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Alexandre 17 ans mort a cause d'un medicament contre l'acne

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Actualité Alpes Maritimes

Édition du samedi 17 novembre 2007

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Le père d'Alexandre, Daniel Voidey, pompier à la caserne de Nice-St-Isidore, consacre

désormais son temps à enquêter sur la mort de son fils. : Photo Franck Fernandes

Nice : Alexandre, 17 ans, de Nice s'est-il suicidé à cause d'un médicament contre

l'acné ?

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Adolescent sans problème, sportif, espiègle, studieux, Alexandre Voidey, domicilié dans

le quartier du Vallon Barla à Nice, élève de 1re S au lycée Les Eucalyptus, venait d'être

admis en Terminale S, et parlait avec passion de ses projets avec ses amis et ses

parents.

Tous ses camarades, sa copine, ses enseignants, son généraliste, le dermatologue qui

le suivait pour son acné, et tous les témoins entendus pendant l'enquête de police l'ont

confirmé : Alexandre n'avait pas de souci, il souriait à la vie.

Et pourtant. Ce 2 juillet dernier, vers 2 h, il a emporté un tabouret de bar de la maison, un

sac contenant deux cordes, puis est allé? se pendre. A la branche d'un arbre du parc de

l'abbaye de Roseland. A 800 m de chez lui.

Le père d'Alexandre, Daniel Voidey, pompier à la caserne de Nice-St-Isidore, de

permanence cette nuit-là, a bien failli se trouver en mission dans l'ambulance qui, au

petit matin, a ramené le corps de son fils. « L'horreur? ».

Un message posthume sur son portable

Les parents, anéantis par le chagrin, ont essayé de comprendre, avec un insurmontable

sentiment de culpabilité.

Et puis la police a découvert le message posthume, bouleversant, d'Alexandre à ses

parents, laissé à 2 h 50 sur son mobile : « Je ne sais pas ce que j'ai depuis 3 semaines,

mais là, j'en peux plus. J'ai toujours mal quelque part, les articulations, le dos, les ongles

incarnés, le pied, ma peau qui me gratte tout le temps, c'est des petites choses mais

accumulées? C'est dur. J'aime toujours Manon. Même si je ne vous l'ai jamais dit, je suis

heureux que vous soyez mes parents? »

M. et Mme Voidey ont alors fait le rapprochement avec le médicament contre l'acné que

prenait Alexandre depuis sept mois, et qu'il supportait mal : l'isotrétinoïne en capsules. Il

s'agit d'un antiacnéique très efficace contre les acnés sévères, mais aux effets

secondaires redoutables, et d'ailleurs parfaitement explicités dans la notice d'emploi du

médicament : « Des cas de dépression, dépression aggravée, d'anxiété, de tendance

agressive, de changement d'humeur, de symptômes psychotiques et de très rares cas

d'idées suicidaires, de tentatives de suicide et de suicides ont été rapportés chez des

patients traités par isotrétinoïne », stipule notamment le laboratoire Roche qui

commercialise l'isotrétinoïne sous le nom de Roaccutane® depuis

1982____________________

L'isotrétinoïne est commercialisée depuis 2000 en France sous trois formes

génériques : Contracnée® (Laboratoires Biorga) ; Curacnée® (Laboratoires Pierre

Fabre) ; et Procuta ® (Laboratoires Expanscience). Alexandre, lui, avait pris du Procuta ®

et du Curacné®.

De 1982 à mai 2000, les autorités sanitaires américaines (la Food and Drug

Administration) avaient enregistré 431 cas de dépression, idées suicidaires, tentatives

de suicide et suicides chez des patients américains traités par isotrétinoïne. Ces chiffres

avaient déclenché un scandale aux USA et dès, 1998, la FDA avait obligé les laboratoires

Roche à inclure un avertissement sur les effets secondaires psychiatriques dans la

notice de son médicament Roaccutane®.

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Daniel Voidey consacre désormais son temps à enquêter sur ce médicament qualifié

de « dangereux » par de nombreux experts. Il a rencontré en Suisse une association de

victimes de cette molécule.

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« Je suis persuadé du lien entre ce médicament et le suicide de mon fils? Alexandre m'a

laissé un message, je dois l'honorer ».

Roselyne Bachelot alertée

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Dans un courrier daté du 6 novembre, le chef de cabinet de Roselyne Bachelot-Narquin,

ministre de la Santé, alertée par M. et Mme Voidey, informe ceux-ci que : « Vos

observations concernant les effets de l'isotrétinoïne sont effectivement très inquiétantes ».

« Madame le Ministre en a informé le directeur général de l'Agence française de sécurité

sanitaire des produits de santé, responsable de la pharmacovigilance? Il sera à même,

le cas échéant, de prendre les mesures qui s'avéreront nécessaires ».

Contact Daniel Voidey : tél. 06.86.24.96.22. email : voi.daniel@hotmail.fr

Nice Matin