sophieminah
Portrait de cgelitti

Bonsoir aux lecteurs sur ce sujet si particulier, le canabis !

J'ai 44 ans et j'ai fumé mon premier bédo à 18 ans.

Au début, mes consommations étaient nécessairement occasionnelles car ce n'était pas toujours facile de s'en procurer et aussi par raison de moyens financiers.

A partir du moment ou j'ai pu m'établir professsionnelement et donc de stabiliser mon existence, ma consommation est devenue assez régulière. On peu imager mon profil comme celui d'un technico-commercial puis chef des ventes. Le gars de base plutôt cool qui ne fait pas trop de vague. La résultante a amené à une organisation assez simple, en achetant mon matos par 100 ou 200 g tous les 3 mois auprès du tissu de relations plus ou moins fiables. Question relations, je pourrai encore rajouté que quasiment dans tous les millieux que j'ai fréquenté et que je fréquente encore, c'est fou le nombre allucinant de consommateurs que je peux connaitre. Je vous parle, de toute population de gens "normaux" : des architectes, commerciaux, ingénieurs, des patrons de sociétés connues et même des flics et des médecins, c'est vous dire ! Donc plein de gens qui comme moi se défoncent plus ou moins régulièrement surtout le soir, mais qui pour autant assurent le fonctionnement de leurs existences. Par contre, de part mes positions professionnelles et aussi par ailleurs, j'ai pu aussi constaté le résultat de la conso excessive à plus de 10 pètes / jours, quand adultes ou jeunes, les gens sont en mode mou du bulbe et mou du cul, mais qui sont invivables s'ils n'ont pas leurs doses et même dangereux quand on parle d'opérateur sur machines industrielles.

Je pourrai aussi agrémenté cette réflexion du cannabis autour de son aspect qualitatif. J'ai globalement eu de la chance sur ce point et par rapport à mes ressources. Ce qui était logique, car le plus souvent j'allais en hollande pour acheter. Ce qui m'a un peu conduit à pouvoir apprécier la fumette un peu comme pour le vin.

Pour ma part, en dehors de l'aspect "festif" qui n'était de toute façon qu'une constante dans les soirées, mes motivations de fumeur on été le plus souvent la résultante d'un profond emmerdement existentiel (vous n'imaginez pas ce que l'on peu se faire chier le soir en mode VRP cloitré dans un hotel Campanile. Croyez pas que c'est la fête et les plans culs. Non, c'est restau du soir, rapports de visite, plumar, téloche, plumar et toujours téloche). Le coté existentiel peut aussi s'exprimer par un certain sens de la lobotomisation. J'ai souvent été hautement révolté par les comportements de beaucoup de gens, connus ou proches, qui pour beaucoup mériteraient une bonne trempe, si ce n'est pas un coup fusil. Gravitant dans des business importants, j'ai pu contaté que souvent ce sont les plus pourris qui s'en sortent le mieux. La fumette, m'a apporté aussi le fait de réguler des exces de révoltes et de mieux garder des positions plus "normales". Mais la réflexion ne serait pas logique si dans le même temps et par honneteté personnelle, je ne tenais pas compte de tout ce temps, cette energie, cette reflexion que j'ai perdu en fumée, plutôt que de construire et valoriser une action personnelle pour agir mieux et aller encore plus loin.

On pourrait aussi discuter sur le fond relationnel lié au canabis. C'est evident que là aussi ca oriente l'existence à travers les rencontres et le maintien des sentiments de ceux que l'on apprécie.

Vient enfin l'aspect physiologique du canabis. Plus de 20 ans de fumette, clopes et 3 à 5 pétos / jours, ca ne peut pas faire autre chose que de vous ruiner les poumons et vous mettre en état de faiblesse face aux maladies respiratoires, la pollution et le manque "d'énergie" fonctionnelle et sportive. Pour mon cas, sur ce terrain plus ou moins fragile, je me suis chopé une coqueluche + un crobe pneumo qui m'ont bien abimé les poumons. Je me retouve avec un emphyseme, soit une BPCO de classe 2 avec VEMS entre 60 à 70 %. En gros, il me reste entre 5 à 15 ans avant la bouteilles d'oxygène version vieux tubar asthmatique ou la mort, si le crabe ne me rattrape pas avant ou si une autre saloprie de virus ou microbe pneumo vient finir le travail.

Pour moi la question du sevrage, elle est pas trop difficile, car maintenant pour chaque clope ou bédo, c'est une soufrance respiratoire et la pleine et entrière conscience de la perte de vie, autant en temps qu'en qualité fonctionnelle. je n'ai qu'a regarder les photos de mon dernier scan, ca calme !. Et pourtant cela fait déjà 2/3 semaines que j'ai tout stoppé, mais putain qu'est-ce que les effets de manque sont forts. Ce qui est un paradoxe, car j'en était arrivé à un stade ou l'accoutumance était réelle sur l'effet spychotrope. Pour être pété, il me fallait de fortes doses et/ou du matos plutôt balèze (pas de la merde hyper coupé de base, ce qui est d'ailleurs un autre aspect sanitaire du problème).

J'ai 44 ans et je porte l'entière responsabilité de ma fumette. J'ai 2 enfants de 10 et 12 ans et la plus grande probabilité est que je ne connaitrai surement pas leurs propre enfants. Si l'on veux faire encore plus loin, imaginez ma position face à ma famille à qui il ne m'est pas vraiment possible de parler. Mes vieux sont bien vieux et on déjà un pied dans la tombe, je vais pas les finir avec ca. Mes enfants ca ne le fait pas non plus et mon épouse n'est pas des plus fortes.

J'ai surement perdu un temps fou, une autre réussite professionnelle et de la raison existentielle. Ca aurait pu être pire, mais incontestablement beaucoup mieux aussi.

Fumeurs, fumeuses, apprèciez les clopes et les joints que vous avez et que vous allez fumer, ne vous y trompez pas vous saurez quand la note arrivera que le choix à faire était il y a bien longtemps.

Bien à vous lecteurs, lectrices. Si mon expérience peut vous eclairer vous ou l'un de vos proches, grand bien vous fasse.

Karl

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