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L'aide de l'hypnose dans le traitement de l'obésité, ou comment gérer le "poids du deuil" ?

L'aide de l'hypnose dans le traitement de l'obésité, ou comment gérer le "poids du deuil" ?
Cette histoire de poids est assez tragique mais illustre bien la souffrance qui se révèle parfois derrière une prise de poids. C'est l'histoire de Mme F... qui vient me consulter pour l'adaptation du traitement de son hypothyroïdie.

Mme F est ménopausée depuis 2 ans. Elle a une hypertension artérielle traitée. Elle a également fait une dépression il y a 8 ans après le décès accidentel de sa fille de 17 ans. Mme F a un problème d'obésité. Avant le décès de sa fille, elle pesait 70 kg pour 1m60. Elle me dit avoir pris 35 kg depuis le décès. Elle a bien essayé de faire de la « soupe aux choux » et ainsi perdu 12 kg mais qu'elle a ensuite repris…Elle suit un traitement par hormone thyroïdienne qui semble sans effet sur ses troubles. En l'examinant, je m'aperçois que son poids est en réalité de 118 kg (13 kilos de plus que ce qu'elle pensait). Elle se sent fatiguée, n'a plus de goût à rien, elle est triste et paraît en réelle souffrance alors qu'elle est sous antidépresseur et somnifère. Sur le plan de l'alimentation, elle me dit ne plus vraiment faire attention et avoir une tendance à prendre des repas déstructurés… J'adapte son traitement à visée thyroïdienne en lui disant que selon moi, il ne faut pas en attendre des miracles et qu'à mon sens le mal-être est ailleurs… Je m'intéresse alors aux émotions qu'elle ressent aujourd'hui. Elle me dit ressentir de l'injustice, de la tristesse et un sentiment de culpabilité. Elle me raconte que sa fille est décédée dans un accident de voiture à 17 ans. Elle était avec son frère et son copain. Son frère a été hospitalisé. Sa fille a été toute seule pour partir… Son récit déclenche en elle une forte émotion.

Je lui explique que le travail de deuil n'est pas terminé. On lui a bien dit qu'il fallait penser à autre chose, qu'il fallait oublier… « mais je ne peux pas » me dit-elle. Comme on la comprend… Je lui explique que le travail de deuil consiste finalement à accepter que la vie après la perte d'un être cher est forcément différente de la vie d'avant. C'est à partir de là que l'on peut commencer à reconstruire. Je lui explique également que la tristesse et le sentiment d'injustice sont normaux. La culpabilité, en revanche, et la forte réaction émotionnelle montrent que le « travail de deuil » n'est pas fait. Je lui propose d'y travailler par l'hypnose pour qu'elle puisse se libérer un peu de toute cette souffrance accumulée. Je la revois pour faire une première séance d'hypnose. Mon objectif au cours de cette séance est d'inciter son corps « à faire ce qu'il a besoin de faire ». L'hypnose nous permet dans ce cas de lever les verrous à l'expression des émotions. Je lui propose de se concentrer sur ses sensations corporelles, elle entre assez facilement en hypnose, ce qui est suivi quasi immédiatement par une forte réaction émotionnelle avec sanglots, que j'encourage. La séance lui permet d'ouvrir un peu la soupape et de libérer la pression. Une fois celle-ci échappée, la séance se termine sur du confort et de l'apaisement. La séance suivante se déroule de la même façon. Au cours de ces deux séances, tous les soucis familiaux, les disputes, le décès de son père, de sa mère, de ses deux frères… ressortent avec de fortes réactions émotionnelles.

Article publié par le 12/11/2007
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

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