Alcool : plus maléfique qu'on ne veut le croire

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 02 Septembre 2002 : 02h00
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L'alcool, bien plus que le tabac dont l'image se modifie progressivement, est bien accepté dans notre société, a fortiori en France, pays de tradition viticole. L'alcool est même parfois paré de vertus bienfaitrices, notamment pour limiter les risques cardiovasculaires. Mais ce french paradox a déjà été dénoncé compte tenu de l'étroitesse de la zone de consommation pouvant apporter un léger bénéfice.

Les conclusions d'un suivi de 26 ans

A ce titre, une étude portant sur une population adulte durant une période de 26 années confirme que l'augmentation du risque cardiovasculaire commence avec des consommations encore modérées d'alcool.

Plus de 32.180 individus ont été sélectionnés au hasard parmi 450.000 habitants de Stockholm et ses environs. Quatre-vingt-sept pour cent des personnes sélectionnées ont répondu au questionnaire dont l'analyse montre que 31% des hommes et 7% des femmes étaient des consommateurs excessifs d'alcool (plus de 140g d'alcool par semaine) tandis que 13% des hommes et 29% des femmes étaient de faibles consommateurs (moins de 50 grammes d'alcool par semaine).

L'augmentation du risque cardiovasculaire apparaît avec des consommations relativement modérées d'alcool (dès 140 g d'alcool pur par semaine), soit environ 14 verres par semaine

Chez les consommateurs excessifs, les risques de mortalité augmentent rapidement :

  • par accident vasculaire cérébral, ils sont multipliés par 1,58 ;
  • par événement cardiovasculaire, multiplié par 1,28 ;
  • par maladies digestives (notamment la cirrhose, mais aussi les hémorragies digestives), multipliées par 4,65 ;
  • et enfin par accident, multiplié par 2,10.

Chez les faibles consommateurs, hommes et femmes confondus, le risque cardiovasculaire est également augmenté (d'un facteur 1,23). Cependant, les femmes, faibles consommatrices d'alcool, ont à consommation équivalente, une morbidité et une mortalité cardiovasculaires plus importantes que les hommes. Cette différence ne reçoit pas actuellement d'explication univoque : le mode de vie, la susceptibilité à l'éthanol, les interactions avec l'insuline et les hormones sexuelles sont des pistes à explorer pour tenter d'expliquer ces différences.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 02 Septembre 2002 : 02h00
Source : Theobald H. et coll., The effects of alcohol consumption on mortality and morbidity : a 26 year follow-up study Journal of studies on alcohol 2001 ; 62 : 783-789. CFES, Alcool Actualités, N°7, mai/juin 2002.
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