Alzheimer et troubles cognitifs : la méthode Montessori pour stimuler les malades

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Mercredi 31 Août 2016 : 11h09
Mis à jour le Lundi 05 Septembre 2016 : 15h46

Les thérapies non médicamenteuses ont le vent en poupe dans les établissements accueillant des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs. Parmi elles, la méthode Montessori redonne de l’autonomie aux patients en s’appuyant sur les facultés qu’ils ont préservées. Et ça marche !

Troubles cognitifs : mobiliser les capacités restantes des patients

Un établissement pour personnes âgées dépendantes où les résidents organisent une fête des familles et où chacun d’entre eux a un rôle : choisir le menu, décorer, réaliser les invitations, les mettre sous enveloppe, les envoyer, accueillir les invités, faire le service, ranger... C’est rare ! Pourtant, l’histoire est vraie. Elle se passe dans une maison de retraite, utilisant la méthode Montessori, que Maria Montessori a mis au point pour les enfants. Celui qui a eu l’idée de l’adapter aux personnes âgées, en priorité celles atteintes de troubles cognitifs, est un neuropsychologue américain, le Pr Cameron Camp, dont la fille handicapée a été scolarisée dans une des écoles de la célèbre médecin italienne : « Dans la vision traditionnelle, on se focalise sur les troubles sans voir ce qui fonctionne encore chez les personnes Alzheimer ou désorientées. Nous, on travaille à partir de leurs capacités restantes, c’est complètement différent ».

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Méthode Montessori : redonner envie de se lever le matin et autonomie

Pour les évaluer, 6 ou 7 activités sont proposées aux patients comme se laver les mains avec une lingette et la jeter à la poubelle, lire une histoire, enfiler un gilet, classer des photos avec des expressions heureuses ou malheureuses, distinguer jour, mois et année dans le calendrier... De quoi orienter l’équipe et de savoir si une personne est capable de s’alimenter toute seule ou pas ou encore si d’émettre un avis.

Pr Cameron Camp : « L’objectif est de redonner de l’autonomie aux personnes âgées mais pour ce faire il faut leur poser régulièrement la question “Que voudriez-vous ?” car ce n’est pas à nous de décider ce qui est bon pour eux ». Et le spécialiste de citer la réponse d’une femme de 94 ans qui a demandé un jus d’orange pressé le matin. Depuis, elle qui avait du mal à sortir du lit s’est levée sans problème pour aller faire elle-même son jus. « Elle avait un but quotidien. Ne rien faire, c’est ça qui cause la perte d’autonomie », poursuit le spécialiste.

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Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Mercredi 31 Août 2016 : 11h09
Mis à jour le Lundi 05 Septembre 2016 : 15h46
Source : Colloque : « Troubles cognitifs des personnes âgées : la méthode Montessori, à la recherche des capacités préservées », organisé à Paris le 13 juin 2016 par AG&D (Accompagnement en Gérontologie et Développement). Cet organisme développe des interventions non médicamenteuses pour les personnes âgées ayant des troubles cognitifs et propose des formations à ces approches.
Conférence : « Thérapies non médicamenteuses en Ehpad : utopie ou réalité ? », organisé à Paris le 5 juillet 2016 par Korian, qui gère 700 établissements pour personnes âgées en Europe dont 364 en France.
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