Les 5 polluants inattendus qui empoisonnent notre air intérieur

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 17 Septembre 2015 : 15h35
Mis à jour le Jeudi 17 Septembre 2015 : 17h29
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Avec l’évolution des techniques industrielles et de notre mode de vie, l’air intérieur que nous respirons dans nos logements est devenu plus pollué que l’extérieur, ce qui n’est pas sans répercussions sur notre santé (troubles ORL, respiratoires, neurologiques, de la fertilité, cancers, maladies cardiovasculaires…). Les principaux polluants qui altèrent la qualité de l’air intérieur sont bien connus : tabagisme, matériaux de construction, produits d’entretien, insecticides, cosmétiques, monoxyde de carbone, COV pour composés organiques volatils, radon, etc. En revanche, d’autres sont moins bien appréhendés par le grand public. Quels sont ces polluants inattendus ?

Qualité de l’air intérieur : zoom sur 5 polluants inattendus

L’humidité

L’humidité, ou vapeur d’eau, ne fait pas partie à proprement parler des polluants. En revanche, c’est un polluant indirect majeur. En effet, l’humidité favorise les moisissures et la prolifération des acariens, des allergènes très fréquents à l’origine d’allergies, de rhume des foins, d’asthme, d’eczéma, d’urticaire. Près de 15% de la population serait allergique aux moisissures… L’humidité accélère également la « dégradation » des colles qui imprègnent les panneaux de particules de nos meubles, avec dégagement de COV, comme le formaldéhyde.

Or les sources d’humidité sont extrêmement nombreuses : bains et douches, préparation des repas, vaisselle, nettoyage des sols, séchage du linge, etc. Toutes nos activités et notre propre organisme dégagent également de l’humidité, sans oublier les infiltrations dans les murs et les dégâts des eaux.

Les agents infectieux

Comme les spores des moisissures, certains agents infectieux circulent dans nos logements. Il s’agit de virus, de toxines et de bactéries comme les légionelles. Ils se développent dans certains équipements (les systèmes de production d’eau chaude, les ventilations encrassées, les climatisations) et peuvent être à l’origine d’infections comme l’aspergillose invasive nosocomiale.

L’eau de javel

Même si les moisissures et les agents infectieux peuvent être néfastes à notre santé, attention de ne pas utiliser de désinfectants à outrance et notamment de l’eau de javel. On a constaté que dans les foyers qui emploient beaucoup l’eau de javel pour débarrasser leur habitat de tout microbe, une croyance très répandue, les enfants avaient plus de risques de développer des infections respiratoires (source : Étude de Lidia Casa et coll., Université catholique de Louvain, 2015.).

Les mélanges de produits

C’est bien connu, de nombreux produits sont toxiques et c’est la raison pour laquelle on recommande l’usage de produits plus écologiques. Mais attention aussi aux mélanges de produits, que ce soit pour le bricolage ou l’entretien, car ils peuvent provoquer des émanations dangereuses et polluer l’air. Par exemple, l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe) rappelle que « le mélange d’eau de javel avec un produit contenant de l’acide (présent par exemple dans les décapants, les détartrants et le vinaigre blanc) ou de l’ammoniac entraîne la formation d’un mélange gazeux nocif pouvant provoquer une irritation des yeux, de la toux, des crises d’asthme, des maux de tête, des nausées... ».

L’encens et les parfums

Les parfums (désodorisants, parfums d’ambiance…) et tous les produits odorants comme les colles, les peintures et les produits ménagers dégagent des COV dont certains sont toxiques. Les odeurs « de neuf » ou « de propre » ne sont pas forcément saines ! Quant aux bougies, bougies parfumées et à l’encens, leur combustion dégage du monoxyde de carbone, un gaz très toxique, et d’autres produits nocifs.

Conseils pratiques pour respirer un air sain

Pas question de devenir « maniaques », sauf si l’on est allergique et particulièrement sensible aux polluants, où dans ces cas l’éviction s’impose. Sinon, le respect de quelques règles permet de s’y soustraire en bonne partie.

Aérer tous les jours chaque pièce de son logement au moins 10 minutes en ouvrant en grand les fenêtres (au bureau aussi et même s’il fait froid !).

Aérer encore plus la cuisine après la préparation des repas, et la salle de bains après la toilette.

Vérifier la bonne ventilation de son logement (bouche d’aération, VMC…).

Vérifier le bon fonctionnement de tous les systèmes de chauffage (conduit de cheminée, chauffe-eau, chaudière).

Aérer en grand les pièces après le ménage, le bricolage, avoir brûlé de l’encens ou allumé des bougies.

Entreprendre les travaux nécessaires pour éliminer les sources d’humidité (remontées d’eau, isolation, ventilation…).

L’eau de javel est un produit corrosif : se méfier des projections, porter systématiquement des gants et un masque, toujours rincer et ne jamais mélanger avec des produits ammoniaqués ou des produits acides (détartrants, vinaigre blanc, décapants…).

Utiliser l’eau de javel avec parcimonie. Elle peut cependant être employée ponctuellement pour traiter les moisissures (excepté sur le bois).

Maintenir dans son logement une température modérée (18-22°C) et un taux d’humidité compris entre 40 et 60%.

En complément, contre les agents infectieux, certaines huiles essentielles aux propriétés antibactériennes, antiseptiques et antivirales peuvent contribuer à assainir l’air intérieur.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 17 Septembre 2015 : 15h35
Mis à jour le Jeudi 17 Septembre 2015 : 17h29
Source : Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe), Un air sain chez soi, Édition mai 2015, http://www.ademe.fr.
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