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Portrait de cgelitti
Bonjour, nous sommes trois étudiantes en psychologie,

dans le cadre d'une étude sur l'anorexie nous recherchons des témoignages; nous nous interrogeons plus particulièrement sur le rôle de la relation familiale avant, durant et après l'anorexie.

Si vous êtes anorexiques, l'avez été, ou avez un enfant anorexique et que vous souhaitez partager votre histoire nous attendons votre réponse, tous les témoignages nous serons d'une grande aide!

merci d'avance et bon courage à tous§

Adèle, Eve, Léa.

Luccila
Portrait de cgelitti
Bonjour,

Je suis une jeune fille de 17 ans, interne, dans un lycée militaire. Il n'y a rien de plus gai et de plus féminin... Mais c'est moi qui ai voulu l'intégrer il y a trois ans pour faire mes études de lycée.

Je ne vois jamais ma famille sauf pendant les vacances scolaires qui sont rarement en commun puisque nous ne sommes pas dans la même académie.

Depuis plusieurs moi je fais de l'anorexie ou plutôt de la boulimie. Enfin, un réel mélange de tout cela agrémenté par la prise constante de laxatifs. Je me pèse plusieurs fois par jours, fais des rêves de nourriture qui font que, le matin en me réveillant, j'ai l'impression d'avoir mangé. C'est étrange.

Nous avons accès à un réfectoire et le passage y est obligatoire (systeme de carte) mais je ne me plie pas aux règles. Il y a quelques temps, les surveillantes m'ont surprisent dans les toilettes et il y a eut des répercussions : mise au courant de mon chef de section, du médecin militaire, de ma famille. Depuis, alors qu'avant il m'arrivait d'aller au refectoire, je me prive d'y aller sauf peut être 2-3 fois par semaine, submergée d'une honte inqualifiable.

Lorsque l'on est identifiée comme une personne psychologiquement atteinte, avec des troubles du comportements alimentaire, lorsque nous aprenons que les autres le savent, nous entrons dans une phase de paranoia totale : nous avons cette impression d'être constament regardées, épiées, d'être un monstre entre autre. Je dis nous car j'ai d'autres amies comme moi qui ont ce sentiment.

Vous dites vous intéresser au rôle de la relation familiale... Je dois dire que pour ma famille n'a pas été très présente. Avant qu'elle ne prenne connaissance de mon problème, elle ne faisait pas trop attention à moi, j'avais beau être mince ma mère ne voyait pas que je perdais du poids lorsque je rentrais à chaque vacances. Mais maintenant c'est autre chose "ils s'inquiètent", me font voir des psychologues qui me font me sentire plus monstrueuses que lorsque je rentre dans leur cabinet (excusez moi, je pense comprendre que vous projettez de devenir psychologue...) mais cela ne fait que les rassurer. En réalité souvent lors de mes rendez-vous je parle de mon école, de la classe, de mes activités... Mais je ne sais pas d'où leur vient cette obsession du médecin qui les persuade que si je consulte alros je veux m'en sortir et il va m'aider. Sauf que face à quelqun sans volonté je pense que c'est difficile.

Je crois qu'au début c'était un appel. Lorsque l'on commence petit à petit à faire de telles choses tout va bien, au départ on maigrit vite... Puis ca devient de plus en plus difficile, je ne peux plus rien manger sans aller aux toilettes après puis en prenant des laxatifs, sinon je jeûne, je suis dans un tel état de fatigue que courir un peu me rend pâle et monter des escaliers m'essoufle, l'obsession me rend malade et dépressive et elle me fait parfois passer plusieurs heures à manger (même si je n'appellerai plus ca manger). J'ai constament envie de pleurer, je suis seule face à ca.

En réalité je dois vous avouer qu'avant de vous écrire je cherchais un forum pour discuter avec des personnes comme moi, qui pourraient me comprendre, me soutenir, m'aider à vaincre ces crises (car hier j'ai mangé trop d'oeufs de paques et l'acidité m'a détruit la gorge et je n'ai rien mangé depuis) car ej suis fatiguée de tout cela. Mais à côté je pense que je ne pourrai pas vivre sans ca car je ne veux pas me voir changer dans le mauvais sens enfin, j'ai vraiment peur de grossir.

Revenons en à la famille, je crois qu'il y a plusieurs réactions : j'ai eu à faire à plusieurs d'elles.
Ma mère, elle, s'est mise à me téléphoner plus souvent, à venir me voir, à me changer les idées, à me mettre donner de l'argent en me disant que je n'avais cas aller m'acheter des légumes, des choses que je n'aurai pas besoin de reccracher (en réalité il me servait à financer les nourriture pour mes crises). Elle veut que j'aille voir des spécialistes... En revanche elle ne s'implique pas réellement, ne m'en parle pas et donc ne me comprends pas. C'est pour cela que j'ai souvent honte de rentrer à la maison, je me trouve tellement monstrueuse, j'ai du mal à vomir lorsque je suis ici et pour le coup, j'apréhende vraiment ces vacances... surtout qu'en six semaines j'avais réussi à reperdre les 7kg que j'avais prit aux dernières vacances..
Ensuite il y a d'autres profils, mon frère par exemple. Il fait des études de médecine et a étudié le phénomène, un peu. Et donc, il cherche à me faire peur en m'annoncant tout ce que je risque (déchaussement des dents, assombrissement de la lèvre supérieur, déstruction des sinus par l'acidité, hématomes, vergetures...) sauf que de tout cela on est au courant, on le vit. Et puis moi j'ajoute aussi les mains constament glacées, articulations douloureuses... Un jour il m'est arrivé quelque chose qui avait rarement été vu : j'avais un peu forcé en vom et j'ai sentit mes vaisseaux sanguins au niveau des yeux casser... Pendant plusieurs semaines j'avais les yeux ingurgités de sang, complétement c'était térrifiant. J'ai fait passé ca pour de l'hypotension nocturne..
Et puis il y a mon père qui fait semblant que rien ne se passe mais me prie de bien vouloir manger.
Sinon j'ai rencontré d'autres personnes qui, voulant nous faire réagir, criait, nous affichait en disant aux personnes qui nous entouraient ce que nous faisions de notre repas..
Mais vous devez bien vous rendre compte que tout cela n'aide pas vraiment. Je suis toujours dans ce cercle vicieux qui, une fois que l'on croit s'e être sortit, nous laisse replonger...

Je ne sais pas si mon témoignage vous sera d'une grande utilité. J'ai le préssentiment que beaucoup de personnes comme moi ont sauté sur l'occasion pour se déverser un peu parce qu'il est tellement bon de parler à quelqun d'inconnu, qui ne saura peut être jamais qui nous sommes...
Je ne sais pas non plus si vous l'avez lu jusqu'au bout mais si vous lisez ces quelques dernières lignes sachez que je ne me suis jamais sentie aussi libérée depuis un long moment.
Je pourrais vous parler amplement de ca, j'ai d'autres amies comme ca, je pourrais vous parler aussi des raisons plus que des relations familiales car nous sommes seules au lycée et c'est ca qui est surement dangereux..
Bon courage pour vous étude.
léa-psycho
Portrait de cgelitti
bonjour Luccila,

Bien entendu nous avons lu ton message jusqu'au bout, ce témoignage nous aide beaucoup, et s'il a pu t'être ne serais ce qu'un peu bénéfique il en prend une plus grande valeur encore!

Suite à la lecture de ton message j'aimerais, si tu le souhaite, que tu approfondisse certains points;

Tout d'abord, je me demande d'où est venu cette nécessité de t'éloigner de chez toi et de rejoindre un lieu si peu gai et féminin? que recherchais tu? fuyais tu quelque chose?

A partir du moment où ton anorexie-boulimie a été dévoilée à ton entourage familiale, il s'en est suivit des changements dans leurs comportement vis-à-vis de toi.
tu dit que ton anorexie, au début était ''un appel'', j'aimerais savoir, comment,''idéalement''tu aurais souhaité que ta famille, et entourage réagissent, interviennent pour t'aider?

Par ailleurs, quand tu parle de la thérapie, tu dit que tes parents sont persuadés que si tu consulte, tu sera rapidement guéri (si j'ai bien compris); tu ajoute ensuite ''sauf que face à quelqun sans volonté je pense que c'est difficile'' : quelqun sans volonté c'est le psy ou c'est toi?
sans volonté... de guérir?
Plus bas tu ajoute que tu n'en peu plus, mais qu'à la fois, tu ne pourrais pas vivre sans, car tu ne veux pas te voir grossir.
il me semble que tu dit plus haut, que tu est mince, sais tu d'où te viens cette peur de grossir qui te hante?

voila ce qui me semble bon d'éclaircir si tu le souhaite.

Tu peux nous parler des raisons, et de l'évolution de ce terrible trouble dans ta vie de tout les jours.mais n'oublie pas que nous nous intéressons aux relations familiales alors si d'autres détails te semblent important n'hésite pas à nous en faire part!

merci beaucoup pour ton temps,
nous te souhaitons beaucoup de courage!
à bientôt.
Adèle, Eve et Léa.

D
Portrait de cgelitti
Bonjour !
Communiquez moi votre email si vous avez toujours besoin d'un témoignage, et je prendrais le temps de vous communiquer mon parcours à travers cette maladie...
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