Alzheimer : les médicaments sont-ils des placebo ?

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 16 Juin 2004 : 02h00
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Pour certains, l'efficacité des médicaments utilisés pour lutter contre la maladie d'Alzheimer est contestable. Pour d'autres, ils ont en plus le mérite d'intégrer les patients dans un système de soin. Le doute est toujours là, autour des molécules actuellement utilisées contre la maladie d'Alzheimer. Elles sont jugées notamment « onéreuses » et « limitées ». Les spécialistes sont partagés.

La maladie d'Alzheimer qui évolue sur une dizaine d'années vers un état de démence totale, se caractérise par une dégradation des fonctions cognitives et un déficit en neurotransmetteurs, notamment en acétylcholine. Ce déficit est aujourd'hui corrigé grâce à la mise au point de molécules dites cholinergiques. Trois médicaments sont actuellement disponibles sur le marché, le Reminyl, Aricept et Exelon, tous prescrits dans les formes légères à modérées de la maladie. Une autre molécule d'action différente est également autorisée (la mémantine, qui agit sur le système glutamate), destinée cette fois aux formes modérées à sévères. Néanmoins, tous ces médicaments ne permettraient qu'une petite amélioration des malades et dans un petit pourcentage de cas. Par ailleurs, les études n'ont qu'un recul d'environ deux ans, délai bien court pour juger de l'évolution d'une maladie qui s'installe sur une dizaine d'années.

Dans une telle incertitude, on peut se demander pourquoi les dépenses de médicaments contre Alzheimer ont atteint en 2002 les 11 millions d'euros. Et compte tenu du vieillissement de la population et du développement probable des bithérapies, le milliard devrait être atteint dans les années à venir.

Mais pour certains spécialistes, même avec une efficacité mineure, ces traitements sont précieux. Ils répondent à la demande des familles, ils ont plus d'effet qu'un placebo et ils permettent de rétablir une relation médecin/malade classique. Une telle prise en charge favorise un accompagnement global, comprenant notamment l'intervention de psychologues et des conseils personnalisés. Le tout contribuant à retarder l'entrée en institution.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 16 Juin 2004 : 02h00
Source : Le Figaro, 18 mai 2004.
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