Achats en ligne : des compléments dangereux

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Lundi 12 Février 2007 : 01h00
-A +A
Depuis une bonne douzaine d'années, il est possible d'acheter en ligne des compléments alimentaires qui peuvent s'avérer dangereux pour les sportifs.

Tout débute aux Etats-Unis, en 1994, lorsque le Congrès américain adopte une loi

(Dietary Supplement Health and Education Act) qui élargit la définition des

compléments alimentaires à toutes les substances naturelles, même si celles-ci ne figurent pas habituellement dans l'alimentation. On légitimait ainsi la vente de nombreux produits à base de plantes ou d'extraits d'animaux qui contiennent notamment des hormones et des pro-hormones. Cette nouvelle législation a entraîné une multiplication par trois du marché des compléments alimentaires que l'on évalue désormais à environ 15 milliards de dollars. Elle se trouve aussi à l'origine de nombreux accidents et d'une vague de décès par overdose, volontaires ou accidentels, chez des consommateurs qui achètent ces produits sans la moindre surveillance médicale.

Comment exporter un problème

Avec le développement du commerce en ligne, le problème s'est étendu au monde

entier. On assiste en conséquence depuis quelques années à une explosion des cas

litigieux en matière de dopage. Et pour cause ! Ces nouveaux compléments sont souvent incompatibles avec la législation sportive. En 2002, une étude par l'Université de Cologne révélait que, sur 635 compléments alimentaires en vente sur le sol européen ou accessibles par correspondance, 15% étaient contaminés par des substances qui n'étaient pas mentionnées sur l'étiquette : le plus souvent, il s'agissait de stimulants (surtout l'éphédrine) ou de stéroïdes (surtout la nandrolone). Or, la plus petite prise de nandrolone suffit à laisser des traces dans les urines jusqu'à 144 heures plus tard. On risque alors de se retrouver positif au test antidopage.

Le sigle qui rassure

Les sportifs doivent donc se montrer très prudents face à ces compléments

alimentaires et tenter le mieux possible de se renseigner sur leur formule et leur mode de préparation. Problème : il n'existait jusqu'à présent aucune garantie qui permette à coup sûr de se mettre à l'abri des mauvaises surprises. Une initiative vient cependant de voir le jour en France avec la création du label projet WALL-Protect. Ce sigle sur l'emballage marque l'engagement du producteur à rendre son produit conforme à la législation internationale antidopage (*). En signant cette charte de bonne conduite, le laboratoire accepte aussi un audit initial complet de sa chaîne de production et une

expertise pharmacologique de ses produits. Afin de garantir une parfaite traçabilité des compléments mis sur le marché, le projet WALL-Protect prévoit également des analyses régulières ainsi que le stockage systématique d'échantillons témoins par lot de produits dans un environnement pharmaceutique agréé, neutre et sécurisé. Cette démarche a déjà reçu le soutien du gardien de but de l'Olympique lyonnais, Grégory Coupet, et de nombreux autres sportifs de renommée, ainsi que du syndicat national des compléments alimentaires Synadiet. Reste à l'imposer dans les habitudes des consommateurs.

(*)www.wall-protect.com

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Lundi 12 Février 2007 : 01h00
A lire aussi
Les compléments pour sportifs Publié le 25/02/2002 - 00h00

Il y a en France 39 millions de sportifs de tous âges qui pratiquent un ou plusieurs sports dans un club ou en famille et sont tentés d'absorber des compléments alimentaires spécifiques. Sont-ils vraiment nécessaires ? En tout cas, ils ne sont pas sans dangers.

Compléments alimentaires ou médicaments ? Publié le 12/04/2005 - 00h00

Le marché des compléments alimentaires a explosé. Initialement vendus en pharmacie, ils ont conquis les parapharmacies et la grande distribution. Aujourd'hui, le chiffre d'affaires avoisine les 800 millions d'euros. La minceur est un des domaines les plus florissants, suivi par le stress, la...

Plus d'articles