ne soigne rien, mais rien du tout et certainement pas la véritable maladie qui est à l’origine de l’addiction.

 

 

Il est tellement facile de manipuler des gens qui ont tout perdu et qui sont de surcroit très fragiles psychologiquement, parce que ce qu’ils font n’est autre que de manipuler de pauvres personnes malades avec l’aide du corps médical.

 

 

Parce qu’il faut savoir qu’ils ont des antennes dans presque tous les hôpitaux pour mieux endoctriner à la source, le corps médical ferme les yeux et délègue à ces gens là le travail qu’il aurait du faire depuis trop longtemps, oui depuis beaucoup trop longtemps.

 

Le paradoxe réside dans le fait que, quand on veut leurs parler du baclofène, qui, lui sauve véritablement des vies, avec des résultats digne de ce nom, les personnes de ces associations nous répondent qu’ils ne s’occupent pas du suivi médical des gens, mais alors que foutent-ils dans les hôpitaux, cherchez l’erreur.

 

 

Alors un truc qui me fait bondir est que pour les associations telles que les AA, la rechute fait partie du parcours vers l’abstinence, ce n’est pas se foutre des gens ça ? Si on fait un peu le tour de certains forums on se rend vite compte que beaucoup de personnes sont des abstinentes, qui rechutent tous les 15 jours, est-ce une vie ?

 

 

Faire croire aux gens que c’est leur volonté qui n’est pas assez forte pour arrêter est tout simplement immonde, de quoi faire culpabiliser d’avantage des personnes malades, vous parlez d’un choix, non l’abstinence n’est en rien un choix mais une obligation et une torture sans nom, étant donné qu’elle ne soigne pas le font de la maladie.

 

 

Les gens tels que les AA, se foutent de la tête des personnes malades tout simplement parce qu’ils n’ont rien compris à ce qu’est l’addiction, ils traitent un sujet qu’ils ne connaissent pas du tout , ça pourrait encore passer néanmoins le fait qu’ils ne veulent pas entendre parler du baclofène est un obscurantisme très dangereux, extrêmement dangereux, s’ils étaient dans la perspective de vouloir vraiment sauver des vies, ils attacheraient de l’importance au baclofène, ce qu’ils ne font pas du tout que du contraire.

 

 

Il y a aussi le fait que ces personnes infligent une vie complètement asociale aux personnes malades, en leurs disant de ne plus aller chez des amis qui boivent devant eux, en bref la torture de l’abstinence oblige les gens à se cloîtrer chez eux, parce que la tentation de l’alcool ou d’autres produits est partout, géniale comme vie.

 

 

Avant il est vrai que nous n’avions pas le savoir et les connaissances d’aujourd’hui sur l’addiction, alors oui on pouvait prôner ces choses, ça avait quelque part un sens.

 

 

Mais maintenant que nous avons des réponses bien plus concrètes sur la cause à effet, faire ce que font ces gens là est délétère.

 

 

Car ils endoctrinent et manipulent des personnes qui n’ont pas de quoi se défendre face à eux, ce n’est pas rare qu’ils fassent beaucoup de dégâts irréversibles.

 

 

 

Je reprends là où j’en étais avant mon coup de gueule réaliste sur les associations qui prônent l’abstinence et rien d’autre.

 

Donc on me disait d’aller chercher dans mon enfance quelque chose qui aurait pu me traumatiser ou un truc dans le genre, ce quelque chose aurait resurgi dans mon inconscient, bla bla bla.

 

De plus je pensais sérieusement être le seul touché par cette addiction, qui dans ma tête était encore considérée comme un vice, les médecins, les forums d’abstinents étaient presqu’arrivés à me le faire penser, parce que de me dire à tous bouts de champs, la solution il n’y a que toi qui l’as, cela revient à dire « restes avec ta merde et crèves avec si tu ne sais pas arrêter »

 

Mais quand j’ai tapé « dépendance à la codéine » sur Google, je suis tombé de haut mais alors là de très haut, j’avais déjà capté le truc que le tramadol pouvait très bien remplacer la codéine, néanmoins je ne savais pas du tout que le tramadol tout comme la codéine étaient des « opiacés ».

 

Mais le nombre de personnes que j’ai découvert qui sont addicts aux Codoliprane®, Zaldiar®, dextrometorphane (substance qui se trouve dans le sirop antitussif pour enfant), au Di-Antalvic® (dextropropoxyphène), Néo-Codion®, j’en oublie et des meilleurs est effarent.

Fleursdeschamps17
Portrait de cgelitti

onjour Mr Pascal, Je voulais simplement vous remercier d'avoir pris le temps de d'écrire votre descente aux enfers dans les détails. L'analyse que vous avez faite de cette situation alcools-médocs et du système médical est très objectif. Derrière tout ça c'est toujours le nerf de la guerre qui en ressort l'argent. Peu importe les retombées négatives du moment que ça rapporte aux grands de ce monde belle mentalité. Ces personnes dont je fais allusion sans les nommées ils se reconnaitront, on surement une addiction à l'argent, toujours plus et tous les moyens sont bons.

Pour en revenir à votre message, il est parfaitement bien ecrit. Vous devriez faire un livre qui pourraient être un super médicament de prévention, de prescription, d'aide morale et de solidarité.

 

J'espère que vous vivez dans le bonheur et la joie de vivre vous et votre famille. Vous êtes une personne bien et vous n'avez pas volé mais mérité une belle et longue vie toutes en couleurs.

 

 Merci encore.

Muriel 

Pascal-Gramme
Portrait de cgelitti

Je pense que c’est même pire que cela, ça va de la jeune mère de famille aux héroïnomanes qui ont remplacé l’héroïne par ces médicaments là, en passant par les alcooliques abstinents qui se droguent avec pour ne pas rechuter dans l’alcool, c’est exactement ce que j’ai fait du reste, c’est vous dire la puissance addictive qu’ont ces médicaments là et la plus part sont en vente libre, sans ordonnance et personne n’y voit rien à redire, c’est tout à fait normal, ne trouvez-vous pas qu’il y a un malaise quelque part ?

 

Je dois dire que de voir que je n’étais pas seul dans mon cas m’a quand bien rassuré, oui cela m’a rassuré certes néanmoins j’ai aussi démoralisé en voyant tous ces gens dans la plus grande des détresses vis-à-vis de leurs consommation de ces « médicaments » la, je me disais « bordel si ces gens sont aussi en détresse que moi avec ces saloperies là, comment vais-je faire pour m’en sortir, n’y aurait-il pas de solution ni traitement à la maladie que j’ai alors, suis-je réellement condamné ? »

 

Dans le mot « condamné » il y a aussi le mot « damné », étais-je damné ?

 

Qu’avais-je fait pour avoir CA ?

 

 Parce qu’à la base un médicament est sensé améliorer la vie des gens et non la détruire à un plus ou moins court terme, là je ne plaisante du tout ces médicaments détruisent un nombre impressionnants de vies, de part leurs effets néfastes sur la santé physique et psychologique des gens mais au-delà de ça, il y a aussi le coté pécunier de la chose, ces médicaments sont loin d’être gratuit, personnellement j’y laissais entre 500 et 700 euros par mois, je ne me rendais pas compte du tout, mais j’y ai laissé une maison là dedans.

 

je faisais souvent le calcul de ce que je dépensais dans tout ça, je ne me rendais pas compte de l’argent que ça représentait, imaginez que je ne trouvais pas cher, oui je trouvais que maladie ne me revenait pas trop cher, c’est vous dire comment je pouvais être dans le déni à ce niveau aussi.

 

Une moyenne de 600 euros par mois et je trouvais ça pas cher, la maladie nous fait penser de manière très inconvenante, pas souvent mais tout le temps, comment faire comprendre ça à des gens qui sont en parfaite santé, comment arriver à ce qu’ils ne prennent pas cela pour du vice ?

 

Il y a aussi le regard des gens, personnellement j’ai vécu des situations assez pénible aussi, il m’arrivait de ne plus pouvoir tenir le manque alors je prenais mes médicaments (opiacés) devant les gens, je n’avais pas le choix je ne pouvais aller ma cacher quelque part pour consommer, imaginez la tête des gens qui me voyaient prendre 12 ou 14 Codoliprane® d’un coup.

 

Ou alors quand on me voyait boire une bouteille de sirop antitussif de 500ml « cul sec », non mais imaginez un peu, ben je peux vous le dire, ils leurs poussait un gros point d’interrogation sur la tête, les yeux grands ouverts et la mâchoire inférieure au ras du sol.

 

Moi ben je faisais cela tout à fait naturellement pour que ça passe inaperçu sauf que ça ne passait pas du tout inaperçu, il n’y avait que mon cerveau malade pour imaginer ça.

 

Ça engendrait des questions qu’on ne me posait pas bien sur, ça parlait aussi derrière mon dos, ce qui est somme toute normal, on me posait bien la question de pourquoi je prenais autant de médicaments, je répondais toujours la même chose « c’est parce que j’ai mal au dos, j’ai une hernie discale », sauf que c’est tout à fait faux.

 

Pour le sirop je répondais que je toussais beaucoup, que je devais en prendre autant sinon ça ne me soulageait pas, là aussi c’était tout à faux.

 

A ça il fallait ajouter le fait que cette maladie n’était qu’à peine reconnue en tant telle, encore actuellement elle est d’avantage assimilée à un vice plutôt qu’à une maladie, pourquoi croyez-vous que les gens en parlent à visage couvert, pensez-vous qu’ils font ça par plaisir ?

 

Je ne connais pas de personnes qui sont « diabétiques anonymes », les personnes qui ont une maladie tel que le diabète ne risquent pas de perdre leur emploi s’ils témoignent à visages découverts, une personne addict à l’alcool, aux opiacés ou autres prend de gros risques à le faire, mais, on dit assimiler l’addiction à une maladie, cherchez l’erreur.

 

Si l’on prend l’exemple des AA (Alcooliques Anonymes) (encore eux je sais mais ils n’en ratent pas une non plus), avec le fait qu’ils soient anonymes ils entretiennent le mythe du vice par rapport à l’addiction.  

 

On doit en parler ouvertement, arrêter le mysticisme sur cette maladie, d’autant plus que nous avons le baclofène maintenant, le professeur Olivier Ameisen à fait la découverte du siècle avec le baclofène, on guéri de l’addiction aujourd’hui, où se trouve encore la honte d’en être atteint ?

 

Du printemps 2008 à fin février 2010, j’ai cherché après un traitement digne de ce nom étant donné que je voyais partout que, ce que j’avais était une maladie, la logique voulait que la médecine se soit penchée dessus, que nenni.

 

A part le « super traitement » à base de d’antidépresseur à la pelle, de benzodiazépines à la louche et autres psychotropes en tous genres, la médecine ne proposait rien du tout, donc personne ne s’était réellement penché sur la maladie qui engendre l’addiction, ça aussi c’est aberration quand on sait combien de gens elle tue par jour.

 

Je lisais souvent les notices des médicaments tels que les benzodiazépines, dans l’espoir d’y voir écrit un truc sympa, quoi exactement je ne peux pas vous le dire, un truc sympa sur lequel j’aurais pu me raccrocher, par contre je lisais aussi employé dans le sevrage alcoolique d’ailleurs je me disais souvent « ça ne peut pas marcher sur moi je ne suis pas alcoolique ».

 

Je faisais la même erreur que la plus part des gens font et que les malades font eux-mêmes, c'est-à-dire dissocier les addictions qui sont en fait toutes liées à la même maladie, que l’on soit alcoolodépendant, héroïnomanes, cocaïnomanes, opiodépendants, boulimique, c’est la même chose, c’est une addiction le produit n’a que peu d’importance, c’est surtout l’effet qu’il procure aux malades et le fait que le malade ne puisse pas s’en passer sous peine de vivre un état de manque effroyable.

 

Donc j’étais intimement convaincu qu’on me donnait n’importe quoi (ce qui était vrai du reste, on verra ça par la suite).

 

J’ai galéré pendant encore deux longues années à essayer de me sevrer des opiacés avec des épisodes d’alcoolisation qui ressemblaient plus à de l’auto destruction.

 

 Ces alcoolisations étaient en en grande partie la compensation du manque d’opiacés, néanmoins le phénomène le l’addiction est tellement bien fait qu’on ne sent pas compte du tout, je me répète  mais pour qu’on comprenne bien le mécanisme de ce phénomène.

 

A savoir qu’une personne addict à l’alcool (éthylodépendante*) et une personne toxicomane (cocaïne, héroïne ou tout autre opiacés sous quelle que forme que ce soit, cannabis sous toutes ses forme, …) est une personne éthylodépendante qui s’ignore, vis  versa.

 

J’en suis intimement convaincu pour l’avoir vécu moi-même.

 

Comme je l’ai dit un peu avant, je lisais souvent les notices des médicaments que je prenais dans mon « super traitement », sur lesquelles il était écrit »utilisé dans le sevrage alcoolique », lisant de plus en plus de témoignages de personnes s’étant sorti de l’alcool avec le baclofène.

 

 Le 22 février 2010 j’ai eu la présence d’esprit de taper sur Google « baclofène contre codéine », exactement comme je viens de vous l’écrire.

 

Là j’ai trouvé un forum dans lequel l’administrateur qui s’appelle Franck Hanrion avait entre autre arrêté la codéine avec le baclofène, là-dessus je m’inscris et adresse un message à Franck Hanrion tel un SOS, sur ce il me contact très rapidement en me disant que pour la codéine peu de médecin seraient près à me prescrire le baclofène, qu’il valait mieux me faire passer pour un alcoolique pour avoir la sacro-sainte ordonnance.

 

Parce qu’à ce moment là je n’avais toujours pas compris que l’éthylodépendance et l’opiodépendance faisaient partie de l’addiction, que je compensais l’un avec l’autre comme je l’ai dit, je pensais que j’avais réussi à contrôler ma consommation tout seul « comme un grand », enfin contrôler est un bien grand mot, c'est-à-dire que je ne buvais plus tous les jours certes, par contre quand je me mettais à boire je ne savais plus m’arrêter, néanmoins je croyais être normal comme quelqu’un qui buvait un verre de temps de temps, bref j’étais complètement dans le déni.

 

C’est le déni vis-à-vis de l’alcool qui m’empêchait de comprendre tout le mécanisme de l’addiction.

 

Donc je devait me faire passer pour un alcoolique ce qui n’aurait pas été trop difficile pour moi, je n’avait qu’à boire avant d’aller voir le médecin et le tour était joué, seulement Franck Hanrion était en France et moi en Belgique, il connaissait bien un médecin sur Bruxelles qui prescrivait le baclofène mais après renseignement pris, ce médecin n’était pas dans mon budget comme il était psychiatre ses consultations qui s’élevaient à presque 100 euros ne m’auraient été remboursées.

 

Voyant cela Franck Hanrion me donne le pseudo d’une personne qui vivait à Bruxelles et qui se faisait prescrire le baclofène, pour qu’elle me donne le nom de son médecin prescripteur, j’ai donc pris contact immédiatement avec cette personne.

 

Cette personne m’a bien gentiment donné assez rapidement les coordonnées de son médecin prescripteur  qui n’était autre que son médecin traitant, son médecin de famille depuis son adolescence pour être plus précis.

 

J’ai contacté et pris rendez-vous avec ce médecin, qui était tout à fait d’accord pour me prescrire le baclofène dans le cadre de l’addiction à la codéine, j’avais la « sacro-sainte » ordonnance dans les mains.

 

Le 8 mars 2010 je suis allé à ma pharmacie habituelle chercher ma première boite de Liorésal® de 50 comprimés de 10mg et j’ai commencé le traitement.

 

Le médecin ne m’avait prescrit qu’une seule boite pour commencer et m’avait fixé un rendez-vous pour le mois suivant, mais c’était sans compter sur ma détermination à m’en sortir, parce que la boite fût avalée en une semaine, j’ai donc du donner les coordonnées de mon médecin à la pharmacie pour qu’elle prenne contact avec lui dans le but qu’elle puisse m’avancer le Liorésal® que j’avais besoin jusqu’au rendez-vous suivant.

 

Le contact s’est bien passé et ma pharmacienne était tout à fait disposée à m’avancer les boites que j’avais besoin, en revanche elle m’a posé des questions sur ce traitement « assez bizarre », je lui ai répondu que c’était nouveau, que le médicament lui n’était pas nouveau mais que sont emploi pour l’addiction avait été découvert pas le professeur Olivier Ameisen en 2004 suite à ses études et pour l’avoir testé sur lui-même.

 

Elle était on ne peut plus dubitative vis-à-vis du baclofène, en l’occurrence le Liorésal® parce qu’à ce moment là je prenais le baclofène certes mais pas le générique, le Liorésal® étant le nom du médicament, baclofène étant le nom de la molécule employée dans le Liorésal®.

 

Je précise qu’en parallèle j’étais encore sous mon « super traitement », qui était de 450mg d’effexor®, des comprimés de 10mg de Valium® à la pelle, des comprimés de 1mg Xanax® à la louche et Lexotan® dans les 30mg par jour, bref de quoi assommer un mammouth.

 

Ah oui vous vous dites qu’avec ça je devais bien faire dodo sauf que non, j’étais certes bien cassé mais je ne dormais plus du tout, c’est simple je n’allais plus dans mon lit parce que je dormais de manière très sporadique une demi heure par-ci par-là, je restais dons dans mon divan allongé devant la télévision, toutes les nuits, j’ai fait ça pendant 6 longues années, pas plus pas moins.

 

Alors pour finir j’ai du anticiper mon rendez-vous chez mon médecin prescripteur, parce que 15 jours après avoir commencé le baclofène j’avais déjà dépassé les 200mg/jour, pour arrivé à 250mg/jour le 24 mars 2010, jour ou j’ai tout stoppé en même temps, opiacés, alcool, effexor®, lexotan®, xanax® et valium®.

 

JE SUIS COMPLETEMENT INDIFFERENT A TOUS CES PRODUITS DEPUIS LE 24 MARS 2010.

 

Au tout début avril 2010 je reparle du baclofène à mon médecin traitant et je lui dis que j’ai commencé le traitement, que je ne prenais plus rien d’autre que le baclofène, que j’étais totalement guéri, lui me répond « ok Pascal mais tu l’achètes sur internet, moi je ne peux pas te le prescrire ».

 

Je lui réponds que je ne l’achète pas du tout sur internet mais bien à la pharmacie de mon village, là il me demande de voir une notice et la prend avec lui pour se renseigner sur la molécule et me dit « rappelles moi dans un mois ».

 

Le mois passé, je lui téléphone pour lui demander s’il est d’accord de me prescrire le baclofène, là il me répond que c’est bon il veut bien me le prescrire, je ne vous dis pas le bonheur que j’ai ressenti, plus besoin de ma taper des kilomètres à gogo pour aller chercher mon ordonnance de baclofène.

 

Oui, avant je devais aller jusqu’à Bruxelles qui est à 80km de chez moi, là mon médecin traitant il est à 5km de chez moi, du coté pratique c’était quand même beaucoup mieux, de plus là j’étais avec mon médecin traitant qui me connais mieux qu’un autre.

 

Donc tout ce passait on ne peut mieux pour moi, sauf qu’au mois de septembre mon médecin me dit « maintenant il va falloir baisser le baclofène en vue de l’arrêter, tu ne prends plus rien donc tu n’en as plus besoin », là je suis tombé de haut, de très haut car je savais très bien ce qu’il allait m’arriver si j’arrêtais le baclofène.

 

J’ai commencé à vouloir lui expliquer ce qu’était réellement le baclofène, néanmoins c’était peine perdue, lui pensait intimement que j’avais remplacé une addiction par une autre avec le baclofène.

 

Jusqu’au jour ou j’ai envoyé un e-mail à des personnes qui connaissaient très bien le baclofène, pour l’avoir déjà prescrit pendant des années, ces personnes m’ont donné les clés pour argumenter chez mon médecin en vue de lui faire comprendre qu’il était en train de faire un erreur.

 

Fort de mes arguments je retourne voir mon médecin et entame avec lui un débat à bâtons rompus, lui voyait le baclofène comme une autre addiction et voulait que je l’arrête en parlant de « bon sens » et moi je lui expliquais que je ne voulais pas retourner d’où je venais sous peine d’y laisser ma vie.

 

Manifestement il n’avait pas compris le système du baclofène, ni mesuré l’enjeu de me le prescrire, parce que pour lui il n’était pas un simple prescripteur de médicaments, mais il suivait ses patients, ce qui est vrai pour des traitements conventionnels certes, reconnaissons que celui du baclofène ne l’est pas vraiment de part l’innovation qu’il apporte.

 

Je suis ressorti de chez lui assez dubitatif sur mon avenir, vous pensez bien.

 

Le mois suivant je lui téléphone pour savoir s’il est d’accord de me le prescrire encore une fois et là il me dit : « Pascal je dois vraiment te faire mes plus plates excuses, parce que tu avais raison sur toute la ligne, je me suis renseigné sur le baclofène et jamais tu ne dois l’arrêter pour le moment ce n’est pas envisageable de toutes façons », quel moment de soulagement !!!!!

 

Je tiens quand même à dire qu’il y a peu de médecins qui en auraient fait autant.

 

Je tiens particulièrement à rendre hommage à mon médecin traitant actuel pour son humilité, le 18 Août 2011 je suis allé le voir pour renouveler mon traitement de baclofène, je lui ai fait par du fait que je n’arrivais pas à descendre le baclofène, lui m’a répondu « Pascal certains savent baisser et d’autres non, pourquoi veux tu descendre tu es à 200mg de baclofène certes, néanmoins n’est-il pas mieux d’être à 200mg de baclofène plutôt que d’être à 70 voir 90 comprimés de codéine couplés à du paracétamol ? »

 

Ce jour là Il m’a dit « il peut pleuvoir des enclumes, jamais on ne m’interdira de prescrire du baclofène à qui que ce soit, surtout avec les résultats qu’on obtient. »

 

 

Pour revenir à mes débuts avec le baclofène, je suis monté assez rapidement étant donné que je ne travaillais pas à ce moment, de plus pendant la montée du baclofène je n’ai jamais fait aucuns efforts pour diminuer ma consommation d’opiacés, ni de tout autres produits d’ailleurs.

 

En fait plus je montais et moins j’en consommais, le plus impressionnant était quand même ma consommation d’opiacés, qui diminuait de jours en jours au fur et à mesure que j’augmentais le baclofène, je ne m’en rendais même compte à vrai dire, c’est quand je voyais les boites de codoliprane® qu’il me restait que je m’en rendais compte.

 

Arrivé à 150mg/jour, je commençais à ressentir les effets bénéfiques du baclofène.

 

Les effets secondaires chez moi n’ont pas été légions, néanmoins le peu que j’en eu étaient assez violent, il y avait la somnolence qui m’en a fait baver, d’ailleurs je dis ça au sens propre comme au sens figuré, il n’était pas rare que je m’endorme devant mon pc en me bavant dessus, parce qu’avant je passais ma vie sur mon ordinateur, je ne savais plus faire que ça.

 

Je reviens avec les effets secondaires, pour ce qui est de la somnolence ça a duré plus ou moins deux mois, pas de manière récurrente c'est-à-dire que les 3 premières semaines étaient pour ma part les plus dures, ensuite j’avais encore de la somnolence mais de manière très vivable, je m’explique, la somnolence venait quand j’étais inactif ou devant la télévision, ce qui ne me changeait pas d’avant puisqu’avant je piquais du nez tout le temps, sauf quand il fallait que je dorme.

 

En revanche, peu de temps après être arrivé à ma dose seuil de baclofène, j’ai retrouvé des nuits sommeil tout à fait normales.

 

J’ai eu aussi énormément et assez longtemps des reflux gastrique, toujours cette impression d’avoir une plume coincée dans la gorge et quelques fois avoir du mal à avaler ma salive, néanmoins j’en ai parlé à mon médecin traitant qui m’a donné un tout petit traitement pour ça, ce qui m’a soulagé immédiatement.

 

J’ai eu aussi un goût de métal dans la bouche, j’en avais du mal à pouvoir goûter ce que je mangeais, un peu comme si j’avais un pile électrique qui avait coulé en bouche, je sais ça n’est pas très glamour, je ne l’avais pas tout le temps mais assez fréquemment, j’ai du l’avoir environ 2 mois tout au plus.

 

J’ai eu aussi en début de traitement de la rétention d’eau, du genre à ne presque plus savoir mettre mes chaussures, je ne sais pas vraiment si cela était du au baclofène ou à mon surpoids que j’avais à ce moment là, là pareil j’en ai parlé à mon médecin il traité la rétention d’eau, en mois de quinze jours c’était complètement disparu.

 

Alors j’ai eu un effet secondaire assez déroutant, en tous cas pour moi il le fut, c'est-à-dire que quand je dormais je me réveillais en sursaut avec cette impression de me noyer dans ma salive, plus moyen de respirer par la bouche, c’était complètement bloqué j’avais vraiment le sentiment que j’allais y passer, j’étouffais littéralement.

 

A ça j’avais trouvé un système, j’inspirais par le nez car par le nez rien n’était bloqué, ensuite je toussais deux ou trois fois et tout revenait à la normale, j’ai du connaître ce phénomène tout au plus quatre à cinq fois, néanmoins quand c’est la première fois que cela arrive c’est extrêmement déroutant, voir paniquant.

 

Pour ce qui est l’insomnie, je n’ai pas vraiment connu cela, si ce n’est que très souvent je me réveillais la nuit pour mes besoins physiologiques, là j’avais vraiment le sentiment d’être en pleine forme, d’ailleurs au début je ne me recouchais pas je restais éveillé à regarder la télévision ou je m’occupais à certaines choses.

 

Seulement la journée je piquais du nez parce que je n’avais vraiment pas assez dormi, ce qui m’a poussé un jour à aller me recoucher, quand bien même je n’avais plus le sentiment d’être fatigué, je suis retourné dans mon lit sans grand conviction mais calmement et tranquillement, sans vraiment me poser de questions.

 

Quelle ne fut pas ma surprise en voyant que je m’étais rendormi très rapidement jusqu’au lendemain matin, après avoir passé une excellente nuit de sommeil réparateur depuis ce jour, je dors magnifiquement bien, d’un sommeil réparateur, je ne pique plus du nez en journée.

 

Si avant ma guérison, deux à six heures de sommeil me suffisaient parce que les opiacés me tenais éveillé, tel un zombie certes mais éveillé on va dire, aujourd’hui je dors mes huit heures, voir des jours même plus que huit heures cela me fait un bien fou, j’ai réappris à dormir correctement et mes journées en sont vraiment bien plus belles.

 

J’ai commencé mon traitement le 8 mars 2010, sans vraiment y croire, même pas du tout, mon épouse m’avait dit à ce moment là « encore un médoc en plus dont tu ne sauras pas te passer et qui ne servira à rien », j’avoue que j’adhérais tout à fait à cette idée néanmoins je voulais quand même essayer.

 

Je continu mon histoire.

Le 8 mars 2010 j’ai pris mon premier cachet de baclofène, j’ai commencé par 10mg/j, voyant que cela ne faisait rien au niveau effets secondaires car je savais très bien qu’à cette dose là je ne ressentirais rien de bénéfique, ce que j’appréhendais le plus était les effets secondaires puisqu’on m’avait prévenu qu’ils pouvaient être assez gênants, voir violents.

 

Je précise aussi que d’habitude je n’étais pas sujet aux effets secondaires des médicaments en générale, donc voyant qu’à 10mg je n’avais rien « de mal » je suis monté directement à 30mg/j, là non plus je ne ressentais rien, ni bien ni mal, j’ai à ce moment là demandé à mon prescripteur de me prescrire des comprimés de 25mg, il n’était même pas au courant que cela existait, bref il me les a prescrit et là j’ai opéré une montée fulgurante de 25mg par jour.

 

A fur et mesure que je montais ma consommation d’opiacés diminuait, comme si le baclofène lui donnait des coups de masse sur le coin de la tronche, je n’y croyais même pas, je pensais même que c’était moi qui arrivais à diminuer de moi- même.

 

La première semaine j’ai diminué ma consommation de moitié, je ne vous dis pas la joie qui m’envahissait, je trouvais ça incroyable, oui incroyable.

 

Pendant la deuxième semaine, j’ai continué à monté pareil mais là j’ai pris les effets secondaires en plein tronche, tel un bloc de béton en plein dedans, je m’endormais sur place, devant mon ordinateur, j’ai eu les pieds qui ont quadruplé de volume, j’ai fait pipi au lit, je me bavais dessus, bref j’étais une larve, une vrai mais ça ne me changeait pas beaucoup d’avant alors mon épouse ne se posait pas plus de questions que ça.

Mais je savais que tout ces effets néfastes allaient disparaître alors j’attendais que l’orage passe, parce que au bout de la deuxième semaine et à 250mg j’ai tout arrêté sans aucun efforts, 5 drogues dures d’un coup d’un seul, plus de craving, c’était inespéré WOUAW !!!! Plus de craving !!!!

Cette merde de craving qui me collait à la peau depuis toutes ces années, auquel on ne s’habitue

jamais, non mais vous vous rendez compte ce que cela veut dire, non je ne crois pas pour s’en rendre compte il faut le vivre, seules les personnes qui ont connu ce que j’ai vécu pourront comprendre de quoi je parle, pour les autres cela sera impossible de le comprendre et je suis très heureux pour elles car je ne souhaiterais à personnes de vivre cela.

 

Pendant toutes ces années d’addiction j’ai cherché après une solution pour m’en sortir et comme je vous ai déjà expliqué l’abstinence n’était pas pour moi une solution, je savais très très bien que je souffrais d’autre chose qui me créait ces addictions, comme dit plus haut, on me soignait pour une dépression que je n’avais pas, on visait complètement à côté du problème et quand j’ai ressenti les effets bénéfiques du baclofène je me suis dis et ressenti que c’était ça la solution à ma maladie, cela fut une aussi grande révélation qu’avec ma première prise d’alcool et d’opiacés, plus grande même néanmoins là je n’étais pas dans un état second mais moi, bien moi Pascal.

 

J’étais guéri, oui guéri néanmoins il m’a fallut tout reconstruire mais à ce moment là je n’en savais encore rien du tout, je savais que j’étais guéri mais j’avais encore le cerveau d’avant, je ne me posais pas de questions du tout j’étais content de mon état et je vivais comme ça tout allait bien, mon épouse était enceinte notre deuxième fils allait arrivé en avril, je ne me droguais plus donc tout allait bien,  je m’endormais là où je me trouvais mais je m’en foutais je ne me droguais plus et surtout je n’en avais plus envie, plus de craving.

 

Le 12 avril notre petit est né à environ 15h10, personne n’avait regardé l’heure tellement qu’il y avait de l’effervescence dans la salle d’accouchement, c’est là qu’on a fait une moyenne lol.

 

Enzo dit « le farfadet » était là, je vivais un rêve, que je vis toujours bien sur, je m’endormais toujours partout mais moins, mes pieds avaient dégonflé avec l’aide de mon médecin qui avait à ce moment là trouvé de quoi palier à cet effet secondaire.

 

J’avais supprimé aussi mon antidépresseur mon médecin m’avait alors prescrit du magnésium pour éviter les crampes du sevrage physique et pour que je garde un moral assez bon, plus un complexe vitaminé pour essayer de palier aux somnolences, ce qui a porté ses fruits car avec tout ça les somnolences ont fortement diminuées, pour disparaître totalement.

 

J’ai aussi eu des reflux gastriques très gênants, lesquels ont été soignés et guéris avec du pantoprazole.

 

Je savourais donc ma guérison malgré les effets secondaires qui furent relativement gênants mais qui se sont dissipés après deux mois environs.

 

Le 19 Mai 2010 au soir notre fils de 4 semaines et demi refusait de s’alimenter et il regardait un point fixe vers le haut, c’est là que mon épouse le pris et l’emmena à l’hôpital, il y est resté une nuit pour y être gavé, le lendemain vers 12h00 les médecins ont constaté qu’il n’arrivait plus à aller à selle et que son ventre commençait à gonfler dangereusement.

Il fut transféré dans un plus gros hôpital d’urgence le 20 Mai 2010 au soir et opéré le 21 Mai 2010 après midi pendant plus de 10 heures, le soir du 21 Mai 2010 nous avons vu notre fils avec une double stomies, ma première réaction fut  de me dire « qu’avez-vous fait à mon fils » j’assimilais ça à de la mutilation et pourtant c’est ce qu’il lui sauvait la vie, néanmoins dans ces moments là d’intenses émotions on ne pense pas toujours correctement.

 

J’ai laissé passer la nuit et le lendemain je suis revenu à l’hôpital remis de mes émotions et posé pour affronter ce qu’il m’attendait, ça n’a pas été simple certes mais je me disais que mon enfant avait droit à un père présent et fort pour l’épauler dans ce qu’il avait à vivre.

 

Ce que j’ai vu est édifiant, une telle force de vivre et de vaincre qui s’échappait de ce petit être si petit, j’en étais abasourdi, je savais presque la palper, c’est là que je lui ai dit que jamais je ne le laisserais tomber, ni lui ni mon épouse et encore moins mon fils de qui a 11 ans aujourd’hui, qui fut très éprouvé aussi par ce qu’il arrivait à son petit frère.

 

Ce sont mes fils qui m’ont montré comment avancer, pendant les 11 premiers jours qu’il est resté aux soins intensifs, il était envahi par une très grande infection, il faisait une entérocolite aigue doublée d’une septicémie totale, ce qui engageait très sérieusement son pronostique vital, par conséquent les médecins ne savaient pas nous dire s’il allait pouvoir surmonter cette épreuve ou pas, pendant 11 jours la terre s’est arrêtée de tournée pour nous.

 

En parallèle je devais m’occuper du grand à la maison, ce que je ne faisais jamais au paravent, puisque je travaillais beaucoup dans la restauration le reste du temps je restais dans mon divan à somnoler avec les opiacés ou le reste de ce que je prenais.

 

Là je devais assumer, étant guéri cela fut réalisable mais je n’en connaissais pas du tout le mode d’emploi, j’ai donc appris sur tas comme on dit, j’ai appris que je pouvais être patient, j’ai appris que je pouvais m’occuper de lui et surtout aimer m’occuper de lui, même adorer ça, ce qu’avant il m’était impossible de faire.

 

Je me suis appris, je me suis rencontré, j’ai enfin vu le vrai Pascal que je suis aujourd’hui et que la maladie cachait, le baclofène n’a pas opéré une renaissance chez moi mais bien une naissance.

 

Bien entendu tout cela ne s’est pas fait en un jour mais sur des mois, le temps qu’Enzo était à l’hôpital, du 19 Mai 2010 au 9 Septembre 2010, je me rendais compte qu’il s’opérait chez moi des changements mais tant que ça, je faisais les choses comme si ça coulait de source, quand je voyais que je m’étais mal organisé je notais pour ne pas reproduire deux fois la même erreur, ce qui faisait partie en somme d’une organisation.

 

Organiser ma vie, j’y arrivais enfin, ça n’a pas été parfait tout de suite, ça ne l’est d’ailleurs toujours pas mais j’y travaille sans pour autant me prendre la tête la dessus non plus, néanmoins je dois reconnaître qu’une vie bien organisée est assez reposante.

 

Après avoir eu vie très éprouvante due aux incertitudes sur l’état de santé d’Enzo, ensuite avec les allées et venues entre l’hôpital et la maison quotidiennes, le 9 Septembre 2010 il est rentré à la maison, enfin !!!!!

 

Jusqu’au 15 Octobre 2010 mon épouse ne travaillait pas, donc ça allait je m’occupais d’Enzo mais elle était là mais après le 15 Octobre 2010, nous nous sommes retrouvés à deux et moi qui ne m’étais jamais occupé d’un bébé de 5 mois, s’était mon fils certes mais bon là ça devenait plus corsé.

 

Ce fut une merveilleuse rencontre, jamais je n’aurais pensé vivre des moments aussi intenses, pour ceux qui sont parents ce que je vais dire est tout à fait normal, mais j’ai appris ce qu’était l’amour d’un enfant, un enfant ça ne donne pas en demi mesure, ça donne tout et tout d’un coup, quand il me prenait dans ses petits bras au moment de la sieste,  la façon dont il se blottissait contre moi, j’en avais les larmes aux yeux de bonheur.

 

 Il m’a appris beaucoup de choses ce petit farfadet, c’est fou j’avais vraiment l’impression que c’est lui qui me donnait le mode d’emploi, comme s’il m’avait dit « allé papa, je vais te montrer comment faire avec moi ».

 

Je me suis rendu compte qu’un seul des sourires de mes enfants me remplissaient de bonheur, je me suis rendu compte que j’adorais  jouer avec eux, faire les fous mais aussi être là comme un papa pour les guider, être sérieux quand cela s’impose et leurs faire comprendre qu’on ne peut pas rire tout le temps, qu’il y un temps pour tout, avant je ne savais pas tout ça.

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