Activité physique et santé, quoi de neuf ?

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 15 Mai 2017 : 12h28
Mis à jour le Lundi 15 Mai 2017 : 12h29
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Les connaissances sur l’activité physique et les bienfaits d’une pratique régulière et soutenue ne sont pas immuables. La recherche avance et certains conseils sont parfois recadrés voire même remis en cause. La preuve en cinq exemples issus de la littérature scientifique la plus récente.

Activité physique : toujours plus

150 minutes de marche rapide par semaine ou 75 minutes de course à pied… est-ce bien suffisant ? Ces conseils émanent de l’éminente instance mondiale de la santé : l’OMS. Pour autant, certains scientifiques remettent en cause ce minimum d’activité physique hebdomadaire correspondant à 600 MET minutes (Metabolic Equivalent of Task), au prétexte qu’elle serait loin d’être suffisante pour lutter contre les conséquences néfastes d’un manque d’activité à savoir les cancers du sein et du côlon, le diabète, certaines maladies cardiovasculaires (cardiopathies ischémiques) et les accidents vasculaires cérébraux.

En s’appuyant sur 174 études, ils ont repéré un effet-dose du sport sur la santé. Pour être réellement efficace sur ces cinq risques, il faudrait au minimum multiplier par six ces préconisations (1). Prenons l’exemple du diabète. Suivre les recommandations de l’OMS réduit le risque de diabète de 2%. En revanche, augmenter son activité à 3 600 MET minutes par semaine permettrait de le réduire de 19% et un gain maximal pourrait être obtenu pour une activité physique allant de 3 000 à 4 000 MET hebdomadaires. Au delà, le gain serait plafonné. Toutes les maladies ne sont pas logées à la même enseigne : s’activer à 8 000 MET minute/semaine ou plus permettrait de réduire son risque de cancer du sein de 14% contre 21% pour le cancer du côlon, 28% pour le diabète, 25% pour les cardiopathies ischémiques et 26% pour les AVC. A vos baskets !

Risque de décès : tous les sports ne se valent pas

Du point de vue du risque de décès, mieux vaut pratiquer le cyclisme, la natation, l’aérobic et les sports de raquette plutôt que la course et le football.

Une vaste étude internationale a classé les pratiques sportives selon leur bénéfice en matière de survie, en se fondant sur l’analyse des disciplines pratiquées par près de 80 000 adultes de plus de trente ans (2).

Le tennis, le squash ou le badminton sont les champions toutes catégories car ils réduisent le risque de décès toutes causes confondues de 47% et la mortalité cardiovasculaire de 56%. Ces risques sont abaissés respectivement de 28% et 41% pour la natation et de 27% et 36% pour l’aérobic. Petit score pour le cyclisme qui ne réduit « que » de 15% la mortalité toutes causes.

Un constat à ne pas prendre au pied de la lettre : toute activité physique et toute initiative pour lutter contre la sédentarité est bénéfique pour la santé, cardiovasculaire et générale ; ne laissez donc pas tomber un sport pratiqué avec enthousiasme. Néanmoins, cette étude a le mérite de souligner qu’il n’y a pas que la durée et l’intensité qui comptent ; le type d’activité aussi !

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 15 Mai 2017 : 12h28
Mis à jour le Lundi 15 Mai 2017 : 12h29
Source : (1) Kyu HH et al. BMJ 2016; 354: i3857; (2) Oja P et al. Br J Sports Med. Nov 28, 2016. DOI : 10.1136/bjsports-2016-096822 ; (3) MacNaughton LS et al. Physiol Rep 2016 ; 4 (15) : e12893. Doi : 10.14814/phy2.12893 ; (4) European Society of Cardiology, 8 dec 2016/ www.esccardio.org; (5) Europrevent Meeting 2016
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