Apprendre à écouter...

Publié par Dr Catherine Solano le Mercredi 10 Novembre 2004 : 01h00
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" Tous les malheurs de ce monde viennent de ce que les gens ne savent pas s'écouter ". Cette affirmation, formulée par un médecin, frappe par sa simplicité et son évidence. Si l'on savait s'écouter, il y aurait beaucoup moins de disputes, de guerres, d'insatisfactions, de haines... Parce que nous cherchons tous la même chose : aimer et être aimés... Mais, en pratique, comment faire pour mieux écouter l'autre ?

Le premier secret est bien sûr de toute évidence de s'intéresser à l'autre. Si les gens vous indiffèrent, vous ne pourrez pas les écouter. Pourtant, cela ne suffit pas : même quand vous êtes disponible, quand vous avez envie d'être attentif, vous pouvez ne pas savoir comment agir. Un exemple fréquent : beaucoup de parents ne savent pas écouter leurs enfants alors qu'ils les aiment.

La technique première de l'écoute, c'est la reformulation. Vous devez vous oublier et vous mettre à écouter vraiment. Et ce n'est pas facile, car vous devez vous mettre en position d'être récepteur, et non émetteur.

Un exemple

Il vous dit « je suis fatigué » Vous pouvez répondre : « Secoue-toi, fais du sport, couche-toi plus tôt le soir, ça ira mieux ». Vous avez l'impression d'avoir bien répondu ? Pas du tout, vous donnez des conseils ! Et cela n'est pas écouter !Vous pourriez encore répondre : « Mais non, c'est une impression, je parie que demain, ça ira mieux ». Même si vous voulez l'encourager, en fait, vous niez son problème. Et c'est une très mauvaise écoute !Vous pouvez encore demander : « Pourquoi es-tu fatigué ? Est-ce que tu travailles trop ? Est-ce que tu dors mal ? Es-ce que tu as des soucis de travail ? » Bien sûr, vous vous intéressez à lui, mais vous faites plutôt une enquête « policière ». Et ce n'est pas vraiment de l'écoute.Et pire encore : « Moi aussi, je suis fatigué, c'est la saison qui veut ça » Vous ramenez à vous sans rien écouter !

Alors que faire ? Simplement reformuler : « Oui, c'est vrai, tu as l'air fatigué, mais en plus, ça a l'air de te tracasser ». Vous reprenez ses paroles, et vous ajoutez ce que vous avez capté comme émotion : ici, une inquiétude. En parlant ainsi, vous l'encouragez à aller plus loin. Il se sent compris et perçoit votre attention.

Dans ce cas, il va alors aller plus loin dans les confidences : « Ma mère est âgée, et elle a l'air de perdre la mémoire, j'ai peur qu'elle ne commence une maladie d'Alzheimer Je crois que ça me tracasse tellement que je me sens sans énergie. » Votre reformulation vous a permis de l'encourager à confier ses soucis. Vous pouvez continuer à reformuler : « Je te sens très inquiet pour ta mère » plutôt que de dire « Mis non, ça doit être l'âge tout simplement » ou « Fais-la suivre par un spécialiste »

Publié par Dr Catherine Solano le Mercredi 10 Novembre 2004 : 01h00
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