Anosmie : perte de l’odorat, mieux la comprendre

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Lundi 26 Janvier 2015 : 08h00
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L’odorat est peut-être le plus méconnu de nos cinq sens. Mais on connaît de mieux en mieux l’anosmie, la perte de cet odorat.

Zoom sur ce trouble qui peut souvent être traité…

Anosmie, perte de l’odorat… Comment sentons-nous ?

L’odorat est un sens qui passe par la réception de molécules sur les récepteurs de nos fosses nasales, dans une zone appelée épithélium olfactif. Ce tissu bien particulier reçoit les molécules odorantes, qui selon leur forme (celle-ci déterminant l’odeur en question) s’attachent à des récepteurs différents. Cette zone située au-dessus de notre nez ne contient pas seulement des récepteurs, mais aussi les prolongements des neurones qui peuvent les interpréter et qui sont regroupés dans une zone dédiée du cerveau, appelée le bulbe olfactif. C’est ainsi que nous pouvons reconnaître les délicats fumets des aliments…

Ce mécanisme est admirable quand tout va bien. Mais il peut aussi être menacé, voire disparaître. On connaît peu ce phénomène, et d’ailleurs l’anosmie est souvent détectée très tard. Il faut dire que n’importe quel rhume bénin peut faire disparaître temporaire l’odorat, et aussi qu’au contraire de la vue ou de l’audition, il n’empêche pas nos interactions avec les autres. Mais il est important de détecter les troubles de l’odorat, pour les soigner ou parce qu’ils peuvent signaler d’autres troubles.

Quelles sont les causes de la perte de l’odorat ?

On divise souvent les causes de l’anosmie en deux.

D’un côté, les cas où l’on ne sent plus rien parce que les molécules odorantes ne peuvent pas arriver jusqu’à l’épithélium olfactif. On parle là essentiellement des infections respiratoires, qu’elles soient transitoires comme un rhume ou plus durables comme les sinusites chroniques ou les polypes des sinus.

Les autres causes d’anosmie se passent en aval, dans la perception des molécules odorantes et la transmission des informations qui en sont tirées jusqu’au cerveau. Ainsi, la perte de l’odorat a été liée à des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. On peut aussi perdre l’odorat suite à un accident, qui endommagerait les nerfs qui vont du nez au cerveau. Enfin, toute atteinte du bulbe olfactif met en danger l’odorat. Certaines personnes souffrent d’anosmie congénitale, c’est-à-dire que leur bulbe olfactif ne s’est jamais développé, ou très peu.

Enfin, certaines anosmies sont complètement inexpliquées (on parle d’anosmies idiopathiques). D’autres succèdent à une infection du nez, des sinus ou de la gorge, mais se maintiennent après guérison de tous les autres symptômes. Le problème se règle parfois spontanément à mesure que les cellules des fosses nasales se régénèrent, mais il peut aussi se maintenir à vie.

Dans beaucoup de cas, l’anosmie se complique par des odeurs fantômes, qui ne sont pas liées à la présence de molécules odorantes. Il peut aussi arriver qu’une personne ne perde pas l’odorat, mais qu’il perçoive les odeurs de manière déformée, souvent déplaisante. On parle alors de parosmie.

Quelle est l’ampleur du problème

Selon les études, on estime que 5% à 20% de la population est touchée par les troubles olfactifs, anosmie comprise. Et même s’il est possible de vivre normalement sans percevoir les odeurs, il ne faut pas prendre le problème à la légère. Anxiété et dépression sont beaucoup plus répandus chez les personnes qui en souffrent. Celles-ci sont par ailleurs incapables de détecter des odeurs parfois dangereuses, comme celles du gaz ou de la fumée.

Si vous souffrez ou pensez souffrir de perte de l’odorat, une visite chez un oto-rhino-laryngologiste s’impose donc, sans perdre de temps.

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Lundi 26 Janvier 2015 : 08h00
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