L'anesthésie en 10 questions

Publié par Isabelle Gayrard Auzet, Rédactrice en Chef le Jeudi 13 Avril 2017 : 16h06
Mis à jour le Vendredi 14 Avril 2017 : 10h10
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La préparation d’une intervention médicale nécessitant une anesthésie passe par une consultation préalable auprès du médecin anesthésiste-réanimateur. Ce laps de temps d’une durée variable où le patient est inconscient suscite des interrogations, et parfois des inquiétudes,  auxquelles nous apportons ici les réponses.

1 - Doit-on arrêter tout traitement médicamenteux avant une anesthésie ?

Cela dépend des médicaments. Lors de la consultation préparatoire, le médecin anesthésiste réanimateur abordera cette question avec vous. Seul le praticien sera habilité à vous dire lesquels stopper d’après la liste de vos traitements et les ordonnances que vous lui présenterez. Ne jamais arrêter un médicament ou un traitement par soi-même sans avoir demandé l’avis de l’anesthésiste, cela pourrait être dangereux pour vous.

2 - Peut-on manger quelque chose avant l’intervention ?

Non. Vous ne devez rien manger au maximum 6 heures avant votre anesthésie, que celle-ci soit une anesthésie générale ou locorégionale (partielle).

3 - A-t-on le droit de boire avant l’opération ?

Il vous est autorisé de boire toute boisson de votre choix jusqu’à 6 heures avant l’anesthésie excepté les boissons alcoolisées. Entre 6h et 2h avant l’intervention, vous n’avez droit d’avaler que ce que l’on appelle les « liquides clairs » : eau, thé ou café sucré SANS LAIT, jus de fruit SANS PULPE… Enfin il faut que vous ayez cessé de boire 2 heures avant votre anesthésie, même pour une anesthésie locorégionale.

4 - Une personne cardiaque peut-elle être endormie ?

Ce n’est pas une contre-indication. Seul le médecin anesthésiste réanimateur est habilité à évaluer la gravité d’une maladie cardiaque, éventuellement en prenant l’avis de du cardiologue du patient. Puis il décidera de la technique d’anesthésie la plus adaptée au patient cardiaque en mesurant le risque encouru par celui-ci.

5 - La prise de sang préopératoire est-elle obligatoire ?

La prise de sang préopératoire n’est pas systématique. Elle se justifie en fonction de l’intervention subie par le patient.

6 - Est-ce qu’on entend les bruits de l’opération pendant une anesthésie générale ?

Heureusement non, le patient endormi sous anesthésie générale ne peut pas entendre les bruits du bloc opératoire.

7 - L’anesthésiste-réanimateur est-il forcément médecin ?

Oui, c’est un médecin qui s’est spécialisé en anesthésie et réanimation et dont il a fait son sujet de thèse de doctorat. Il peut être assisté par un infirmier anesthésiste dans l’exercice de sa fonction. Mais dans tous les cas, vous serez placé sous la seule responsabilité de votre médecin anesthésiste-réanimateur.

8 - L'anesthésiste-réanimateur que voit le patient en consultation est il celui qui va l'endormir ?

Le patient n’est pas toujours suivi pendant l’intervention chirurgicale par le médecin anesthésiste qui l’a rencontré lors de la consultation préparatoire. L’établissement hospitalier ou la clinique ou il se fait opérer assure en général une permanence continue, pour une prise en charge 24h/24. Donc il est possible que ce ne soit pas le même médecin qui réalise l’anesthésie. Mais votre dossier médical où sera notée votre histoire médicale personnelle constitué pendant la consultation est transmis au praticien en salle d’opération.

9 - Est-il possible de venir accompagné par un proche lors de la consultation pré-opératoire ?

Cela peut être une bonne idée, la personne proche du patient étant attentive aux événements qui le touchent sera rassurée en écoutant les réponses du médecin et sera en mesure de poser les siennes.

10 - Est-ce que l’opération en ambulatoire est aussi sure que l'opération qui nécessite une hospitalisation longue ?

Oui, l’opération en ambulatoire correspond à une hospitalisation qui a la particularité de durer la journée. Le patient ne couche pas à la clinique ou l’hôpital, et rentre chez lui le soir-même. Cette décision a été prise selon l’intervention prévue et selon les caractéristiques du patient. Cette prise en charge en ambulatoire a montré qu’elle n’était pas moins sûre que l’hospitalisation « classique » qui s’étend sur plusieurs jours. C’est vraiment du cas par cas.

Publié par Isabelle Gayrard Auzet, Rédactrice en Chef le Jeudi 13 Avril 2017 : 16h06
Mis à jour le Vendredi 14 Avril 2017 : 10h10
Source : Société Française d’Anesthésie Réanimation.
 
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