Atteint d’un cancer, un médecin s’est mis à chercher un traitement contre la maladie

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Lundi 26 Mars 2018 : 12h47

Après un cancer rare, un chirurgien a décidé de se tourner vers la recherche pour trouver un remède contre cette maladie.

© AFP

Christian Hinrichs n'est pas un médecin comme les autres. Sa propre expérience de la maladie lui a inspiré un possible remède contre une forme de cancer. Il est actuellement testé aux Etats-Unis. L'aboutissement d'un parcours hors du commun.

La vie de Christian Hinrichs bascule brusquement en 2005, lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'un mélanome oculaire. Alors chirurgien cancérologue, il subit l'ablation de son oeil droit. Ce type de cancer est assez rare et ne touche que six personnes sur un million au Etats-Unis, où vit ce professionnel de santé.

Mais ses médecins se montrent optimistes quant à la capacité du patient d'opérer de nouveau. "Ma réalité, avec la perte de mon oeil, était que ma perception de la profondeur avait été destabilisée. Je savais que je ne pouvais plus opérer", explique-t-il à l'AFP.

Que faire quand on a 33 ans, que l'on est marié, jeune père et qu'on vient de passer 13 ans à se former pour devenir chirurigien en cancérologie sachant qu'on ne peut plus opérer ? "J'étais un chirurgien qui ne pouvait pas opérer et j'étais intéressé par l'oncologie, mais je n'étais pas un docteur en médecine interne", confie-t-il.

Soigner le cancer par injection

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Alors, courageux, Christian Hinrichs est retourné sur les bancs de la fac pendant 4 ans pour se spécialiser de nouveau. Aujourd'hui, il est chercheur à l'Institut national du cancer aux Etats-Unis, où il dirige des essais cliniques pour guérir les cancer causés par le papillomavirus (HPV). Il s'agit d'un virus sexuellement transmissible qui peut être à l'origine des cancers du col de l'utérus ou de la sphère ORL.

Jusqu'ici deux femmes ayant suivi son essai clinique d'immunothérapie contre le cancer du col de l'utérus sont "guéries" et vivent sans la maladie depuis 5 ans. Il faut savoir que ces deux patientes étaient à un stade avancé ne répondant plus aux différents traitements avant l'essai clinique qui les a sauvées. Le traitement consiste à remplacer une partie de leur système immunitaire par des lymphocytes T capables de cibler les tumeurs provoquées par le HPV.

Alors qu'il se destinait à devenir chirurgien, cet homme ne se voit plus faire autre chose de sa vie que de la recherche. Il cherche à soigner les cancers à des stades avancés par l'injection de milliards de lymphocytes, prélevé sur le patient, puis cultivé afin de les multiplier.

Connaissant parfaitement la place de médecin mais également celle de patient, il confie toujours à l'AFP que "les personnes souffrant d'un cancer ne veulent pas des chercheurs qui se concentrent sur des choses qui ralentissent le cancer ou qui ont des effets limités. Ce qu'elles veulent vraiment, c'est que leur cancer disparaisse".

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Lundi 26 Mars 2018 : 12h47
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